Summa historialis, p. III, tit. 22, c
les réclamations de ceux qui le connaissaient *. N'estce point le cas de répéter ici ce que nos lecteurs ont pensé plus souvent encore, en parcourant les annales ecclésiastiq;ues pendant cette triste époque ? Il faut que Dieu ait bien assuré l'immortalité de son Église pour permettre que son représentant soit parfois si peu digne d'elle. En de pareilles circonstances, toute autre institution purement humaine aurait disparu sous le mépris public. Mais, comme le dit saint Léon, «la dignité papale ne perd rien, même quand celui qui en hérite en est indigne. » Ce sont là des malheurs, des scandales, mais non de mortelles blessures. Il faut plaindre en les condamnant ceux qui en sont les coupables auteurs ; il faut aussi avoir quelque pitié fraternelle pour ceux qui ont accepté d'être les historiens de ces époques troublées et qui, pour rester fidèles à la vérité historique, sont forcés de raconter sans édifier. Tant de faits glorieux sont inscrits à l'actif des Souverains Pontifes dans le cours de dix-neuf siècles, que l'on peut leur pardonner quelques défaillances mor mentanées. En supposant que nous voulions cacher quelque chose, ils n'ont que faire de nos mensonges. Nous avons déjà rappelé le mot de de Maistre : « Les Papes n'ont besoin que de la vérité. »
Monstrelet rapporte qu'en la solennité du couronnement, les cardinaux, suivant l'u-sage consacré, allumèrent devant le nouveau pape un feu d'étoupes, et lui dirent par trois fois : « Père saint, ainsi passe la gloire du monde 2. »
Jean XXIII allait en faire bien vite l'expérience. Jus-
i. Cf. HEFELE, t. X, p. 428.