Von der Hardt, t. Il, col
et fut la cinquième. Le cardinal Orsini présidait de nouveau. D'Ailly, le cardinal de Viviers et plusieurs autres n'y parurent point. Sept cardinaux cependant y assistèrent, mais ils eurent soin de déclarer préalablement qu'ils ne le faisaient que pour éviter le scandale, et non pour approuver les décisions extrêmes qu'ils s'attendaient à voir formuler. Ils se défiaient sans doute de ce phénomène particulier aux assemblées délibérantes, et qu'on a appelé naguère la folie en commun. L'évêque de Posen donna aussitôt lecture de cinq articles que demandaient les nations et qui réunissaient tous les points votés le vendredi et le samedi saint. Le premier est celui que nous avons déjà rapporté avec l'addition qui demande la réforme dans la tête et dans les membres de l'Eglise.
Le second, qui est tout aussi déplorable et aussi injurieux réclame des mesures de rigueur à l'égard du Souverain Pontife, s'il refuse d'obéir aux décrets de l'assemblée de Constance ou de tout autre toncile général. .
Le troisième et le quatrième ne sont autres que le «econd et le troisième de la quatrième session. Ils défendent au Pontife d'appeler à lui la curie et ils annulent toutes les condamnations portées contre le concile.
Le cinquième est conforme au quatrième de la congrégation du 29 mars; il affirme que le pape Jean et les membres du concile ont toujours joui de la plus complète liberté ^ .
Triste page dans les annales de l'Église! Elle montre combien est vraie cette réflexion que fit Pellisson, lors de l'acceptation des quatre articles de 1682 : « La
1. Von der Hardt, t. IV, p. 81 et suiv. — JIassi, t. XXYH, p. 584. - Hefele, t. X, p. 403.
juridiction ecclésiastique est une matière dans laquelle on n'entre presque jamais sans aller plus loin qu'on ne voudrait *. »
§ 4. — Jugement sur les décrets de Constance.
Tels sont, dans leur essence schismatique, ces fameux articles de Constance, que le conciliabule de Baie a repris en les aggravant, que l'assemblée de 1682 a de nouveau préconisés. Ils contiennent en germe toute cette doctrine gallicane qui a fait tant .de mal à l'Eglise de France, et qui a été peut-être la plus redoutable et la plus enracinée de nos erreurs -.
Cette doctrine nouvelle n'est pas autre chose qu'une œuvre de guerre et de ressentiment, créée par un vote hâtif, dans une heure de trouble, par une assemblée incompétente, qui n'y voyait peut-être qu'un expédient passager, mais qui, en tout cas, se déclarait œcuménique sans aucun droit et qui n'a jamais reçu sur ce point l'approbation du Souverain Pontife.
Que cette doctrine de la supériorité du concile sur le Pape ait été jusqu'alors inconnue dans l'Église, c'est ce qu'aucun théologien ne saurait contester, à moins qu'il ne pousse le parti pris jusqu'à choisir pour le portevoix de la vraie doctrine tel ou tel docteur hétérodoxe, tel ou tel évêque gallican, ou je ne sais quel professeur de la Faculté de Paris. Que cette opinion, jusque-là taxée d'hérésie, ait été mise en avant à cette époque uniquement comme un moyen d'en finir avec le