‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 140 sur 186 · Histoire de Louis XIV, t. I, p · texte numérisé non relu

Histoire de Louis XIV, t. I, p

2. MoNTALEMBERT, Des intérêts catholiques, Œuvres, t. V, p. 35.

3. Cf. Gerson, De potestate Eccles, consid. X et xn, t. II, col. 240 et sxiiv. — BossuET, Defensio, 1. YI, c. 19.

schisme, c'est ce que les coryphées du gallicanisme avouent sans détour. Qu'elle ait été votée ab irato par esprit de rancune et pour tirer vengeance des procédés de Jean XXIII, tous ceux qui nous ont suivi dans ce récit l'avoueront avec nous.

Nous avons tout lieu d'en être convaincu, l'esprit de l'homme, dans ses inspirations les moins saines, a eu plus de part à toutes ces délibérations que l'esprit de Dieu.

De plus, ces articles, si contraires aux traditions les plus respectables et d'une forme si extraordinaire, ont été préparés, rédigés et promulgués avec une hâte passionnée ^ . Trois sessions conciliaires ont lieu coup sur coup en douze jours (du 26 mars au 6 avril) et chacune d'elles aggrave les mesures et les décisions précédemment adoptées. C'est un opus tumultuarium qu'a très bien décrit de Maistre : « Qu'on se mette, ditil, à la place des évéques de Constance, agités par toutes les passions de l'Europe, divisés en nations, opposés d'intérêts, fatigués par le retard, impatientés par la contradiction, séparés des cardinaux et, pour comble de malheur, influencés par des souvenirs discordants. Est-il donc si merveilleux que, pressés d'ailleurs par l'immense désir de mettre fin au schisme le plus déplorable qui ait jamais affligé l'Eglise, ces évéques se soient dit à eux-mêmes : Nous ne pouvons rendre la paix à l'Église et la réformer dans son chef et dans ses membres qu'en commandant à ce chef même : déclarons donc qu'il est obligé de nous obéir. De beaux génies des siècles suivants n'ont pas mieux raisonné ^. »

1. C'est l'opinion de Bellarmin et des docteurs de Louvain. De Concil. auctoritate, XIX.

Page 1