Baluze, Vitse papariim avenion., t. II, p. 768. i
aux jours de l'Ancien Testament, le prophétisme ^uide le sacerdoce. « Jamais peut-être n'a battu dans une poitrine humaine un cœur plus fidèle à l'Eglise et à la papauté ^ . »
Un rapprochement historique ne se présente-t-il pas ici à tous les esprits? Quelque cinquante ans après, une autre jeune fille, née aux marches de Lorraine, entendait des voix surnaturelles qui lui disaient de conduire à Reims le dauphin Charles. Jeanne d'Arc part, arrive en présence du prince, parle net et franc devant cette cour amollie et découragée. Elle se fait écouter, et elle emmène dans la ville des sacres le futur roi de France.
Lorsque Catherine fit revenir Grégoire à Rome , comme lorsque Jeanne conduisit Charles à Reims, tout paraissait de part et d'autre sauvé pour longtemps. Dieu avait montré sa main puissante : l'Italie de 1378 avait applaudi comme applaudira la France de 1429. Tous les cœurs semblaient avoir reconquis le droit de se livrer à l'espérance. Et pourtant l'on était à la veille d'une crise sans exemple, d'une funeste division, d'une longue période de troubles religieux et de malheurs publics.
1. Hase, Katerina von Siena (Leipzig, 186i), p. 197. — Cf. Mignaty, Caterina da Siena e la parte ch'ebbe nelli avenimenti d'Italia, nel sec. XIV (Florence, 1894).