Cf. BossuET, Defensio, Pars II, lib. V, c
3. BALbERiNi, De PoZestofe £ccZesîae,c. VII, dans Migne, Theol. cursus completus, t. Ill, coll. 13S0-13S9. — Bouix, De Papa, t.I, c. VI, p. 460.— Pastor, Histoire des Papes, t. I, p. 208. — Hefele, Hist. des conciles, t. X, p. 406. — JONGSUNN. Dissert, sélect, in hist. eccL, t. VI, p. 308. — Hergenrœther, Histoire de l'Église, t. IV, p. S38. D'autres auteurs s'appuient sur les deux raisons, comme Romgaglu, Mansi, Litta,
ROHRBACHER.
- Or, qu'est-ce qu'un concile sans Pape, sinon des membres sans tête ?
Dans le cas présent, quelque opinion que l'on ait sur la légitimité du pontife, il est certain qu'il y avait dissidence et séparation entre le concile et le pontife véritable. Sans Pape, on le sait, il ne peut y avoir de concile œcuménique, pas plus que sans tête il ne saurait y avoir de corps vivant.
L'assemblée de Constance n'était donc au commencement qu'un concile particulier ou une réunion de quatre nations, appelée par le chef de l'empire à délibérer sur le cas spécial du schisme, et non pas sur la question générale des pouvoirs du concile et de sa supériorité sur le pontife romain. Il n'est devenu œcuménique qu'à partir de la trente-cinquième session, lorsque Grégoire XII eût donné sa démission et que la Sicile unies à la Péninsule hispanique eurent répudié l'obédience de Benoît. Dans les neuf dernières sessions seulement il put se dire représentant de l'Eglise universelle.
Mais les décrets du concile, objectent les Gallicans, ont été approuvés par Martin V, pape universellement reconnu^. Que leur manque-t-il donc pour faire loi?
Où senties pièces authentiques? répondrons-nous. Où est la bulle du Pape donnant à ces propositions une approbation expresse et solennelle ?
Il n'est pas exact que le Souverain Pontife ait jamais accepté ces articles abusifs. Au contraire, quand, en 1418, les ambassadeurs du roi de Pologne voulurent
1. A Sede apostolica comprobata, dit le second article de la déclaration de 1682. FnNK entend cette parole du pape dans un sens restreint : d'après lui, elle s'applique uniquement à l'affaire de Fallienberg. Hcbler semble aussi de cet avis. Die Kostanzer Reformation (Leipzig, 1867), p. 263-280.
faire condamner solennellement par le Pape le dominicain Jean de Falkenberg, déjà reconnu coupable par les nations [nationaliter)^ le pape Martin V les en empêcha et leur répondit : « Tout ce qui a été décrété par le présent concile en matière de foi et conciliariter doit être cru et observé inviolablement. Je l'approuve et je le ratifie, mais non pas ce qui a été fait autrement, non aliter nec alio modo. »
Cette décision limitative fut réitérée par Augustin de Pise, procureur fiscal, qui, au nom du Pape, demanda aux protonotaires et notaires de publier intégralement tous les documents sur l'assemblée, et qui appuya sur cette importante distinction.
Or, qu'avait décidé le concile en matière de foi, sinon les articles condamnant Wiclef et Jean Hus ? Ce sont ceux-là que le Pape approuve, et nous retrouvons la même affirmation dans la série de questions que Martin V ordonne de poser à tous ceux qui sont suspects d'hérésie wicléfiste ou hussite ^.
Les cinq propositions précédemment citées ne sont pçint de ce genre, car elles ne revêtent pas les formes solennelles dont on entoure d'ordinaire les décrets de foi imposés à la croyaiice de tous les fidèles. Les Pères eux-mêmes les ont pour la plupart considérées comme de simples constitutions synodales comme des déclarations applicables à un cas déterminé. Ils n'ont point condamné comme hérétiques, chassé de l'Église ou frappé d'excommunication ceux qui penseraient autrement^.
1. Bonix, de Papa, t. I, p. 52i. — Hefele, t. I, p, SO et 59. — JhkgmanNt Dissert, sélect., VI, p. 310. — Labbe et Cossart, t. xm, p. 288. — Von DEU Hardt, t. IV, p. 1S38. — Cf. FvTHK, Kirchengeschichtliche Abhandlungen und Untersuchungen {V&AexhQim, 1897), p. 491.
2. Hefele, t. XI, p. 78. — Cf. BAiLERim, dans Migne, Theol. cursus completus, t. III, col. 1333.