‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 157 sur 186 · Von der Hardt, t. II, col · texte numérisé non relu

Von der Hardt, t. II, col

canati au milieu de cette terre des Marches et des Romagnes qui lui resta toujours fidèle.

§ 3. — Déchéance de Benoît XIII.

Pendant que Grégoire XII s'éteignait ainsi dans tout l'honneur de son admirable résignation, Benoît s'isolait de plus en plus dans son opiniâtreté scandaleuse, et, abandonné de tous, il semblait se glorifier de l'impopularité qui s'attachait à son nom.

Nous avons dit que le roi des Romains s'apprêtait à partir pour Nice afin d'y rencontrer l'obstiné vieillard et d'obtenir son abdication. Pierre de Lune et ses partisans, que les mémoires du temps nomment Liinatîci, étaient désormais les seuls obstacles à la pacification de l'Église. Sigismond quitta Constance le 21 juillet 1415, accompagné de seize délégués choisis par les Pères ^ et de quatre mille cavaliers, et muni de toutes les pièces authentiques qui cibnstataient la renonciation de Grégoire XII.

Il avait pris toutes ses précautions pour qu'en son absence le concile pût délibérer en paix.

Pendant qu'il se dirige vers le midi de la France par Bâle, Lausanne, Chambéry, Lyon, Vienne et Valence (5 août), demandons à Benoît ce qu'il a fait depuis que les troupes françaises ont forcé ses soldats à quitter Avignon. L'activité de ce vieillard de quatre-vingts ans

1. Von der Hardt, t. IV, p. 264. — De Dynter, Chronica ducum Braàantîœ (édit. de Ram), t. III, p. 279. — Cf. Bulletin d'hist. eccl. et d'archéol. de Valence, t. V, p. 127, 1884. — Aschbacu, Regesten u. Itinerar des rômîscheii Kônigs Sîgmund von 1 Juli 1414 bis Schluss des Jahres 1419. — Fromme, Die spanische Nation und das Konstanzer Ronzil, p. 8. Il donne la date du 18 juillet pour le départ du roi des Romains. — Ant. MouosiNi, Chronique, Société de l'histoii-e de France, 1899, t. II, p. 36, 56 et 86,

est restée aussi grande que son obstination. De Morella, qu'il a choisi pour asile dans le royaume d'Aragon, il entretenait les meilleures relations avec le roi Ferdinand, et par lui avec la reine de Çastille. Tous deux n'agissent que par ses conseils dans l'affaire de Tunion de l'Église*. Il intrigue en Italie auprès de la reine Jeanne de Naples et de son frère Ladislas, ce vieil ennemi de Cossa'^. 11 essaie même d'entretenir des intelligences dans Rome, d'attirer le préfet de la cité à son parti et d'ébranler la fidélité du cardinal de Saint- Eustache, vicaire de Jean XXIII. Ses agents ont mission d'exposer aux Romains, ruinés par l'absence du pape, le vif désir qu'éprouve Benoît de ramener la Curie dans la ville éternelle, les efforts qu'il a faits et les dépenses qu'il s'est imposées pour arriver à cebut^ (octobre 1414).

Dans tous les documents qui nous restent et qui sont datés de cette période, le pape d'Avignon déploie toute son animosité contre ce qu'il appelle le conciliabule de Pise, contre ses fauteurs « haïs de Dieu » et contre « l'idole qu'ils y ont fabriquée » . 11 espère la revision de ce grand procès et la reconnaissance finale de ses droits. Il proteste en même temps de son zèle pour l'union, détaillant les moyens qu'il compte employer pour y réussir. Benoît consent à accepter la ville de Nice comme lieu de réunion avec le roi des Romains, pour le mois de juin, et il prend toutes ses précautions pour rendre impossible toute surprise^. Mais il refuse de se rendre à Constance ; il ne croit pas que

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