Pastor, Histoire des Papes, t. VI, pp. 32 et
3. Cet appel au futur concile, blâmé déjà par le pape Célestin I au cinquième siècle, le fut de nouveau par Martin V, puis par Pie II et- JulesII. Cf. de Màrcx, de Concord. sacerd.etimperii, 1. IV, c. 17. — Il constitue la 78« liberté de l'Église gallicane réclamée par Pithou et les légistes français. Cf. Ddrand de Maillane, Les libertés de l'Église gallicane prouvées et commentées, t. II, p. 729. Lyon, 1771.
tique. Mis aux mains des légistes de Charles VII et de ses successeurs, ces décrets deviendront, pour parler comme Guizot, un terrible et funeste instrument de tyrannie. On sait comment Fénelon, bien placé pour en juger, définissait ces prétendues libertés de l'Église de France : « Libertés à l'égard du Pape, servitude envers le roi. L'autorité du roi sur l'Église a passé aux mains des juges séculiers. Les laïques dominent les évêques^. »
Voltaire a jugé à sontour ceslibertés néfastes : « L'assemblée de 1682 crut que le temps était venu d'établir en France une Eglise catholique-apostolique^ qui ne serait point romaine 2. » Ce n'était ni plus ni moins qu'un acheminement vers l'idée d'une église nationale avec une foi commune, mais sans chef unique; c'était la préparation d'une constitution civile du clergé.
Jansénistes et joséphistes, libéraux plus ou moins révolutionnaires et despotes plus ou moins absolus, tous considéreront ces principes comme une arche sainte. « J'entends que l'on professe les quatre articles et les libertés gallicanes, disait l'Empereur à l'abbé d'Astros. Du reste, j'ai le glaive au côté ; prenez garde à vous ^ ! »
Toutes ces discussions fâcheuses ne favorisaient guère le progrès dogmatique. L'Université de Paris, qui avait été jusqu'à cette époque une des grandes voix de la tradition doctrinale, s'était vue à deux doigts de sa ruine quand les Bourguignons vainqueurs la persécutèrent en 1418^*. Plus tard, trop soumise à l'Angleterre,
1. FÉNELON, Plans de gouvernement, t. ni, p. 433, édit. Didot, 1870.