Chapitre xvin de cet ouvrage, p
3. Cf. Jean de Raguse, dans les Monumenta Conc. Gêner, saec. XV, f. I, p. 12 et suiv.
cru ramené aux jours les plus sombres du schisme ^ .
Ces excès ridicules autant que scandaleux ne laissèrent pas pourtant que d'avoir un heureux effet.
Ils discréditèrent le décret Frequèns, qui cessa d'être appliqué, et ils mirent obstacle en même temps à la réunion périodique des conciles généraux, qui ne saurait être un moyen ordinaire de gouvernement.
En revanche, ces écarts ne purent empêcher les rebelles de l'avenir d'en appeler du pontife romain au futur concile. Quand un prince comme Louis XI ou Louis XIV veut usurper les droits de l'Église, quand des évêques comme ceux de 1682, comme Fébronius et comme Grégoire, prétendent secouer le joug du pape, quand un moine comme Savonarole avance des propositions audacieuses et incendiaires 2, lorsqu'un docteur comme Dœllinger refuse de croire à l'infaillibilité pontificale, tous, malgré les défenses réitérées des pontifes suprêmes, en appellent au concile futur comme à une juridiction supérieure à celle du pape ^.
A leur tour et sur l'instigation des Dumoulin, des Pithou et des Dupuy, les parlements appliqueront la législation du jo/aceî, diel'exequatur etde V appel comme d'abus. Les maximes de Constance et de Baie engendreront les tendances et les procédés de ce gallicanisme ombrageux qui maintiendra la France dans l'opposition au Pape et dans un état semi-schisma-
1. Haller, Concilium Basîliense, Studîeti und Quellen zur Gesch. des Concils von Basel. Bâle, 1896-97.