Ibid., pp. 609 et
3. Cologne, Erfurt, Wurzbourg, Leipzig, Cracovie, Saint-André en Ecosse, Valence en Espagne, Palerme, Turin et Crémone en Italie, Orange, Aix, Perpignan.
4. Condamné à la 22« session du concile de Bâle. Voir le rapport de Jean Turrecremata dans Mansi, t. XXX, p. 979 et suiv.
5. Quelques-unes de leurs œuvres se trouvent imprimées dans Gerson, t. II, coll. 961 et suiv.
de Vorillong, tombent dans tous les écarts de style et d'exposition qui caractérisent la fausse scolastique; d'autres, comme Paul Cortesius, sont d'élégants humanistes, mais n'ont ni précision, ni solidité, ni profondeur.
C'est surtout au point de vue de la constitution de rÉglise que des erreurs théologiques se manifestent. Certains auteurs se croient obligés de soutenir à outrance les décrets de Constance, et de défendre les tendances aristocratiques et conciliaires contre l'autorité monarchique du pape. Ces théologiens et ces légistes s'appuient sur les rois et les parlements comme au temps d'Occam et de Dubois : l'esprit césarien et individualiste se propage même avant Luther.
Mais, d'un autre côté, la vraie science protestera, et le concile de Florence proclamera devant les Latins et les Grecs réunis que le pontife romain est la première autorité du monde catholique, qu'il est le véritable vicaire du Christ, la tête de l'Église, le père et le docteur de tous les chrétiens. Un siècle après, le concile de Trente, plus encore par les faits euxmêmes que par des définitions formelles, proclamera la même vérité. Les théologiens du seizième siècle se détacheront des funestes théories qui ont prévalu pendant tout le quinzième et feront renaître une grande époque doctrinale.
Le courant fâcheux persistera pourtant, surtout en France. Le Gallicanisme, soit théologique, soit parlementaire, dominera trop souvent dans les assemblées du clergé, dans les livres infectés de l'esprit janséniste ou joséphiste, au sein des cours royales et des parlements. Il survivra aux révolutions, aux changements de dynasties, aux modifications de régimes, à l'apparition des nouveaux codes. Les gouvernements imbus de prin-
cipes libéraux iront chercher, dans l'arsenal des lois tombées en désuétude, des armes couvertes de rouille pour les tourner contre l'Église. Il faudra que le concile du Vatican réduise au silence ces docteurs et ces parlementaires qui se réclamaient des maximes de Constance et de Bâle, et se vantaient d'être, en politique religieuse^ les disciples de Gerson et de Bossuet. Et c'est ainsi que le courant de saine doctrine l'emportera définitivement sur les erreurs issues du grand schisme d'Occident.
§ 2. — La question de la réforme.
Le schisme, par les préoccupations qu'il fait naître et les désordres qu'il fomente, n'est point de nature à favoriser les idées réformatrices qui préoccupent depuis si longtemps les esprits les plus élevés. Les événements graves et complexes qui suivent le concile de Constance, et les obstacles qu'opposent sans cesse les passions humaines à ces projets réparateurs empêchent ceux-ci d'aboutir. Ici encore on voit se dessiner deux courants contraires.
D'un côté, les réformes décrétées à Constance et rappelées dans les concordats qui suivirent furent accueillies avec faveur et appliquées avec succès. L'exemple vint de haut. Des papes excellents, amis généreux de la science, protecteurs éclairés des arts, montrèrent presque toujours une énergie et un zèle à la hauteur des" circonstance les plus difficiles. Sans doute, Martin V, Calixte III et Sixte IV ne furent pas à l'abri de toute accusation de népotisme, mais cette faute peut trouver des circonstances atténuantes ^ . Tous s'efforcèrent de