Ra-vtsald, a. 1379, n
4. Valois, ibid., p. 324. — Cf. Schecffgen, Beitrâge zu der Geschichte des grossen Schismas, 1889, p. 35. — Kneer, Die Entstehung der Konziliarien Théorie zur Geschichte des Schis7nas und der Kirchenpolitiken
de ses adversaires. Le point le plus important est; traité à la fin du livre où l'Urbaniste propose la convocation d'un concile général et défend ce projet contre les objections de toute sorte que lui oppose le Cléméntin. De plus, l'auteur met aussi en avant l'idée de réunir une commission d'arbitrage où chacun des deux papes, ainsi que le parti des neutres, serait représenté par deux ou trois personnages. C'est pour lui le second moyen de rendre promptement la paix à l'Église.
En ce temps-là brillait encore à l'Université de Paris Conrad de Gelnhausen, allemand comme Henri de Hesse. Lui aussi défendit le projet de concile dans une courte épître [Epistola concoi'dise), qui devint bientôt un traité complet et qu'il dédia à Charles V ^ . Ce livre, composé vers le mois de mai 1380, est, ce semble, le premier traité où la « théorie conciliaire » soit exposée d'une façon scientifique et méthodique. Il démontre que la réunion de ce synode est utile, possible et nécessaire. Il réfute toutes les objections, surtout celle de l'impossibilité d'un concile général sans l'autorité du pape. Enfin il supplie le roi de France de concourir de toutes ses forces à la convocation de cette assemblée, seule capable de mettre fin à tous les maux.
Un peu plus tard, en 1381, Henri de Hesse publia encore un nouvel ouvrage intitulé Concilium pacis, ou plus exactement, d'après l'épilogue métrique du livre :
(1895), p. 64. — L'ouwage d'Henri de Hesse se trouve en ms. à Paris, Bibl. nat., fonds de Saint-Viclor, 843, à la bibli. de Mayence, 241, à Vienne, S097, à Rouen, 0, 20. — Cf. Pertz, Arcfiiv, VIII, 683.
d. Valois, t. I, p. 323. — Cf. Mautène et Ddrand, Thésaurus, t. II, col. 1200-1226. — Kneer, ibid., p. 48-60. — SCHEnFFGEN, ibid., p. S8. — Hobler, Die constanzer Reformation (Leipzig, 1867), p. 364. — Cet ouvrage de Conrad ne se trouve en ms. que dans les Archives secrètes du Vatican, Armar. LIX, t. XXI, f" 69. — Cf. Journal des Savants, 1899, p. 323.
Epistola concilii pacis ^ . Dans les 20 paragraphes de son épître, il démontre avec énergie et abondance la nécessité et la possibilité du Concile général, mais il n'en limite pas l'objet à la seule question de Tunion. Il insiste sur la réforme nécessaire de l'Église, et il trace un sombre tableau des maux religieux et sociaux de son temps ^. Entre le traité de Conrad de Gelnhausen et ce dernier ouvrage, il règne une telle similitude de pensée et même d'expression que l'on peut sans témérité considérer VEpistola concilii pacis comme inspirée par VEpistola concordise écrite un an auparavant. Il y a cependant cette différence que Conrad attribue aux évêques réunis le pouvoir qu'Henri accorderait plutôt à la collectivité des fidèles ^.
On voit alors paraître sur la scène religieuse et politique un jeune docteur qui va jouer le plus grand rôle jusqu'à la fin de ces funestes divisions. Ses contemporains ont appelé Pierre d'Ailly « l'aigle de la France et le marteau des hérétiques ». Un critique moderne a pu aussi justement dire de lui : « Le développement du schisme et surtout les événements du concile de Constance ne se comprennent pas en dehors de l'ac-, tion personnelle du cardinal de Cambrai. On pourrait faire l'histoire de ces quarante années sous le titre de : Pierre d'Ailly et son époque ''. »
1. Von der Hardt, Rerwn Conc. Constant., t. II, col. 361. — 0pp. Gersonii, t. IF, col. 809. — Hartwig, Leben und Schriften H. von Langenstein (Marbourg, 1857), — L'Ecuy, Essai sur la vie de J. Gerson, p. 326. — Demfle, Die Universitâten des Mittelalters, t. I, I {188S), p-. 607. — ROTH, Zur Bibliographie des Benricus Hembuche de Hassia (1888), p. 97 et suiv. — En 1899. la Bibl. Nation, a acquis à la vente du comte Ashburnham un nouveau ms. du Concilium pacis, f» 10 du registre. Valois, 1. 1, p. 356.