‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 40 sur 186 · Id. t. II, p · texte numérisé non relu

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de Jean de Gros, cardinal de Limoges, de Guillaume d'Aigrefeuille, cardinal de Saint-Etienne, et de Guy de Malesset. cardinal de Poitiers.

Auteurs responsables du schisme, ils prodiguaient en faveur de Clément des démarches où ils trouvaient tout à la fois leur intérêt et leur justification. Jean de Gros se distingua par ses rigueurs contre les Urbanistes et par les nombreuses condamnations dont il les frappa. D'Aigrefeuille, comblé de largesses par le pontife d'Avignon et par le roi de France, fut chargé par eux d'une mission en Allemagne. Il se vit arrêté aux frontières de l'Empire par les ordres formels de Wenceslas ^ . Malesset dirigea ses efforts vers le nord et s'attacha à convertir les Flamands : nous verrons plus tard avec quel succès. Nous avons déjà fait mention des efforts et des victoires de l'énergique Pierre de Lunej cardinal d'Aragon, le futur Benoît XIII. D'autres, moins illustres, moins convaincus ou moins dévoués, se contentent de former à Avignon la cour du pontife de leur choix.

$3. — Docteurs en droit et en théologie.

A un degré moins élevé les docteurs en droit, milites legum, avaient à cette époque dans l'Université comme dans l'Eglise une influence que beaucoup de bons esprits jugeaient excessive -. Plusieurs d'entre eux et des plus célèbres furent consultés par les rois et les prin-

1. Valois, t. I, pp. 284 et suiv. ; t. II, pp. 277 et suiv. Le cardinal ne rentra à Avignon, de retour de sa légation, que le 30 janvier 1383. Cf. Balcze, Vital pap. Aven., 1. 1, col. lOH.

2. Roger Bacon s'en plaint à plusieurs reprises. Cf. Opéra inedita, édit. Brewer, p. 84. — Dante, Parad., IX. — D'Ailly, De materiaConcilii gen.y Pars III.

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ces. La plupart se décidèrent pour Urbain, nous l'avons vu. Qu'il suffise de rappeler Jean de Lignano, Baldo de Pérouse, CoUuccio Salutato, Barthélémy de Saliceto. Ajoutons à tous ces noms celui de Jean de Bournazel, ce conseiller de Charles V qui résume les allégations contradictoires et ne se décide point ^ .

Les ecclésiastiques surtout prennent parti dans cette querelle qui, à proprement parler, est la leur :

Scisme est un fait qui appartient aux clercs,

dit une pièce de poésie du temps.

Aussi voyons-nous éclore, un peu partout, au sein du. clergé, des écrits en faveur de l'un ou l'autre pontife.

Le premier en date est peut-être celui de Perfetto Malatesta, abbé de Sassoferrato dans la marche d'Ancône. Dans un dialogue supposé entre Rome et la France, il donne tous les torts à cette dernière et rejette la responsabilité du schisme sur cette nation « trompeuse et menteuse » (juin 1379) ^. Le saint ermite Alphonse, ancien évêque de Jaen, écrivit aussi un opuscule en faveur d'Urbain^. Vers la même date, Henri de Hesse ou de Langenstein publiait à Paris son Epistola pacis ''. Après un court prologue, il met en scène dans ses 88 chapitres un partisan de Urbain V et un

1. Valois, t. I, p. 127. — - Les traités de Baldo et de Legnano se trouvent dans Raynald (édit. de Bar-le-Duc, t. XXVI), p. S80. Jean Le Fèvre, abbé de Saint-Yaast d'Arras et conseiller du roi, répondit à Legnano en 1379 et chercha à le réfuter phrase par phrase. Son ms. se trouve à la Bibl. nat., ms. latin 1469, et à la Bibl. du Vatican, 41u3 et

2. Ms. Bibl. nation., 1479, f 141. — Cf. Valois, 1. 1, p. 224.

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