Ibid., t. II, col. 949 et
6. Voir noire Peirus de AUiaco, p. 249 (1886). — Cette hypothèse de a faillibilité du pape , purement métaphysique pourtant, se rencontre à l'état de supposition indiscrète chez certains vieux scolastiques ; Gerson lui-même avoue que sa doctrine est nouvelle. (De pot. eccl., cons. XH, t. II, p. 247.) Cependant un bon nombre de docteurs de cette époque l'admettent au moins comme possible. Voici la pensée de Simoii de Cramaud, patriarche d'Alexandrie, écrivant au roi des Romains : « Si le pape scandalise l'Église, il faut lui désobéir : ceux qui lui obéissent en pareil cas se rendent coupables de péché mortel. Pour juger un pareil pontife, il suffit de deux ou trois juges. Il faut le condamner sans remède, comme le fut autrefois Lucifer... Quand le pape tombe dans une hérésie déjà proscrite, une nouvelle sentence n'est pas nécessaire car il devient moins respectable qu'aucun autre catholique.,» Ce texte' resté inédit jusqu'en ces dernières années, est de 1414. Il a été publié par FiNKE, Acta Concilii Constanciensis (1896), 1. 1, p. 281. .
7. 0pp. Gerson., t. I, col. 689. — De materiaConc. generalis raa. In Bibl. nat. Paris, londs latin, n"> 1571, p. 24. Gerson et Nicolas de Cusa sont aussi de cet avis avec un bon nombre de théologiens de l'époque. Ger-
Dans tous les cas qui regardent la foi, le Pape est soumis au concile général ^ , qui peut juger sa doctrine et la condamner. 11 a même le droit de se prononcer sur sa conduite et de le déposer, s'il se montre obstiné ou s'il passe pour incorrigible.
Ce synode général, selon quelques théologiens, est infaillible. Oest seulement une pieuse croyance ^ , mais à cause de cela il est supérieur au Pape qui ne jouit point de ce privilège. D'Ailly s'efforce de prouver cette supériorité en s'appuyant sur le droit naturel, divin et canonique ^.
Telles sont les idées qu'ose exposer un des plus célèbres théologiens de cette époque, dont l'influence a été si considérable dans tous ces événements et en qui souvent on entend toute la Faculté de Paris, d'après Bossuet"*. De telles opinions rappellent celles de ce grand et funeste révolutionnaire qui s'appelle Occam. Jusqu'au XIV^ siècle, en effet, si ce n'est chez les Grecs schismatiques qui rejetaient la. primauté ellemême, on ne rencontre pas de traces de cette négation totale de l'infaUlibilité.
son ajoute que; dans celte liypothèse, le Pape pourrait être licitement chargé de chaînes, incarcéré et même jeté'à la mer. 0pp. Gerson., t. II, col. 221, De auferibilitate Papae ab Ecclesia.
i. Ibid., et 0pp. Gerson., t. Il, col. 931, 953, 959, 960. — Hefele, t. X, 414.