Ibid., c
cience, comme ils ne voulaient pas encourir les reproches du roi, ils s'engagèrent par serment solennel à travailler à l'extirpation du schisme en aidant le futur pape, et en ne créant aucun obstacle qui pût entraver sa bonne volonté. Chacun d'eux promit en outre, s'il était élu, d'employer les moyens les plus propres à rétablir l'unité religieuse, fallût-il en venir jusqu'à renoncer à la papauté, si ce sacrifice était jugé nécessaire au bien de l'Eglise^. Donc, la voie de cession était adoptée en principe par tout le Sacré-Collége : elle paraissait à la veille de triompher-.
Après celte promesse si grave, les cardinaux invoquèrent ensemble les lumières du Saint-Esprit, puis ils élurent d'un accord unanime l'ancien légat à Paris, l'Aragonais Pierre de Lune, qui prit le nom de Benoît XIII.
La vacance du siège n'avait duré que douze jours.
Né en Aragon d'une noble famille, Pierre de Lune avait fait de bonnes études en France et avait professé le droit canon à l'Université de Montpellier. Grégoire XI le créa cardinal et s'en fit accompagner quand il retourna à Rome. D'abord convaincu de la légitimité d'Urbain YI, il fut l'un des derniers à se rallier à son rival, mais son dévouement, quoique tardif, fut absolu et efficace. C'est lui qui rattacha à la cause de Clément VII la péninsule hispanique tout entière. Conquérant en Espagne, ilfut temporisateur à Paris; mais, d'un côté comme de l'autre des Pyrénées, il se ^lontra diplomate consommé.