‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 93 sur 186 · Ehrle, p · texte numérisé non relu

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évêques français s'étaient substitués au Pape dans la répartition des faveurs. La docte corporation avait même pris de nouveau son grand moyen de protestation et, dès 1400, elle avait suspendu ses leçons ^ Quelques-uns de ses maîtres les plus honorés se rétractèrent au sujet de la soustraction : Gerson et Clémangis publièrent des lettres et des écrits dans lesquels ils demandaient formellement le retour à l'obédience de Benoît.

L'Université de Toulouse fut encore plus énergique ; ses députés parlèrent à Paris devant le roi avec une telle force que le duc de Berry, gouverneur du Languedoc, les fit jeter tous en prison 2. L'Université de Paris répondit à cette violente attaque et, plus tard, le concile national de 1406 crut de son devoir de condamner le mémoire des docteurs toulousains 2. L'évêque de Saint-Pons, Pierre Ravat, les avait énergiquement soutenus et avait osé reprocher en face aux trois cardinaux, qui avaient attaqué Benoît à la cour, leur déplorable félonie : « Si le Pape vient à mourir, leur dit-il, vous ne pourrez participer à l'élection du successeur, car vous avez commis un crime de lèsemajesté ''. » De plus, les autres cardinaux tendaient à se rapprocher du pontife prisonnier. La cour ellemême était divisée. Si les ducs de Berry et de Bourgogne s'obstinaient dans leurs sentiments hostiles à Benoît, le duc d'Orléans, frère du roi, continuait à

- 4. Chronic. Karoli VI lib. XX, 20. — Dn Boulay, t. IV, pp. 284 et 871. — Hefele, Histoire des Conciles, t. X, p. 126.

2. Un certain nombre de pièces manuscrites se rapportant à celte époque ont été acquises en 1899 par M. Léopold Delisle à la vente de lord Ashburnham. En voir la liste dans le Journal des Savants, juin 1899.

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