‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 13 sur 182 · Plus tard M"' de Longueville, Anne-Geneviève de Bourbon · texte numérisé non relu

Plus tard M"' de Longueville, Anne-Geneviève de Bourbon

Buvons à ni lustre Brézé * Qui s*est si bien désabusé De celle chimère importance De la fortune, de la fortune.

Il aimait la lecture, les livres (labbé Ménage lui envoyait les « nouveautés ») ; il avait de Tacquis, écrivait bien ; il savait même à la rigueur — mais c'était chose fort rare — être galant et civil.

En revanche, si quelqu'un devait être « désabusé » de ces grandeurs, ce fut bien cette « petite ». Négligée par son mari — le grand Condé eut, on le sait, une jeunesse fort orageuse et faisait avec ses « petits maîtres » une débauche grossière et sans retenue; — traitée avec quelque considération par sa nouvelle famille tout juste le temps que vécut le cardinal, elle passa une triste existence; les Condé lui firent sentir durement qu elle n'était chez eux qu'une intruse. Clémence de Maillé, princesse de Condé, devait nourir misérablement, exilée et prisonnière à Châteauroux, où son mari, puis son fils la tinrent enfermée à la suite d'une scandaleuse aventure que nous conte M™*' de Sévigné. Nul bruit du monde ne parvint plus jusqu'à elle; et son fils Henri-Jules ne daigna même pas lui faire savoir la mort de son mari.

Elle fut vengée, il est vrai, par l'héritage qu'elle légua à la maison de Condé : le grain de folie de sa mère Nicole, l'extravagance de son oncle Alphonse et peut-être aussi les sombres mélanco-

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