‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 12 sur 182 · Timbre : Gagne-petit · texte numérisé non relu

Timbre : Gagne-petit

3. Supplément à la Gazette de France qui avait dix ans d'existence.

Le prince s'enrichit encore des dépouilles de son malheureux beau-frère, Henri de Montmorency décapité à Toulouse; il en eut toutes les terres dont Chantilly, ce qui ne Tempèchait pas de laisser toujours sans un sou, sa femme, Charlotte de Montmorency; il souffrait même que le cardinal de La Valette*, qui l'aimait à la folie, se ruinât pour satisfaire les fantaisies de cette grande dépensière. Un détail montre enfin la délicatesse de ses procédés : s'il avait affaire à Brézé, il voyait d'abord la Dervois, sa maîtresse.

Vis-à-vis de Richelieu, auquel il avait depuis longtemps pardonné son emprisonnement à Vincennes^, il poussa la flagornerie jusqu'à vouloir contracter une double alliance avec lui et fiancer sa fille, la toute charmante M"' de Bourbon^, au jeune duc de Brézé; mais Richelieu, sagement, lui répondit : « que, si l'on pouvait voir des rois épouser des bergères, il serait malséant que des reines épousassent des bergers ! » propos que le grand Condé rappellera à Louis XIV lors des fiançailles du « cadet » Lauzun avec la Grande Mademoiselle.

Quant au maréchal de Brézé, il envisageait sans s'émouvoir la grandeur de sa fille : « Ils veulent faire une princesse de cette petite », disait-il simplement, et il laissait faire avec une philosophique indifférence. Ce brutal était d'ailleurs quelque peu philosophe : la chanson le constate :

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