‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 164 sur 182 · Les ennemis · texte numérisé non relu

Les ennemis

Estlan peint ensuite Richelieu dans ses rêves de gloire et de vengeance, et se moque en passant de ses prétentions littéraires :

Il voit joindre à TArtois le Brabant et la Flandre,

Les provinces à lui d'effroi se venir rendre ; Mais le plus doux plaisir qu'il se va figurant G*est d'entrer à Bruxelles ainsi qu'un conquérant. Tandis qu'il fait sentir au peuple sa colère. Il voit sortir Tinfant avec la reine mère Qui cherchent, effrayés, leur salut dans Anvers Et tous les grands fuyant par des sentiers divers; Puis, après que la ville est tout assujétie, Pour y rétablir Tordre, il commande, il châtie ; 11 donne à Laffemas un pouvoir tout nouveau D'être le délateur, le juge et le bourreau ; Ce ne sont qu'échafauds, que gibets et que roues : Chanteloup * en portrait est traîné dans les boues, Et Saint-Germain 2, en tête au rôle des proscrits. Tandis que le bourreau jette au feu ses écrits. Chantant la torche au poing une palinodie 3, Conclut le dernier acte en cette tragédie !

Ainsi ce grand héros, tandis que la vapeur J)e la bile échauffée ou de la noire humeur.

Jointe à sa passion, lui brouille la cervelle. Sans sortir de Paris, triomphe dans Bruxelle, Attendant qu'à bon droit, s'il vient d'autres saisons. On lui fasse une entrée aux Petites-Maisons.

Et, comme ce grand prince aime les comédies.

Page 1