‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 163 sur 182 · Sourdis · texte numérisé non relu

Sourdis

Ont fait de leurs débris ce superbe équipage Qu'il fallait réserver pour un meilleur usage. Le reste des canons dans le Havre entraîné Ne peut être sitôt à Paris ramené, Paris, qui, forcené de se voir sans murailles. Couve secrètement son feu dans ses entrailles ; Et j'appréhende moins parmi tant de mutins Les efforts étrangers que les maux intestins...

Il lui demande ses conseils et ses prières; à quoi

Le Père lui répond d'une mine modeste :

« Il est vrai, Monseigneur, l'accident est funeste, Mais Dieu, qui, de là-haut, regarde vos travaux, Peut faire encor pour vous des miracles nouveaux ; Il voit que votre cœur Tadore sans feintise.

Que vous êtes l'honneur et l'appui de l'Eglise, Et votre ambition n'aspire à plus haut lieu Que d'être serviteur des serviteurs de Dieu^... »

11 appuie ses paroles réconfortantes de quelques aphorismes d'une allure toute cornélienne :

« La fortune a toujours son flux et son reflux

Et quitte pour un temps ceux qu'elle aime le plus ; Mais, de quelque côté que sa faveur se porte, Enfin la bonne cause est toujours la plus forte. C'est delà. Monseigneur, qu'il faut tout espérer

Souvent le feu reluit, qu'il est prêt à s'éteindre;

Plus ils 2 font les mauvais et moins ils sont à craindre ;

Et leur prospérité ne m'épouvante poinl :

Souvent on les a vu tomber de plus haut point !... »

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