ÉPITAPHES ET ÉPIGRAMMES
La disparition du cardinal fut une délivrance ; les haines longtemps contraintes se déchaînèrent sans pudeur; on se vengea en en médisant et les^ vaudevilles prirent leur essor; Tun d'eux, à allure de pamphlet, lui reproche son inflexibilité, sa haine^ son envie, ses fourberies, sa cruauté, son caractère impérieux, son amour de la guerre, son orgueil, et
finit par le damner dans un couplet en forme d'épitaphe :
Ci-gît le pacifique Armand ^, De qui l'esprit juste et clément Ne fit jamais mal à personne Il n'a gardé d'être damné, S'il est vrai que Dieu lui pardonne . De même qu'il a pardonné !
Ces deux autres couplets sont plus modérés :
Armand, depuis que le trépas^ A tranché le cours de tes pas, C'est à qui blâmera ta vie.
Mais moi, qui déplore ton sort, Je dis sans haine et sans envie Que c'est assez que tu sois mort.
Le cardinal est mort, je vous l'assure 3, Ah ! le grand mal pour la race future.
Mais
La présente, je vous jure.
Ne le pleurera jamais.
La note satirique et généralement acerbe domine dans ces innombrables petites pièces; mais leur valeur littéraire ne mérite guère qu'on retienne leurs méchancetés : voici pourtant, h titre d'échantillons, deux chutes assez piquantes :
Et chacun le donnait de si bon cœur au diable. Que le diable à la fin ne le put refuser.
i . Timbre : Rochelois.