CHANSON SUR LE MARIAGE DE LOUIS XIII
On ne s'attend guère à voir le grand Malherbe composer une chanson en vers de mirliton. Le malheureux, très difficile pour lui-même et pour les autres, s'en excusait de son mieux: le temps lui avait manqué, le rythme de la chanson ne lui plaisait pas; et il avait raison de s'en excuser: Qiiandoque bonus...
Cette Anne si belle Qu*on vante si fort, Pourquoi ne vient-elle?
Vraiment elle a tort.
Son Louis soupire Après ses appas; Que veut-elle dire f De ne venir pas ?
S'il ne la possède Il s'en va périr :
Donnons-y remède, Allons la quérir^
Assemblons, Marie S Vos yeux à ses yeux :
Notre bergerie Ne vaudra que mieux !
Hâtons ce voyage :
Un siècle doré Par ce mariage Nous est assuré!
Pour comble d'infortune, le malicieux Bautru, Tentendant chanter, improvisa sur le même air un couplet de circonstance :
Ce divin Maltierbe, Cet esprit parfait, Donnons-lui de Therbe.
Ce sera bien fait.