‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 18 sur 182 · Charlotte de Montmorency · texte numérisé non relu

Charlotte de Montmorency

La grande Mademoiselle, fille de Gaston, qui était encore une enfant, dit dans ses Mémoires à propos de ce beau projet : « Mon orgueil étoit tellement blessé, que dans ma colère je chantois pour me venger toutes les chansons que je savois contre le cardinal et sa nièce. » Et il y en avait de belles; en voici deux échantillons :

La Combalet se plaint fort

De ce que l'on dit d'elle :

Et jure qu'on a grand tort Quand on l'appelle demoiselle^ :

Elle en a passé le temps, Et son oncle est trop puissant Pour la laisser pucelle.

Ou encore :

La Combalet n'est pas contrite De son dernier accouchement.

Et dit que la faute est petite Pour un si grand contentement, Jurant que le plus doux des vices Est de laisser son corps à l'abandon ; Plutôt que perdre ces délices Elle veut mourir sans par Jon !

Mais Gaston avait ailleurs d'autres engagements : il tenait à la bonne princesse lorraine qui était sa seconde femme. Ce fut la seule personne dans sa vie à laquelle il tint parole, pour la défense de qui cet être veule montra quelque énergie.

Gaston avait épousé la princesse Marguerite par

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