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Au comte François de Nion
Quand, il y a quelque six ans, je vous ai, par hasard, entretenu de mes recherches documentaires sur le xvii* siècle, le bienveillant intérêt que vous m'avez alors marqué m'a fort encouragé à les poursuivre. Je l'ai fait, et il en résulte cette étude. Je trouve donc tout naturel de vous l'offrir; et je vous prie, Monsieur, de l'accepter comme un témoignage de reconnaissance et de respectueuse estime.
Ce travail, anecdotique et sans prtHention aucune, surprendra probablement bien des lecteurs: ils seront étoîinés, coynme je le fus tout le premier, de constater combien la vie intime des personnages historiques est souvent peu en harmonie avec le rôle qu'ils ont tenu sur la scène du monde. Le masque conventionnel que ce rôle leur a imposé n'est point toujours leur vraie figure dans la vie : le bourreau Laffemas fut un très aimable homme et un excellent comique l
A Rencontre du grave historien qui néglige quelque peu Pindividu pour apprécier rœuvre,j'ai voulu mettre en relief l' individu en laissant le
reste dans la pénombre. De /a, des contrastes piquants^ choqvants petit-être pour certains. On me reprochera^ fen suis sûr^ d'être irrespectueux des conventions ; f ai taché à ne point l'être de ce que, dans ma failHhilité, fai cru la vérité.
Que si, par conséquent, il 7n arrive parfois de présenter en d'étranges postwes des hommes que je vénère autant que leurs plus fervents panégyristes, j'estime n'amoindrir en rien le tribut dad?niratio?i qui leur est justement dû. Au contraire, en montrant qu'ils furent des hommes comme nous, faibles et misérables comme nous, je crois rehausser le mérite qiCils eurent à faire de grandes et belles choses.
Je leur suis indidgent — malgré leur gloire : U7i peu de faiblesse ne messied point aux héros ; Ilerctdea filé aux pieds d'Omphale.
Soyez, je vous prie. Monsieur, iyidulgent vousmême pour votre serviteur et ami — e7i faveur de sa sincérité.