M"" Gornuel abandonne Sourdis ». {Les Contreventez
4 Jacques Le Coigneux, d'abord chancelier de Monsieur (Gaston), son ami et son conseil, le « Maître lionin » de Gondi^
charge que Ton estima plus tard la bagatelle de cinq cent mille livres. Bonne! les se faisait un peu tirer Toreille pour se marier : il était alors amoureux de M"''' de Montbazon^ qui lui coûtait fort cher; mais il fallut en passer par où voulut le cardinal. Ce Bonnelles était fort mal noté : des Réaux rappelle « le dernier des hommes », et certaines chansons infâmes de Blot et du Chevalier de Rivière — chansons qu'il est décemment impossible de reproduire — lui attribuent des mœurs abominables : elles vont jusqu'à l'accuser de bestialité! Le cardinal avait — on le voit — fort bien loti M""" de Toucy2, sa parente.
Bonnelles eut plus tard envie du cordon bleu, cette suprême et aristocratique distinction de Tancien régime; malgré son origine roturière, il * l'eut ^ : il lui suffit, pour être fait chevalier de l'ordre, d'offrir gracieusement à la régente, Anne d'Autriche, sa belle charge de président que Ton rendit à Le Coigneux. La reine se rappela peut-être aussi que BuUion, son père, lui avait rendu quelques services, malgré Richelieu ; et ce n'était pas un mince mérite, nous le verrons plus loin.
fut fait président à mortier à la suite de la Journée des Dupes.
1. Marie de Bretîigûe, seconde femme de Hercule de Rohan, duc de Montbazon.
2. Sa sœur cadette épousa, lors de la Fronde, le maréchal de La Mothe-Houdancourt.
3. A la vérité, son père, Bullion, l'avait eue; Kichelieu avait dit à Louis Xlll : « Il sera plaisant de voir ce gros homme avec le cordon bleu. > Une épitaphe de BuUion dira à ce propos :
Craignant la divine vengeance
Et que le diable ne le prit,
Il prit Ja croix du Saint-Esprit.
LES DEMOISELLES DE CAMB013T-P0NTCHATEAU ET LEUR FRÈRE LE MARQUIS DE COISLIN
Richelieu ne fut pas, non plus, très heureux dans le choix des maris qu'il imposa à ses deux cousines de Cambout-Ponlchateau, sœurs du marquis de Coislin*.
Il maria Taînée, Marie, au duc de La Valette, fils du duc d'Epernon et déjà veuf de M"** de Verneuil^, fille naturelle de Henri IV; on prétendait que le duc avait hâté sou veuvage en empoisonnant sa femme, une tôte folle, grande amie de M""*" de Ghevreuse et de la jeune reine. La cadette, Philippe, fut donnée à Puylaurens*^, Tami de Gaston d'Orléans; et, pour qu'elle ne fut point jalouse de la duchesse sa sœur, on lit Puylaurens duc et pair. Le cardinal pensait gagner ainsi cet intime confident des pensées du prince et son conseil écouté; mais le nouveau duc ne lui rendit pas les services qu'il en attendait : il trahit même la confiance du cardinal qui ne plaisantait point sur ce chapitre. Puylaurens, bel et bien emprisonné à Vincennes, y mourut comme le grand-prieur de Vendôme^, comme le maréchal d'Ornano, dans une de ces salles que M""" de Rambouillet'^ disait valoir
1. Louise du Plessis, propre tante de Riclielieu, avait épousé François de Cambout, baron de Pontchateau, dont la mère était dame de Coislin.
2. Gabrielle-Angélique de Bourbon, légitimée de France, fille de la marquise de Verneuil.
3. Antoine de Laage, sieur de Puylaurens ; il fut fait duc à la suite de la Journée des Dupes.
4. Alexandre de Bourbon, fils de Henri IV et Gabrielle d'Estrées.