Charles d'Albert , seigneur de Luynes
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l)lcil)le : h^jriinc^ lj)uisXllI,tenusyslcmatiqucmenl h IVcart des aiïairos par sa more extrômemeiï^ jalouse du pouvoir, ignorait sûrement le mérita* de ses anciens ministres; et la version de Toussain* Le. Grain, mauvais historien de Tépoque^ — foi** peu connu, nous verrons pourquoi, — nous paraît infiniment plus probable. D'après lui, le matin môme de l'assassinat du maréchal (24- avril 1617 )r le roi, dans la galerie du Louvre, aurait accueilli l'évoque avec ces aimables paroles : « Me voilii délivré de votre tyrannie, monsieur de Luçon ! » Le soin que prit plus tard le tout-puissant ministre de faire rechercher l'ouvrage de Le Grain, pour le détruire et supprimer ainsi ce déplaisant souvenir, semble justifier l'anecdote.
Ce Luynes qui entrait brusquement en scène et allait, sans nulle gloire d'ailleurs, tenir en France le premier rang, était un fort mince personnage ; des bruits fâcheux couraient môme sur les origines de sa famille. Son père, le capitaine Luynes, bon soldat et homme d'action, honnête sans doute,, n'avait point songé à s'enrichir : il laissa ses trois fils dans la misère. Heureusement M. deContades. son ami, recommanda Charles, l'aîné, au comte du Lude qui le fit admettre par M. de Bellegarde comme page de la chambre du roi. Luynes était bon fauconnier et ce talent lui attira les bonnes gn\ces, puis la vive amitié dujeune Louis XIII.
Concini ne s'en émut pas d'abord : ce pauvre
d. Le titre de son ouvrage est : Décade de Louis XJir,
hère sans appui, sans alliances, sans surface, ne donnait pas d'ombrage au soupçonneux maréchal ; mais quand Taffection du roi valut à Luynes unt* petite cour, Concini commença à le craindre. Le voyant un jour arriver au Louvre avec une suite de quelquesgentilshommes : « Voilà, dit-il, un bel oiseau à qui je couperai la queue! » en quoi il eut tort; car Luynes le prévint et poussa le roi ti s'en défaire comme on sait.
Après l'assassinat du maréchal, il en eutTénorme confiscation : le marquisat d'Ancre, Lesigny, etc.; il rehaussa sa nobilité douteuse en épousant la charmante Marie de Rohan-Monlbazon' ; fit ériger en duché-pairie la belle terre de Maillé au titre de Luynes; en6n, il pourvut ses frères :
Cadenet^, le cadet, se maria à la fille du vidame d'Amiens, quoi qu'elle fut déjà fiancée au duc de Fronsac; on le fit duc de Chaulnes et plus tard maréchal de France;
Branles^, le troisième, devint le gendre du duc de Tingry et par là duc de Luxembourg-Piney.
Les trois frères furent en outre promus chevaliers de Tordre et un noël, naïf mais méchant, ne les épargna pas :
Or nous dites, Marie ^ Avez-vous le cœur net De voir ainsi de Luynes Branles et Cadenet ?