François Le Metel de Boisrobert
2. L'aîné des Richelieu, Henri, fut lue en duel pendant que Richelieu était encore évêque de Luçon.
attendit. Los États généraux de 1614, on le sait» le mirent en évidence.
I)éj)uté pour le clergé du Poitou, le jeune évèquc parle, se fait justement remarquer, il ne boud® pas à la besogne, il a mftme Fhonneur de prononcer la harangue de clôture que Ton trouVBadmirable : « on ne s*y connaissait guère alors »» écrit un contemporain (février 1615)*.
Le voilà en vedette ; ses amis Barbin et Claud^ Houthilier interviennent alors. Claude le présent^ h la reine mère dont il ne tarde pas à devenir 1^ conseil écouté; et le maréchal d'Ancre, sur IB recommandation de Ikrbin, fait de lui un secré^ taire d*Ktat (novembre 1616).
Si donc révt^que de Luçon, le futur cardinal de Hichelieu, fut appelé aux affaires il le dut aux bons offices de son vieil ami Barbin, qui avait a Melun une maison, un beau jardin et Thumeur fort accueillante.
Une fois dans la place, M. de Luçon se pousse lui-môme; il gagne rapidement les bonnes grâces de la reine et de son favori; il débute par leur insuffler un peu de cette énergie aggressive qui caractérisera son gouvernement ; et les fait répondre aux exigences toujours nouvelles, toujours croissantes de Tinsatiable Henri II de Condé, en Temprisonnant à Vincennes.
C'est à cette détention que la France doit la
i. n était emphatique et payait un large tribut à la grandiloquence vide, alors fort à la mode.
LES PROTECTEUnS DE RICI1EL1£U 7
naissance du grand Condé. Le prince Henri, père du héros, avait toujours vécu en fort mauvais termes avec sa femme, Texquise Charlotte de Montmorency; il n'en avait pas d enfant. M"' la prin- <îesse demanda, par convenance, à partager la prison de son mari; la captivité les rapprocha. Un jour le couple princier manqua d'i^tre étouffé par la fumée d'une cheminée et Ton eut la surprise d'apprendre que la princesse, à la suite de cet accident, s'était délivrée avant terme de deux jumeaux. La glace était rompue et une nouvelle grossesse fut plus heureuse : la belle M™* de Longuevilie * devait ainsi naître dans une prison. Le grand Condé fut leur second enfant*.
Malheureusement pour Richelieu, Tassassinat du maréchal d'Ancre parut, peu après, devoir compromettre sa fortune politique. Luynes^, le favori du roi, remplaça, comme on sait, Concini favori delà reine et n'eut garde de conserver pour collaborateurs les créatures ou les amis de sa victime.
Dans les Mémoires^ qu'il a écrit plus tard pour le Cardinal et par son ordre ^ Déageant de Saint-Martin affirme qu'une exception fut faite en faveur de << M. de Luçondont leroy connoissoitle mérite » ; il ajoute, à la vérité, « que les dégoûts que lui « causèrent ses nouveaux collègues du ministère « le décidèrent à en sortir ». C'est peu vraisem-
1. Anne-Geneviève de Bourbon-Condé ou M"* de Bourbon, seconde femme de Henri II d'Orléans, duc de Longueville.
2. Louis de Bourbon Condé, d'abord duc d'Enghien, puis prince de Condé à la mort de son père.