Auteur de la chanson des Petits Brissacs
philosophe Marin Curcau de La Chambre. L abbé quitta le monde pour entrer à TOratoire ; Esprit fut congédié lorsque M"' de Coislin se remaria à M. de Laval Boisdauphin : on Tavait accusé, à tort, d'avoir priHé la main à cette union fort mal vue du chancelier; mais La Chambre fit toujours partie de sa maison, car le chancelier fort coureur, malgré sa dévotion, et peu délicat, avait souvent de ces petites maladies qui exigent des soins discrets. Il resta toute sa vie « garçailler », suivant la pittoresque expression de des Réaux et une de ses belles équipées lui valut le surnom de « Pierrot * ». La petite demoiselle, qu'on lui avait procurée, le reconnut: La voilà bien flattée. Elle lui donne du Monseigneur par ci, du Monseigneur par là, du Monseigneur enfin quand vraiment le Monseigneur n'était plus de saison ; si bien qu'impatienté: « Appelle-moi donc Pierrot! » dit le bonhomme. On le sut : on rit ; le surnom resta.
L'anecdote était courante : M'"*' de Sévigné ellemême, fatiguée des formules par trop cérémonieuses qu'emploie vis-à-vis d'elle sa fille bien aimée, ne lui écrit-elle pas un jour : « Mais appelez-moi Pierrot 2! » et le grave Arnauld d'Andilly, ami de Fouquet, traitait Séguier de « Pierrot métamorphosé en Tartufe » au cours du procès retentissant que l'on faisait à son malheureux ami. Pour faire sa cour à Louis XIV et à Colbert, le chancelier, qui présidait la chambre de justice, con-