U mourut en
pensions sur le sceau, pensions que le public payait du reste ; il fut même un jour assez libéral pour le comédien Jodelet * Texcellent et spirituel comique de la troupe du Marais : Ayant trouvé ce « fariné » fort plaisant, il lui fit dire de passer le lendemain à l'hôtel Séguier. Jodelet arrive; un valet le reçoit: « J'ai parlé pour vous à Monsieur », dit-il, « il a dessein de vous donner cent pistoles; vous n'oublierez pas vos bons amis ». Jodelet lui promet le quart de sa gratification ; mais survinrent successivement trois autres valets ; chacun, avait parlé pour lui à « Monsieur » ; et à chacun il dut promettre le quart de ce qu'il recevrait ; le dieu « pot dç vin » était en honneur dans l'entourage du chancelier, et son domestique, un vrai ramassis de fripons. Jodelet est enfin introduit : « Que voulez-vous que je vous donne? » demande le Chancelier tout aimable : « Cent coups de bâton, Monseigneur, à distribuer à vos quatre valets de chambre ! » Surprise bien naturelle de Séguier, explications et rires. Le chancelier gronda fort les valets, qui n'en continuèrent pas moins à piller les malheureux solliciteurs : mais Jodelet ne leur laissa pas une maille.
Avant de donner l'hospitalité à l'Académie, Séguier avait hébergé trois académiciens: notre vieille connaissance l'abbé deCerizy^ ; le biterrois Jacques Esprit, — seigneur de la terre dont il portait le nom, disait Bassompierre, — et le médecin
i. Julien Lespy, dit Jodelet.