LE CARDINAL DE LA VALETTE
11 est cependant un de ses amis que Richelieu traita toujours avec la plus grande déférence. Le cardinal de La Valette ^ était, il est vrai, prince de TEglise comme lui, et Richelieu exigea toujours — et rigoureusement — que l'on rendît aux prélats les honneurs qui leur étaient dus : il voulut obliger le duc d'Enghien 2, son neveu par alliance, qui n'était pas encore devenu le grand Condé, à céder le pas au cardinal Mazarin, un bien mince personnage pourtant quand il étaitarrivé en Franc^; il voulut encore obliger ce même neveu à faire le voyage de Paris à Marseille — et ce n'était point une bagatelle, en ce temps-lk — pour s'excuser auprès du cardinal de Lyon, son oncle 2, de n'être pas allé lui rendre ses devoirs en passant dans cette ville ! Condé préféra s'exiler quelques mois en Bourgogne dans le gouvernement de son père. Entre temps, Richelieu mourut.
C'est à la journée des Dupes ^ que Richelieu put apprécier le cardinal et reconnaître la sincérité de son attachement. Ce jour-là, La Valette lui « remit le cœur au ventre » et le sauva en l'obligeant à aller retrouver le roi, à avoir avec Louis XIll l'entretien décisif, qui termina la lutte à son avan-
1. Louis-Charles de Nogaret, cardinal de La Valette, frère du duc de La Valette et second fils du duc d'Epernon.