‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 58 sur 182 · Antoine d'Aumont, comte de Nolay · texte numérisé non relu

Antoine d'Aumont, comte de Nolay

son barbier lui retroussait la moustache et les lèvres tout ensemble. Cela ne l'empêcha point d'être aimé d'une des plus aimables femmes du temps, M™* la Princesse *. 11 était galant, courtois, généreux et magnifique : il donna un jour à M"" de Bourbon, fille de la princesse, une poupée qui, avec sa chambre et son trousseau, coûtait deux mille écus. Ces belles qualités atténuaient sa laideur.

Charlotte de Montmorency avait été mariée à M. le Prince par Henri IV qui Taimait passionnément et fit pour elle de vraies folies. Il la sacrifiait à un triste personnage et le savait, mais il espérait que, dégoûtée de son mari, elle serait moins cruelle: il n'en fut rien; de plus, le mari jaloux s'exila avec la belle, par précaution. Ce n'est point qu'il aimât sa femme : le prince n'aimait point les femmes, ayant, disait-on, d'autres goûts; et l'on ajoute que cette aversion venait d'une petite mésaventure dont il avait pàti tout enfant : Henri IV avait donné pour précepteur à cet héritier présomptif de la couronne le plus honnête homme qui lui parût digne de cet emploi : c'était M. de Pisani, un Vivonne *, père de la future marquise de Rambouillet ; la petite Catherine de Vivonne- Pisani et le jeune prince étaient pour ainsi dire

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