‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 61 sur 182 · MADAME PILOU · texte numérisé non relu

MADAME PILOU

Puisque nous avons trouvé sur notre chemin M"* Pilou, disons quelques mots de cette laide, mais excellente et très respectable personne; aussi bien le cardinal l'avait en singulière estime. Anne Baudesson, veuve du procureur Jean Pilou, VArricidie du roman de Clélie-^ n'est guère connue que par deux passages de Sauvai, une très amusante historiette de des Réaux et les chansonniers manuscrits; encore sa notoriété ne lui survécut-elle guère, car déjà les copistes du xvii^ siècle dénaturent son nom, l'appellent dans leur fantaisie Pilois, Pilieu, Pelou,etc., etc. Cette simple bourgeoise était bien accueillie et même recherchée de la meilleure société. Richelieu la fit venir plusieurs fois pour se distraire en jasant avec elle ; mais il ne put jamais parvenir à lui faire dire du mal de ses amis. Plus tard, la reine Anne d'Autriche ne dédaigna pas de l'admettre parfois à son cercle : l'ayant su malade, elle lui envoya Vallot, son médecin ; et le jeune Louis XIV, revenant de la chasse, faisait prendre des nouvelles de la pauvre

1. L'hôpital Saint-Louis avait été fondé par Henri IV, spécialement pour les pestiférés.

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