Guillaume Bautru, comte de Serran
LES PROTECTECRS DE RICHELIEU il
SOS services à Luynes et accepté le rôle d'espion auprès de Marie de Médicis. D'autre part la conduite de M. de Luçon n'ayant pas été très nette *près l'assassinat de Concini, il fallait, pour qu'il pût bien remplir ce nouveau rôle, qu'il reconquît lacoûfiance de la reine; etTexil à Avignon devait, aux yeux de celle-ci, le poser en victime.
Plusieurs indices nous permettent de croire que cetexil n'était en effet qu'une feinte: M. d'Alincourt* gouverneur de Lyon, ayant trouvé mauvais que lévèquefut sorti des limites de la résidence qui lui était imposée, M. de Lu(;on lui aurait, dit-on, montré une lettre du roi qui lui laissait pleine et entière liberté. Quand M. d'Epernon prit le parti delà reine, la mena de Blois à Angoulôme et commença cette guerre pour rire que termina la drolatique échauffourrée des Pont-de-Cé, M. de Luçon put aller retrouver Marie de Médicis sans encombre. 11 était môme temps qu'il arrivât pour évincer l'abbé de Rucellai qui l'avait remplacé dans la faveur de la reine. Enfin Luynes l'accepta tout de suite comme intermédiaire entre elle et 'e roi; il s'allia môme avec lui en mariant M. de
*• Charles de Neufville, marquis d'Alincourt, père du maréchal ^fi.VUleroy. C'était un vrai tyran; les bourgeois de Lyon s'appert, je ne sais pourquoi, Penons, on l'avait surnommé roi des Pcnons, surnom que l'on donna aussi au maréchal de ViUeroy :
Le roy des Penona Avec deux canons A pris Pignerolles {sic).
Sa femme à Lyon...
*^*it, si Ton croit cet honnête couplet, pris tout autre chose. Voir dans des Réaux la plaisante scène que lui fait M. de Saissac ou M. de Vandy.
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flombalet ', son parent, à la nièce" de l'évèquc- A toutes ces négociations Richelieu gagna, on 1(» sait, la pourpre cardinalice et fonda sur celt^ solide assise, sa fortune politique.
A propos de la mort de Concini, les mémoire^" attribués par Barrière à Urienne (/f'/îA) soulèvea' une question assez piquante. D'après lui, M. d^ Lu(:on aurait laissé assassiner le maréchal, sof> bienfaiteur. Il eilt pu — mais il s'abstint — 1^ prévenir du complot, complot dont Luynes fu*' l'âme, dont Vitry '*, du llallier son frère^ etquelques comparses moins en vue furent le^exécuteurs. L'accusation de Brienne est formelle, précise, détaillée ; il cite ses auteurs : c'est Gomberville •', qui fut secrétaire du roi, Tun des premiers académiciens et mourut fervent janséniste ; c'est Loménie de Brienne ^\ son père, qui resta longtemps ministre et se trouvait comme tel en bonne posture pour être renseigné ; celui-ci donnait même à entendre que l'abstention du futur cardinal fut intentionnelle. Voici les faits au dire de Brienne :
L'évoque de Luçon fut, la nuit qui précéda l'assassinat, réveillé par Jérémie Ferrier, qui lui remit un billet l'informant du complot. Richelieu