‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 88 sur 182 · Julie-Lucine d'Angennes · texte numérisé non relu

Julie-Lucine d'Angennes

Ion ; et celle-ci intercéda auprès de son oncle. Non seulement Richelieu rendit ces lettres, mais la princesse ne fut nullement inquiétée.

Cette intrigue, connue du public, ne Tempècha pas de se marier quatre ans après à Vladislas, roi de Pologne. Dans le temps, Vladislas avait déjà voulu Tépouser, la raison d'Etat s*y était alors opposée; devenu veuf, il pensa à ses premières amours et fut agréé, bien qu'il fût vieux, obèse, impuissant et, malgré cela, assez gaillard : une couronne de reine vaut bien quelques petits sacrifices ; mais la chanson ne perdit point ses droits :

C'est la princesse Louise, Qui va coucher sans chemise Dans les inutiles bras D'un monarque à barbe grise, Dont le lit n'a point de draps!

C'est sa trop maligne étoile Qui la mène à pleine voile Vers un pays de glaçons, Où n'est même point de toile Pour lui faire des chaussons.

Elle s'en va celte reine ; Mais on dit qu'elle est en peine Et qu'on Tenlend soupirer En songeant à la bedaine Du roi qui doit Tépouser I

Le roi Vladislas l'envoya demander par une ambassade de seigneurs polonais dont le luxe barbare et la grossièreté étonnèrent Paris; ils ne furent pas moins surpris eux-mêmes de la ladrerie

de Mazarin et du dénuement où il laissait les enfants royaux. Anne d'Autriche fit bien les choses d'ailleurs : elle la dota comme une fille de France, la maria en grande pompe et lui servit de mère. Le vieux roi ne dura guère*; devenue veuve trois ans après, Louise-Marie resta reine en épousant son beau-frère, Jean-Casimir, qu'élurent les Polonais. Cet étrange et dévot personnage, qui avait été cardinal, ne conserva pas la couronne; il abdiqua et revint tranquillement mourir à Paris abbé de Saint-Germain-des-Prés.

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