Elle remontait à la bataille de Ta vie
ourdit alors le fameux complot où il devait laisser la vie.
La princesse et sa sœur Anne étaient au courant de ses menées. M. de Thou n'était pas plus coupable qu'elles, et de Thou, on le sait, ne fut décapité que pour avoir eu connaissance du complot et n'avoir point voulu trahir son jeune ami.
Cinq-Mars se moquait du cardinal avec les deux princesses, « il le contrefaisait d'une manière plaisante dans ses rendez- vous avec Marion de L'Orm e » ; mais il ne s'en tint pas là : ce jeune conspirateur de vingt-deux ans traita hardiment avec l'Espagne, comme avait fait Chalais avantlui, et « le cardinal trembla pour sa place et môme pour sa vie ».
Le complot était connu du public bien avant que le cardinal n'eût en mains l'arme terrible dont il le terrassa. La princesse effrayée recommandait la prudence; mais Cinq-Mars était aveuglé, et, presque en même temps que la nouvelle de son arrestation, Louise-Marie recevait de lui la lettre la plus rassurante, la dernière : « Ne soyez point inquiète, ma chère princesse, le roi et l'armée sont pour moi; mon ennemi m'a cédé le terrain. » Le cardinal, en effet, malade et peu rassuré, avait quitté le roi, il faisait route pour la Provence où il comptait trouver asile près du comte d'Alais qu'il avait fait gouverneur de cette province.
Affolée en pensant à sa dangereuse correspondance avec Cinq-Mars, la princesse courut trouver M"* de Rambouillet \ l'amie intime de M°"d'Aiguil-