‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 94 sur 182 · Timbre : Le colonel de Melfe ou Bibi tout est frelore · texte numérisé non relu

Timbre : Le colonel de Melfe ou Bibi tout est frelore

Le maréchal de La Ferté Saint-Nectaire * avait été son amant déclaré ; pour elle, il se battit en duel avec de Rouville et voulut emmener la belle en Lorraine ; il lui promettait pour cela monts et merveilles; quoique fort gênée en ce temps, elle craignit sa jalousie et sa brutalité. Elle semble aussi avoir été en butte aux persécutions de La Meilleraye, et les dut probablement à la fureur du grand maître contre sa sœur de Maugeron qui Tavait éconduit, nous l'avons vu; il chassa Maugeron de TArsenal oîi il avait Temploi de trésorier deTartillerieet « depuis il a nuy à toute la famille en toute chose ». La Meilleraye était d'autant plus en colère, qu'on accusait la dame de n'être point cruelle au duc de Retz. Gommeson frère de Gondi, le duc Jacques était enclin à la galanterie, mais son physique le desservait; on l'en raillait:

Monsieur le duc de Retz, votre galanterie^ Est une raillerie.

Laid et plein de défauts.

Vous êtes l'antipode Du plaisant et du beau.

Il riait lui-même de sa laideur ; un jour, quelques belles dames, dont M"" de Longueville et de Châtillon, ne le voulurent pas dans leur carrosse : « Pardieu, Mesdames », dit-il, « vous me faites plus d'honneur qu'il n'appartient; je croyais être le moins dangereux des hommes ! »

1. Henri de La Ferté Saint-Nectaire, maréchal de France, fils de Senneterre.

Page 1