‹ Le grand vaincu [microforme]Chapitre 18 sur 85 · LE BLOCUS · texte numérisé non relu

LE BLOCUS

Quatre jours après la fuite du blessé virginien, Esoldat qui était en faction sur la plate-forme du ockhaus signala une troupe nombreuse qui venait sud et semblait marcher vers le fort.

Léveillé s’élança aussitôt au sommet de la tour, 1 fixant ses regards perçants dans la direction que | à indiquait le soldat: |A « Ce sont eux! s’écria-t-il aussitôt. Je reconnais s uniformes rouges !... » | C'étaient eux en effet. | U En tête de la troupe marchaient le commandant | U itb et Jackson le Virginien. |A ACelui-ci n’avait pas eu de peine à décider le major | glais à revenir sur ses pas.

Ces aventuriers anglo-américains qui envahisent le Canada se souciaient assez peu des lois l'honneur. Le commandant Smith avait capié parce qu’il se sentait hors d'état de lutter

contre l'ennemi qui l'avait si audacieusement 4

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ne . ET 00 Lorsqu Ê alte HIT Goc «

il n'était pas revenu immédiatement sur ses tres dr

pas après l’explosion de la poudrière, c'est qu'il Saint-I

craignait que cette petite troupe française qui s'é- "Mec atter tait emparée du fort ne füt l’avant-garde d’uncQue leur

armée plus considérable. Il ne pouvait supposer dYaient qu qu'une poignée d'hommes se fût aventurée si loin # On voy: pour tenter un tel coup d’audace, La troupe

Néanmoins, le commandant Smith ne s’éloignai d'hommes qu'à regret, et sa marche rétrograde était si lent egmptait que Jackson put, comme on l’a vu, le rejoindre en moins de deux jours.

Lorsqu'il sut en quel triste état se trouvaient | fort et ses défenseurs, lorsque surtout il reçut l'as surance que cette poignée d’aventuriers n'avaient @@hvoi de

aucun secours à attendre de M. de Montcalm, | posait . e. » . « re FA major anglais n’hésita pas un instant à prendre « €hévaux.

revanche. Le majoi Il était maintenant le plus nombreux et le mieu détâcheme armé, il voulut écraser à son tour son ennem affaibli. | Rien ne lui semblait plus logique et plus n# lurel.

= L'annonce de l’arrivée inopinée des Anglais ava d’abord causé une vive émotion dans la petite 0 nison chargée de défendre le fort.

troupe e] Mandis q Miinelles :

nse détot

Mais le sang-froid de Saint-Preux en face de ciment ho nouveau danger, les paroles confiantes qu’il adres#lrd, près à ses soldats en leur rappelant la façon hardie doses cava

ils s'étaient emparés du blockhaus, eurent bien raffermi leur courage. |

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ment Les Anglais marchaient ca colonne serrée, 0 Lorsqu' ‘ils furent arrivés à trois ou quatre cents uw Ses Mhôtres du fort, ils firent halte.

QUI Saint-Preux, qui observait leurs mouvements

ai S’é- Myec attention, remarqua alors, non sans surprise, d’uneque leur nombre s'était augmenté depuis qu'ils

pposer. “&yaient quitté le fort.

si loin On voyait parmi eux une vingtaine de cavaliers. La troupe, qui n'était forte que d’une centaine ignait d'hommes au moment de la reddition du blockhaus, i lent: comptait maintenant environ cent cinquante soldre en dats.

En cffet, par un hasard heureux, dès le second ent l "jet r de sa marche en arrière, la garnison anglaise ait rencontré un détachement qui escortait un

ut l’a 4 avaicn-@@hvoi de vivres destiné au fort Édouard et qui se im, 1° @@mposait d’une cinquantaine d'hommes et de vingt dre s €liévaux.

Le major Smith avait aussitôt donné l’ordre à ce > mieu: Ass de se joindre à lui et de prendre, avec nnem. Îles fourgons de vivres qu’il conduisait, la direction

We fort nd

Arrivé devant la position, le chef anglais divisa

iroupe en deux sections.

Mandis que l’une dressait ses tentes et posait ses |

Miinelles au sud du fort, l'autre, faisant un imnse détour, tout en ayant soin de se tenir cons-

ment hors de portée de fusil, allait camper au

rd, près de la lisière de la forêt.

es cavaliers gardaient l'intervalle des deux

ps, observaient le fort et se tenaient prêts à

venir toute surprise de la g garnison française

je doi bienti

Une fois ces dispositions prises, l'ennemi ne fit plus aucun mouvement; il semblait attendre patiemment un résultat inévitable.

En constatant cette inertie des Anglais, Saint- Preux fronça le sourcil avec inquiétude. #

Il ne redoutait ni une attaque ni une surprise, M car il comptait sur le courage et la vigilance de ses hommes pour repousser l’une et prévenir l'autre.

Mais, d’après la manière dont il avait disposé sa troupe, il était évident que le commandant anglais ne méditait pas une attaque de vive force.

C'était un homme prudent, comme l'avait dit le chasseur de bisons, et il ne voulait pas risquer inutilement la vie de ses soldats. Il comptait qu’un À puissant auxiliaire allait bientôt lui venir en aide etréduire promptement les défenseurs du blockhaus, M Tranquillement, l’arme au pied, il attendait quel

M. de À de venir Devait armée ?

Certes ordres à deux tro avec quel [l'aura mais il !

Tontcalm Il n’ave ce parti Il réun « Mes \vons r'ect usqu'à nc e vous pr

la famine eût fait son œuvre. s’il reste q C'était elle qui devait lui rendre le fort Sainte-h d'échapper

Anne, ct, si les rapports de Jackson étaient exacts, le moment n’était pas éloigné où les Français exté- M nués, mourant de faim, allaient lui envoyer uni parlementaire et lui proposer de capituler. | Lorsqu'il eut compris l'intention des Anglais eth qu'il eut vu les dispositions prises pour le bloquer k étroitement, Saint-Preux se demanda avec angoisse à quel était le parti auquel il devait s’arrêter. Il ne fallait pas compter sur le secours de M. de

Palm que I ur devoi Les sold ane plaintd Ils reto né, et, l’a ndirent.

Deux lon Vers la

Montcalm. Le retour imprévu des Anglais renversait les espérances qu'il avait pu concevoir de « côté. Il n'avait plus de vivres que pour trois iours;

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M. de Montcalm n'avait évidemment pas le temps de venir à son aide,

Devait-il essayer de se frayer un passage à main armée ?

Certes, les quarante braves qu’il avait sous ses ordres auraient eu facilement raison de l’une des deux troupes anglaises; une sortie faite la nuit, avec quelque vigueur, pouvait réussir.

Il aurait ainsi sauvé quelques-uns de ses soldats ;

“mais il fallait alors abandonner le fort, et M. de Montcalm lui avait ordonné d'y tenir à outrance.

Il n'avait donc qu'un seul parti à prendre, et c’est ce parti qu'il s'arrêta froidement, résolument.

Il réunit ses soldats, et leur dit :

« Mes amis, nous sommes perdus; mais nous vons reçu l’ordre de rester iei et nous y resterons usqu’à notre dernière bouchée de pain... Ensuite e vous préviens que Je ferai sauter le blockhaus, et, ’il reste quelques vivants parmi nous, ils tâcheront ’échapper aux Anglais et iront dire à M. de Montalm que les défenseurs du fort Sainte-Anne ont fait eur devoir. »

Les soldats accueillirent sans un murmure, sans ane plainte, cette froide et terrible décision,

Ils retournèrent au poste qui leur avait été assiné, et, l’arme au pied, comme les Anglais, ils atndirent.

Deux longs jours se passèrent.

Vers la fin de la deuxième journée, Saint-Preux ppela Léveillé.

« Combien as-tu encore de vivres? » lui deanda-t-il.

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