‹ Le grand-vicaire Raymond et le libéralisme-catholique [microforme]Chapitre 3 sur 6 · LE CX · texte numérisé non relu

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- pays Où il n'existe pas, et où il n'est réclamé par per- “ sonne. Mais là où il existe, où il à été une fois inscrit “ dans les lois, gardons-nous de l'en effacer, car il y de- + vient la sauvegarde de la foi et le boulevard de l’'E- * glise.”

Ainsi, selon M. de RS la liberté politique non absolue muie relative, c'est-à-dire la liberté de conscience, une fois inscrite dans les lois, ne doit pas être effacée ; elle est la sauvegarde de la foi et le boulevard de lEglise, et c'est en cela que consiste le libéralisme catholique. M. Raymond ne pense pas autrement. S'il se permet «d’attenuer Montalembert en le citant, s'il retranche, sans l'indiquer, quelque expression, comme on pourra s’en convaincre en copfrontant la citation qu'il a faite des paroles de Montulembert et que nous avons rapportée au commencement de notre travail avec celles que nous venons de mettre sous les yeux du lecteur, s'ilse permet ces petites licences, il ne laisse cependant pas de purtager toutes les opinions libérales de son grand catholique, «le son homme à la foi éclairée et au courage indomptable.

En effet, M. Raymond dans son travail de l'Eglise et de l'Etat, expliquant l'Encyclique et le Syllabus, parle de la liberté sur le même ton que nous venons de recueillir de la trompette retentissante catholico-libérale. ‘ Des

‘ Intérêts catholiques au 19e siècle.” Mais lisons plutôt et confrontons M. Raymond avec M. de Montalembert.

M. DE MoNTALEMBERT* | Moxsreur RaAvMoxp.

“ Faut-il maintenant que je nr'explique! ‘ Voici commentse résume notre doctrine

‘ sur ce que j'entends par liberté ? En |‘sui ce point; Considérée au point de ‘‘ core une fois, je n’entends professer ici‘ vue absoln, la liberté des cultes est un ‘* aucune théorie absolue, univer se lle, ex |" mal, (C'est nous qui soulignons) ‘* par- * clusivement à tous Les siécles et à tous lexl* ce qu’elle favorise l’erreur et cause la perpeuples. Je prétends seulement, que chez|* te des À âmes ; elle doit être condamnée si

« 1 plupart se peuples chrétiens, et das!‘ elle est posée comme un principe abstrait,

: P'état actuel du monte, la liberté est in | * réclamée comme un droit naturel à l'hom-

& : bien un bien relatif, nou absolu. ; lime. Aujourd’hui, comme autrefois, il A liberté définie et limitée comme j'ai es |‘ serait à désirer que la société ne reconnût jr de le faire, est une arme pour le!‘ que la seule religion véritable. Mais commal, grâce à la chute originelle de l’hom |* me l’ éfat des esprits ne pernret pas qu'on “me, mais elle est aussi une force four 4° touche à la liberté des cultes en certains “* bien, grâce à ce qui reste d'intelligence e |‘ Etats sans détriment pour la société et ‘et de vertu dans l’homme racheté par ie| * pour l'Eglise eme ilest permis de ‘sang d’un Dieu." (/wtérêts catholique" la tolérer, de la défendre et d'en jurer au 19e siècle, pag. 70 et 74.) ‘ l'observation dans les constitutions gz£ex l font une loi fondamentale, et cela en * vertu du principe que la tolérance d’un or - ‘ dre de choses ou # sal est à craindre ‘sous un rapport est permise si elle est #»

* bien relativement à un ordre de choses op- ‘ posé. (Aevue Canadienne, année 1866.)

Est-il suffisamment établi que le symbole de M. Ray mond est, bel et bien, le symbole catholique-libéral de M. de Montalembert, et de Mgr. Dupanloup ? Nous le croyons. Est-il suffisamment établi que si tous ces iliustres libéraux condamnent la liberté des cultes comme principe abso'u, abstrait, tous ladmettent comme un principe re/a/if, comme wn fait ? Nous le croyons. Et maintenantsuffit.il pour qu'une société soit catholique, pour qu’elle honore Marie, qu'elle rejette le #réncipe ahsolu de la liberté des cultes ? Est-elle catholique, cette société, lorsqu'elle adhère aux principes libéraux de M. de Montalembert, de Mgr. Dupanloup et de M. le grand Vicuire Raymond ? En d'autres tor mes, est-ce honorer Marie et faire une œuvre de bien que de ne rejeter le principe absolu de la liberté des cultes, que pour proc lamer le libéralisme

‘atholique ? Laissons la réponse à Pie IX.

‘6 Le hbéralisne catholique à fait plus de na! à la France, ‘# que la Révolution etla Commune, avec ses hommes échappés dde l'enfer. ”

Pendant que M. Raymond se livre à la méditation séricuse de cette parole du très-saint Père, continuons notre marche.

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Pie IX dans le Syllabus et dans l'Encyclique do 1864 condamne /a liberté de conscience, la liberts des cultes, la liberté de la parole :t la ftberté de la presse I ne dit pas : je condamne ces libertés comme principe absolu, ni comme principe relatif ; ne dit pas plus qu'il les condimne comme droit, que comme fuit; i dit simplement : je les condamne. Si Pie IX eut approuvé ces libertés comme principe relatif, ne semble-t-1l pas qu'il eñt dû en faire la distinction, et avertir que ces anathèmes n'atteignaiont ces libertés que du moment qu’elles s’affirmaient comme principe absolu et abstrait ? Sans aucun doute. Parlant, pour l’éclairer, à une société partagée entre le principe absolu et le principe relatif de ces libertés, Pie IX ne pouvait et ne devait pas laisser les esprits dans le cercle vicieux d'un enseignement équivoque. Il savait bien, lui, ie grand et vénéré Pontife, ce que sa parole allait soulever de tempêtes au sein d’un monde profondément libéral ; il devinait d'avance les récriminations que ses

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condamnations soulèveraient de toutes parts, il entendait le sourd grondement des passions gouvernementales poli. tiques s'eflorçant de comprimer, d’étouffer sa parole infaillibie; enfin il n'ignorait pas que partout où, de #ror/ où de ui/, d'une manière a/so/ue Où relative, les libertés qu'il stigmatisuit étaient debout, on se croirait atteint et condamné. Ne devait-il pas alors s'expliquer et dire clairement : C’est lu liberté des cultes, en tant que #rircipe abso/n et non en tant que #rincipe relatif que je flétris et anathématise ? Oui, le St. Père, devait à la tranquillité des esprits, à la paix religieuse, politique et sociale de faire cette distinction importante, si elle était dans son esprit. Or,il n’en a rien fait. Que M. Raymond nous explique ce fuit ?

Cette explication, M. Le Grand Vicaire ne la donnera jamais dans un sens favorable à ses prétentions libérales- ‘atholiques. En vain, dira-t-il, que cette distinction a été établie par Mgr. Dupanloup dans son livre sur l'Encyclique et que Pie IX s’est déclaré satisfait, nous ré pondrons que d’autres ont prouvé que cette distinction n’existait pas, et que Pie IX s’est déclaré plus que satisfait. En vain dira-t-il, avec son illustre ami l’Evêque d’Orléans, que dès son avénement au trône pontifical, Pie TX «a voulu se réconcilier avec la liberté, nous répondrens que Pie IX n’a jamais voulu qu’une chose, savoir: non se réconcilier avec la liberté; mais réconcilier la liberté avec l'Eglise, ce qui est fort différent. En vain, dira-t-il, encore avec son illustre ami Dupanloup: ‘que Pie IX ‘ a donné le marbre pour la statue de Washington et en- “ voyé des aumônes aux protestants inondés des Pays- « Bas, aux schismatiques. ruinés par le tremblement de « terre de Corinthe, ”’ nous répondrons que secourir le malheureux et rendre hommage au mérite d’un homme, n'est pas reconnaître /a liberté es cultes. En vain, diravil, comme il l’a fait dans son travail de / Æglise et de l'Etat que: “ comme l'Etat des esprits ne permet pas qu'on louche à la LIBERTE DES CULTES ez certains Etats sans détriment pour da société et pour l'Eglise elle-même, il est permis de la tolérer, de la défendre et w'en jurer l'observation dans les constitutions qui en font une loi fondamentale : ? nous répondrons par les deux propositions suivantes que le Syllabus met au rang des erreurs venues de l'enfer :

& LXXVIT 4 notre époque, il n'est plus utile que la reli- « gion catholique soit considérée comme l'unique religion de l'Etat à l'exclusion de tous les autres cultes.

tt »() ——.

6 CXXVIII, Aussi c'est ave raison que dans gaelmues ‘ pays catholiques de nom, la où x pourvu à ce que les étran- “ gers qui viennent s'y établir, v jouissent chacun de l'ixercice ‘€ public de leur culte particulier," En vain, dira-t-ii qu’en Canada nous sommes forcément obligés à /o/érer lu liber té des cultes, que c'est mème à cette liberté que nous devons nos franchises catholiques: nous répondrons qu'il ÿ a une énorme différence entre /o/érer et défendre un abus ; nous répondrons que les catholiques peuvent bien dire : notre église est tibre puisqu'il y a liberté des cul tes, mais qu'ils ne leur est pas également permis de pro clamer la liberté des cultes dissidents en invoquant la li: berté de l'Eglise catholique ; nous répondrons encore que l'Eglise catholique a seule droit à la liberté parce qu'elle seule elle posséde la vérité ; nous répondrons, en tin, que si M. Raymond voulait rester dans la vérité et ne pas donner dans l'erreur libérale catholique, il devait se borner à enseigner qu'ilest permis de «4er, quand on ne peut, fuire autrement, /a liberté des cultes, des consciencrs. de la parole et de la presse, mais non del: défendre ; car défendre une chose, c’est lui reconnaître es droits : ot il n’est jamais permis de reconnaître des droits à l'erreur. quels que soient d'ailleurs, ses forces et ses pouvoirs prédomirants, Sion ne peut rien contre elle, qu'on lu laisse en paix, qu'on la tolère, mais qu'on aille jamais lu défendre, c'est-à-dire prendre fait et cause pour elle. Ki elle proclame la liberté des cultes et qu’elle vous étoufte parce que vous êtes catholique, comme c’est sa sempiter-nelle et constante habitude, rappellez-lui les libertés qu’elle accorde, invoquez-les même au besoin, mais ne fuites pas l’apothéose de ces libertés, c'est-à-dire ne les défendez pas, ne prenez point fait et cause pour elles ; car encore une fois,les wéfendtre, t'est leur reconnaître des droits et elles n’en ont qu'en autant qu'elles sont au servie exclusif de la vérité.

On commence à voir l'erreur de M. Raymond ; elle est toute entière dans sa prétention, non de Zo/érer, mais d'autoriser, de défendre a Ulerté des cultes comme principe relatif. Une dernière citation de son travail sur l'Eglise et

l'Etat va achever de nous convaincre. Nous soulignons

les passages erronés. ‘# L'Encyclique ne dit rien de ce # qu'on lui fait dire (1). Dans un certain nombre d'états,

(4) Avis a Louis Veuillot, et à tous les ultramontains

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« uno grande partie des sujots professent des religions fausses. Etublies depuis un tomps plus ou moins long, * elles sont en pessession de lu liborté. Mulgré ce que les ‘erreurs qu'elles professent peuvent avoir de pernicieux, comme ælles se rattachent en général aux doctrines révélées sur des points plus où moins nombreux, les enseignomeats de la morale divine ne sont pas tous : pordus pour el'es, et co qu'elles en ont conservé aide ‘au maintien de la société De plus, le temps a rendu beaucoup moins hostiles les rapports ontre leurs parti ‘ sans et les membres de l'Eglise catholique. Eh bien ! ‘ dans un tel état de choses lu liberté des cultes peut et méme doit étre admisr, tax elle est un 4ex relatif. Kn effet, la proscription de cette liberté sorait d’abord chose impossible chez les gouvernements non-catholiques ; * chez ceux-ci, ln liberté des cultes est toute en faveur de l'Eglise, qui ne saurait avoir rien de mieux à fuire que d'en profiter. Dans les gouvernements où la Foi domine et où cependant des sectes hétérodoxes ont des ‘ partisans plus où moins nombreux, /4 répression serait nécessairement odieuse : elle violeruit des droits civils acquis depuis longtemps, ee amèneruit les plus grands troubles, ‘et certainement elle ne ferait qu'augmenter lopposition des dissidents à | Eglise; elle change une haine violente, des dispositions qui n’ont pôint un ‘aractère d’hostilité prononcée ; elle retarderait ou em- ‘ pêcherait des conversions que la paix permet d'opérer, * d'ailleurs, ce serait un appel à la persécution contre les ‘ catholiques dans les pays où ceux-ci sont les plus fuibles. (1) Puisqu’il en est ainsi, 7 ne saurait s'agir dr faire cesser cette liberté Là où elle est établie. Sans doute ‘elle est nuisible au salut des âmes ; mais enfin, vu l’état ‘actuel de certaines sociétés, /a dentative de mettre en ‘action le principe contraire serait un plus grand mat Donc, il n'a pas à être appliqué. ?

M. Raymond veut done que “Ze /emps ayant rendu ‘ beaucoup moins hostiles les rapports entre les religions « fausses et les membres de l'Eglise catholique et vu ce “ état de choses, la liberté des cultes puisse et wémé doive étre

(1) Ne dirait-on pas que Mgr. Dupanloup avait cette boutade de M. Raymond sous les yeux, lorsqu'il écrivait sur les périls de lInfaillibilité eu égard à nos frères séparés ? Certes le diseiple doit être glorieux d’avoir été imité à son tour et par le maitre ! 1!

admise.” Comment concilier cette proposition de M. aymond avec la condamnation, faite par Pie IX dans le Syllabus ?— 4“ LXXVII A notre époque, il n’est plus 4 utile que la religion catholique soit considérée comme “ l'unique religion de l'Etat, à l’exclusion qe tous Î:s autres. ” M. Royÿmond va plus loin encore, il affirme que ‘ Zz tentative de mettre en action le principe contraire (à la liberté des cultes) serait un plus grand mal (que serait celui de faire cesser cette liberté). ’’ Or Pie IX «a condamné une proposition zdemiiquement analovuce, et ce, à l’article LXXIX du Syllabus, la voici: # En effet il est faux que /a liberté civiie de tous Les cultes, et que le plein pouvoir laissé à fous de manifester ouv:rtement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinicns, /ettent puls feciement les peuples dans l& corrup- 6 jion des mœurs et de l'esprit et propagent le fléau de /';#- € différentisme.

L'erreur de M. le Grand-Vicaire Raymond consiste à. vouloir établir en principe /4 Hberté \relative et non ahsolue,) des cultes. Ce que nous avons cité de ses écrits le prouve suffisamment. Or nous avons affirmé et nous avons prouvé que cette prétention est /hérule cafholigur ; mous avons

ensuitegffirmé et nous venons d'établir le Syllabus en mains, que cette même prétention est condamnée par le Pape intail ible. Que peut répondre à cela M. Raymond ?

Avec Montalembert, Dupanloup et tous les libéraux- ‘atholiques, dira-t-il que nous sommes dans l'erreur et que Pie IX n'a jamais condamné la liberté des cultes posée comme principe ré atif ? S'il le tentait, après toux ce que nous venons de lui mettre sous les yeux, nous lui poserions un dernier argument,

Pie IX, lui objecterivns-nous, a condamné la liberté des cultes, d'une manière générale, sans distinguer l’abso/u du relatif. Jamais le St. Père n’a prononcé une parole, et nous défons qui que ce soit, d’en citer wne seule, qui autorisât cette liberté comme pr ee relatif. Or quand la liberté des cultes est condamnée d’une manière générale ot sans aucune restriction, comment M. Raymond peutil se permettre, lui, de poser des restrictions à cette condarnation générale ? Le général renferme le particulier, comme le tout contient la partie. Quand le tout est con-

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daraué, la partie l'est aussi, à moins, toutefois, Que la partie ne jouisse du bénéfice d’une exception.

Eh bien ! que M. Kaÿmond nous prouve que la Hberté des cultes comme principe relatif jouit d’une exception dans la cor /amn tion wénérale lancée par Pie IX sur cette même liberté des cultes ; ou bien qu’il confesse humble: ment avoir proclamé vrai et bon ce que Pie IX a déclaré faux et mauvais.

Pauvre Monsieur Raymond, par quel malhenr est-il sorti du silence où l’appelait son libéralisme catholique ? Quand ces grandes questions de l’Eglise et de l'Etat n’étaient pas discutées, M aymond pouvait risquer les utopies de sa triste écoic ; il pouvait, à l'aide d’une phraséologie soignée, d’une élocution facile, d’une littérature

‘châtiée et d’un style imagé, envelopper adroitement ses 5")

principes libéraux, et tromper ainsi une multitude de personnes et enseigner ex prufesso Sans rencontrer de contradictions. Les temps sont changés. Auj'urd’hui il ne sera plus permis, même à M. le Grand Vicaire Raymond, de faire l’apothéose du libéralisme catholique, sans qu'il soit offert de sérieuses réfutations.

Et dans cette lutte, M. Raymond sera étudié, analysé, défini. On verra ce qu'il a toujours été, on découvrira ce qu'ii a toujours professé duns ses écrits, et on reconnaîtra facilement que ce qu’il a été, il l’est encore, On reconnaîtra, qu’en dépit de tout et malgré tant t de si mémorables défaillances dans les rangs catholiques-libéraux, M. Raymond est resté libéral-catholique. On reconnaîtra que ni le Concile du Vatican, ni les malheurs de la France, ni la conduite de l'Ecole libérale-catholique dans les douloureuses luttes Ge ces derniers temps, n'ont pu éclairer M le Grand Vicaire sur les dangers de la liberté des cultes, de la conscience, de la parole et de lu presse. On, reconnaîtra, enfin, que si M. Raymond proclame bien haut les services par lui rendus à l'Eglise et son attachement aux enseignements du Pape infuillible, il ne manque cependant pas de laisser debout, sans les renier, les pages assez nombreuses hélas de ses écrits antérieurs et qui enseignent ce que le St. Père à condamné.

Nous venons delire une lettre de M. Raymond adressée au Moureau-Monte, destinée, dans la pensée de l’autour à le réhabiliter dans l'opinion des ultramontains. M, le Grand Vicuire en appelle à son passé, à ses précé-

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dents travaux, et c'est à l’aide de ces travaux et de ce passé que nous le convainquons aujourd’hui de libéralisme-Ci tnolique. L'auteur ne pelle surtout que plus que personne il 4 écrit au service de l'Eglise. Montalembert, Dupanloup, Lacordaire, Gratry, Ozanan, ses amis, peuvent revendiquer Île HA titre ; mais quel service ontils rendu ? Là est toute la question. Ils ont beaucoup fait contre l’impiété, contre le naturalisme, le rationalisme avancés ; ils ont contribué à la diffusion d’un grand nombre de vérités ignorées de beaucoup d'esprits, ste., mais, en même temps, ils ont propagé des erreurs tunestes et damnables., C’est le cas de tous les libéraux-cutholiques, c’est celui de M. Raymond. Toutes les pages de notre présent écrit le prouvent surabondamment.

Les libéraux-catholiques, M. Raymond ne peut l'ignorer, ne soat pas des impies, des incrédules. Ils se recrutent, grâce à la finesse du démon, dans les rangs les plus recommandables. C’est lu fine fleur des écrivains, des publicistes, des journalistes catholiques ; souvent même ce sont des prêtres vénérables, des évêques, des archevêques illustres, et qui ont rempli le monde du bruit de leurs com buts. Voilà bien ce qui rend si funeste l'erreur dont ils sont les propagateurs trop zélés.

Si Morsieur le Grand Vicuire était un homme tel quel, un écrivain quelconque, un prêtre sans autorité,un vieiilurd qui ne commanderait qu'un respect ordinaire, si surtout, il n’avuit pas blanchi dans les combats de la purole et de la plume,l’esprit qui a soufflé, la maudite erreur du libéralisme-catholique, ne l'aurait point choisi pour un des pères du libéralisme catholique en Canada, et aujourd’hui, nous-mêmes nous ne viendrions pas le combattre, nous ne tenterions pas de l’éclairer en le combattant.

Dernièrement, sans s’en douter, /1 Minerve à rendu hommage à cette vérité. Comptunt les hômmes et les journaux canadiens qu’elle croit gallicans et libéraux, elle faisuit l'espèce d’épiphonème que voici: Avouons que nous sommes en bonne et illustre compagnie ! Klle aurait pu facilement rehausser encore sa lignée en tra versant l'Atlantique et en remontant les siècles ; Les Lacordaire, les Dupanloup, les Ketteler, les Darboy, les Affre, les Frayssinous, les Mury, les Nouilles et les Bossuet n’eussent assurément pas déshonoré NN. Seigneurs Je Québec, de Rimouski, de St. Hyacinthe et d'Ottawa.

X et de ce e libéralise plus que tulem bert, amis, peucrvice ontbeaucoup “ationulisun grand prits, ete., urs tinesbéraux-c4s les pages ment.

eut l’ignos se recru- ‘angs les écrivains, ; Souvent ques, des nonde du nd si fup zélés.

> tel quel, é,un vieiiinaire, si de la puite erreur >isi pour nada, et s le comle com-

a rendu es et les libéraux, Avouons ie! Klle en trales ; Les Mboy, les les Boseigneurs "Ottawa.

as DNS Les Montalembert, les Falloux, les Foisset, les Broglie, ete., n’eussent par diminué d’un pouce les Cauchon, les Beaudry et les ete. La Sorbonne, V'Oratoire n'eussent pu que grandir ies Séminaires de Québec, de Montréal et les ete. Les Crresfoniants les Ami de la Religion r’eussent qu'illustré les Minerve, les Canadien, et les etc.

Quand donc la Winerve en appelle à la respectabilité, à la célébrité et à toutes les belles qualités de la société dans laquelle son libéralisme et son gallicanisme lui donnent une place si distinguée, elle prouve la vérité de notra assertion, savoir : que le démon, afin de mieux séduire les âmes, à le soin de recruter les libéraux-catholiques et les gallicans parmi ce qu'il a de plus décent et de plus honorable dans l’armée laïque et dans la milice sacerdotale. Et quand M. Raymond rappelle son passé et invoque ses écrits, il ajoute encore au service du libé- ‘alisme-catholique, à la force de la preuve faite, quoique involontairament pur la Minerve.

Mais revenons à la lecture de M. le Grand-Vicaire.

“ Ici, poursuit Monsieur Raymond, point de gallica- “ nisme, sans doute par suite des doctrines qui préva-. * laient en France depuis 15K2, et qui avaient été impor- ‘“ tées en ce pays, on à pu pendant un certain temps être ‘ plus ou moins attaché à la déclaration des quatre arti- “ cles. Mais à mesure que la discussion faisait briller la ‘* lumière sur cette question, que certains actes du siége ‘“ pontitical exprimaient une désapprobation plus ou “ moins explicite des erreurs du gallicanisme, les idées ‘se réformaient, l’enseignement se rapprochait de plus “ en plus des doctrines romaines. ”

Véritallement, toute enviable que soit la douce quiétude d'esprit de M. Raymond à l'endroit du gallicanisme, nous ne pouvons, en aucune façon, la partager. Loin de nous la pensée d’accuser ce vénérable prêtre d’être gullican, c’est déjà trop malbeureux qu’il soit libéral-c:1tholique et qu'il le soit, nous le croyons à son insu. Muis comment nous refuser à déplorer son calme parfait en face du gallicanisme qu’il abhorre, nous le savons bien ? Quand le gallicanisme est dans tous les auteurs de droit, aujourd'hui encore dans toutes les mains des aspirants à la carrière de la loi et du droit, et que rien auprès de ces clusses ne vient directement balancer cet’ enseignement des auteurs, n'est-il pas visible que le gallicanisme est alors dans bien des esprits et qu'il y est d’une manière

d'autant plus alarmante, que les vices da l'éducation sont plus irrémédiables. ? Quoi ! tous nos jeunes notaires, tous nos jeunes avocats puisent lu science de leur état dans des ouvrages plein de gallicanisme, et M. Raymond veut qu’il n’y ait que peu ou point de gallicanisme dans notre société ! Et ce sont ces notaires, ces avocats qui deviennent nos magistrats, nos politiques, nos légistes, ce sont ceux qui sont appelés, un jour, à tout régir, à tout gouverner dans notre pays ! M. le Grand-Vicaire,n'a pas “ pensé sa parole avant de parler sa pensée’ autrement il ne se serait pas permis d'avancer que le gallicanisme n’existe presque pas chez nous.

Le gallicanisme, cette erreur à jamais funeste, est le partage de tous ceux qui ont étudié le droit et la loi et qui n’ont eu ni le temps, ni les moyens de suivre, avec les enseignements de l'Eglise et des Papes, les grandes polémiques catholiques sur ce sujet. Or, c’est le plus grand nombre qui est dans ce cas. De tous nos hommes formés à l’école des auteurs gallicans, combien en trouve-t on, nous ne disons pas qui aient étudié les pubiicistes et les polémistus ul'ramontains,mais qui aient lu l'Encyciique et le Syllubus ? On en trouve à peine un sur dix et encore ?

Pour nous, nous avons entendu des ministres,des hommes politiques, des avocats, tous hommes distingués et chrétiens, s’écrier plus d’une fois : * Mais le gallicar.isme, nous l’avons aspiré à pleins poumons dans notre éducation professionnelle, et, aujourd'hui c’est toute cette éducation qu’il nous faut refaire, si nous voulons être exempts de ses principes pervers. ??’

Ce simple fuit suffiraic à détruire l’assortion de M. Raymond ; mais il y en à d’autres, dont quelques-uns méritent une mention spéciale.

A Montréal, il y x les Sulpiciens qui continuent une révolte qui repose sur les principes les plus gallicans comme où pourra 8 en convaincre en se donnant la peine de lire les projositions qui en sont les bases et les assises. On ne nous accusera pas d’avoir forcé la note, puisque c'est des mémoires mêmes des Sulpiciens que nous les extrayons.

10. Les Evêques ne peuvent rien contre les arrêts des Parlements.

20. Le Pupe ne peut rien contre les canons, car ils lui sont sup r'ieurs.

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30. Les Sulpiciens ne croient pas être sujets aux deécrets de la Congrégaiion du St. Office, ni à ceux des autres Congrégations érigées par les Papes pour leur servir de conseils dans les affaires de l’Église,

Autre fuit encore, à Québec, les théologiens de Mgr. l’Archevêque enseignent que c’est l'Etat qui donne à l’Eglise avec le droit d'exister, celui de posséder.

Autre fait encore, le juge Baudry ayant fait un livre sur certains rapports de l’Egiise et de l'Etat, (45 rapports des curés;j) énonce des principes si peu vultramontains que le on éréque de St. Hyacinthe est obligé de l’avertir charitablement, que si jamais le livre en question parvonait auprès du St. Siége, il y serait #1a/ noté.

Autre fait encore, les’ actes de l’Evêque de Montréal et les décrets du Souver’in Pontife sont entravés, soit par le mauvais vouloir des hommes publics, soit par le vice des lois.

Autrs fait encore, quand cet Evêque demande une loi, il ne peut l’obtenir comme il la faut, et il parait que cet acte de gallicanisme est dû moins aux hommes politiques, qu'à Mgr. l’Archevêque de Québec.

Autre fait encore, cinq juges vionnent de séculariser les registres tenus par les curés de Montréal, en effaçant les mots Baprémes et Sépulh:res pour les remplacer par ceux de rassances et obsèques

Autre fait encore, ces curés n’ont pas même l’ombre d’un scrupule à l'endroit de ces rgistres, et ilse s’en servent avec un sans-gêne admirable.

Autre sit encore, dans la seule et unique Université catholique que nous ayons, c’est Pothier, le gallican, qui est le eau d'or du droit.

Autre fait encore, le jour des Voces d'Or de Mgr. de Montréal, le Père Braun se permet de prêcher sur le gallicanisme, sans faire aucune personialité, et voilà qu'après la messe un immense cri d’indignation s'élève pour protester pour et au service des insultés du 3ermon savoir : Mgr. l’Archevêque, NN.SS. de Rimouski, de St. Hyacinthe, d'Ottawa ; le séminaire de St. Sulpice, les hommes politiques, plusieurs journaux, etc, etc, etc. S'il n’y à pas de gallicanisme en Canada, comment le sermon du Père Braun at-il pu insulter tant de monde ? Autre fait enfin, car il faut 5e limiter, autrement on n’en finirait pas, les journaux protestants accordent toutes leurs sympathies à Mgr. i' Archévêque, au Séminaire de

St. Sulpice et à beaucoup d’autres, parce que, disent-ils, c'est la cause du gallicanisme, que Mgr. l'Archevêque et le Séminaire de St. ‘Sulpice, etc., défendent contre l'Evêque de Montréal et les ultramontains.

Si tous ces faits ne rovèlent que peu ou point de gallicanisme, nous confessons en toute humilité que nous sommes dans la lune.

M. le Grand-Vicaire Raymond parle de l'attitude de l'Episcopat Canadien dans la grande questions de l’Infaillibilité. ‘ Tous les évêques de la province, dit-il, se “ sont prononcés en faveur du Magistère suprême. ” M. Raymond oublie que des évêques Canadiens ont dû laisser Rome avant le vote du concile et que, ax moins dans #» diocèse de l'un de ces éviques, le dogme de linfaillibilité

n’a pas encore été promulgué.

M. le Grand-Vicaire dit de notre code « qu'il a été re- “ connu à Rome comme le plus catholique de tous ceux ‘“ qui régissent aujourd'hui les divers états de la chré- “ tienté.”” C'est-à-dire notre code est le plus catholique de tous les codes impies et athés qui régissent aujourd’hui les divers états de la chrétienté. La bonté de notre code étant purement relative, il n’y a pas grand argument à en tirer en faveur de son orthodoxie, M. Raymond est bion obligé de l’avouer.

& Aucun membre de notre parlement, dit encore M. le Grand- Vicaire, ne vod) ‘ait concourir à une loi contraire aux intérêts de l'Eglise.” A moins que Mer. l’Archevêque s’en mêlât, comme il vient d'être prouvé par le bill des registres pour Montréal ! Mais pour être juste, avouons qu’en obéissant à la pression d’un Archevêque, on peut être excusable de certaines fautes, pour ne pus dire de toutes.

‘“ Attendre le calme, continue M. Raymond, pour gar- ‘“ der la prudence, agir avec précautions à cause de la “ complication qu'offre sur certains points de notre ordre lég: 1l le mélange de ce qui est ecclésiastique et de ce qui est civil, procéder avec mesure pour ne pas blesser la susceptibilité ombrageuse de citoyens d’une autre croyance que, dans notre état politique, nous ne ‘“ devons pas heurter, Gans l'intérêt même de nos droits «“ religieux ; en un mot, tenir fortement aux principes

catholiques, les exposer et les défendre sans cesse, mais n’en presser en certains cas l'application rigoureuse que selon l’opportunité des circonstances, non, ‘“ cela ce n’est pas vouloir que l'Eglise soit l'esclave de

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“ l'Etat; c'est au contraire se montrer pénétré de l'esprit ‘ de l'Eglise elle-même, qui affirme toujours hardiment ‘ ses droits, mais que pour les faire reconnaître dans la «“ pratique, procède avec une prudence, une temporisa- “ tion, une tolérance, qu’elle suit devoir servir à sa cau- ‘ se; se montrant, en cela comme en tout le reste, ani- ‘ mée de la sagesse divine, dont il est dit qu’elle atteint “à sa fin avec force, en disposant tout avec suavité. & Attingit ad finem fortiter, et disponil omnia suaviter. Sap. LAS A 6 à HE PEUR

Il nous fait peine d'être obligé de l'avouer, mais nous le devons à la franchise de notre caractère, il y a dans cette tirade de M. Raymond toute une parodie de l'Evangile. Le libéralisme-catholique a cette portée misérable, qu'il n’est qu'une contrefaçon ridicule de la vérité. et quant à l'exemple de M. le Grand-Vicaire, on donne tête baissée dans cette erreur funeste, on arrive bientôt, et sans s’en couter, à parodier les choses les plus sacrées.

M. Raymond prêche la prudence, il chante cette vertu divine, mais ce qu’il en dit est triste et froid, faux et impossible. Il prêche et chante une prudence qui n’est pas la prudence du Maître, une prudence qui ‘“ agié avec précaution à cause de la complication qu'offre, sur certains points de notre ordre légal, le mélange de ce qui est eccdésiasdique et de ce qui est civil; une prudence “ gui procède avec mesure pour ne pas blesser la susceptibilité ombrageuse de citoyens d'une autre croyance que, dans notre état poditique, nous ne devons pas heurter, dans l'intérét, même de nos droits religieux ;'” une prudence, enfin, qui ‘ #ent fortement aux principes catholiques, les expose et les défend sans cesse, mais n'en presse en certains cas d'application rigoureuse, que selon l’obportunité des circonstances.”

Eh bien! Oui, cette prudence est une parodie, une contrefaçon misérable de la vérité.

Elle est une parodie de l'Incarnation et de la Rédemption dans leur “ application rigoureuse," comme disait M. Puymond humainement ou Æhéralement parlant. L'Incarnation et la Rédemption s’accomplissent en effet dans un temps de compiications terribles, dans un temps où ces deux mystères ne pouvaient ne pas #/esser la susceptibilité ombrogeuse de citoyens, de peuples, de nations, 4e gouveruements qu'il ne faisait pas bon de Zeurter, dans un temps enfin où tous ceux qui osent encore invoquer /’/r0pportunité de la vérité sont forcés de reconnaître que les cir-

constances étaient aussi défavorables que possible, pour tenter de faire prédominer la vérité duns le monde.

Cette tirade de M. Raymond est, avons-nous dit, une parodie de l'Evangile. Sait-on ce qu’il faut entendre par une parodie de l'Evangile ?

Qu'on veuille bien se représenter les Apôtres au moment de leur dispersion Ærangéligue, dans le conseil qui a précédé leur séparation de wrssionnatres, et qu’on suppose un instant que l’un d’eux ait tenu le langage suivant :

C’est le langage de M. Raymond :

«4 Le Maitre nous à dit: ‘“ Allez, enseignez toutes les “ nations, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du « St. Esprit. Ceux qui croiront et seront baptisés, soront « sauvés. ”” Seulement rappelons-nous que nous avons à ‘ évangéiiser des nations païonnes. N’allons-pas /es froisser, “ ni Zs blesser, de peur de /es heurter dans leur croyance Sa chons attendre le calme pour garder la prudence, agir avéc «e précaution à cause de la complication qu'offre sur certains ‘6 points le mélange de ce qui est civil ef de ce qui est ecclésias- “e jique ; procédons avec mesure pour n° pas blesser la suscep- «C fibilité ombrageuse des payens que nous ne devons pas heurter ‘ dans l'intérêt même de nos droits religieux ; en un mot, tencns se fortement aux principes catholiques, exposons-les et défendons- ‘6 Jes sans cesse mais n'en pressons en certains cas l'appli- ‘6 cation rigonreusv, que selon l'opportunité des circonstances. ‘“ Ainsi, d’après los instructions divines ; /enons fortement ‘6 à l'Evangile, exposons-le et défendons-le sans cesse, maïs n’en ‘6 demandons l'application rigoureuse, que selon l'opportunité se des circonstances. Autrement, nous pourrions froisser, ‘ blesser, indisposer, mortifier, choquer, indigner, sou- « lever, irriter, ameuter, révolter, exaspérer, que sais-je “ moi, les gouvernements, les politiques, les citoyens et “on nous ferait une guerre terrible, on nous persécu- « terait, on nous immolerait, on nous détruirait. Il arri- « verait même qu'il nous suffirait d’être connus comme «« fils de l'Evangile, pour que, sur le champ, on nous des- & tinât à la mort la plus cruelle. Or, vous comprenez- “ bion, Wir Fratres, que si on nous persécute ainsi, ‘ jamais nous ne pourrons nous multiplier, ni nous ré- « pandre dans les différents pays pour y porter la bonne « nouvelle. En toutes choses, attendons / #omentopportun, « tant qu'il y aura sur la terre des gouvernements et des «e citoyens que nos doctrines pourraient choquer, #rons

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& ferme, exposons les, défendons-les sans cesse, c'est-à-dire ne ‘ demandons aucune application rigoureuse, reposons-nous, “ dormons puisiblement et attendons le beau temps. ”’

Nous le demandons à tout homme sensé, un apôtre a-t-il pu tenir jamais un pareil langage ? Et si ce langage n'est pas possible, s’il est une dérision dars la bouche des disciples ayant reçu le St. Esprit, comment peut-il être dans la bouche de M. Raymond ?

Les temps sont changés, dira-t-on, et il n’est plus question d'appeler sur les chrétiens l'horreur des persécutions de la primitive Eglise. Les temps sont changés ? Le monde n’'a-t-il donc plus aujourd’hui besoin de la vérité? Devons-nous, nous chrétiens, plus de ménagements aux impies et aux protestants du dix-neuvième siècle, que nos frères de la primitive Eglise n’en devaient aux impies et aux payens de leur temps? Si, dans les premiers siècles de l'Eglise, il était toujours opportun de prêcher et d'appliquer l'Evangile, en vertu de quoi cette opportunité n’existe-t-elle plus ? Lu réponse à toutes ces questions est dans la conduite de l’Immortel et Infailliblé Pie IX.

Au moment où tous les grands Etats ont apostasié, au moment où toutes les plus mauvaises passions gouvernementales et politiques sont liguées contre l'Eglise, au moment où, traquée de toutes parts, comme une bête fruve, l'Eglise est réduite à ne plus faire entendre une seule de ses vérités sans soulever contre elle les plus violentes tempêtes, à ce moment solennel, Pie IX, le saint et courageux Pontite, élève la voix de la protestation et de l’anathème, condamnant, flétrissant les erreurs perverses de lu politique satanique triomp'ante, proclamant les imprescriptibles droits de l’éternelle vérité, et demandunt avec une héroïque énergie l’upplication rigoureuse de l'Evangile. Ni la crainte de se voir déposséder de ses Etats, ni lu presque certitude d’être fuit prisonnier, ni la triste prévision des colères persécutrices que sa parole peut appeler, ne lui imposent silence. De sa prison du Vatican, il brave tout, il affronte tout, il méprise tout ce qui n’est pas la vérité : assuré qu'il est que le plus grand des malheurs, que la plus grande calamité qui puisse frapper les enfants de Dieu serait de voir ceux qui sont tenus d'enseigner les nations, devenir des chiens muets !

M. Raymond parlo de la sagesse, de [a prudence de l'Eglise. Eh bien! voilà les exemples que l Eglise, dans les plus mauvais jours, dans les jours les moins opportuns, lui offre : exemples mémorables, vériables échos des temps apostoliques, seules consolations du présent, et unique force et espérance de l'avenir.

La prudence, la sagesse de M. le Grand-Vicaire, c'est la sagesse, c'est la prudence de la chuir : frudentia carnis, mors est. Al prêche un Evangile qui s'enseigne, mais ne se pratique pas toujours, un “vi ingile modélé sur l’erfar/lbitité de Mgr. Dupanloup, l'infaithibilité de /’énopportunité, cette infaillibilité que le Concile du Vatican à refoulé dans l’abime de l'enfer d’où elle venuit.

Où M. Raymond trouvera-t-il duns l'Evangile cette prudence ‘de la chair, ce juste milieu du paganisme : sn medio virtus, à point conciliateur ? Où trouvera-t-il dans l'Evangilo qu'il faut atfrndre l'opportunité Pour pratiquer rigoureusement /s bons principes ? L'Evangile ne dit-il pas sans cesse qu'on ne paut en aucune manière servir deux maîtres, et que celui qui n’est pas entièrement avec lui est entièrement contre lui ? |

La vraie prudence consiste à ne vouloir que ce que le Lon Dieu veut. Or, le bon Dieu veut que, dans tous les temps, partout et toujours, les bons principes aient leur application rigoureuse. Toute autre prudence et toute autre sagesse est condamnée et reprouvée, Perdaïn sapientiam sapientium et prudentiam prudentium reprobabo.

La preuve de la réalisation de cette ter rible suntence dirons-nous avec un grand catholique. c'est lav euglement auquel sont condumnés nos catholiques libéraux. Ne les voit-on pus, malgré tout leur esprit, oublier les premières notions de |’ ordre surnaturel et tomber en perpétuelle contradiction avec eux-mêmes ?

Ils admettent que le Pape à une autorité suprême dans l'Eglise ; s'ils ne l’admettent pas, ils ne seraient plus

-atholiques, le Concile de Florence ayant frappé d’anuthème quiconque dirait le contraire, cependant lors du Concile du Vatican, ils ont prétendu qu'un concile pouvait déposer le Pape, comme si un concile sans Pape pouvait être un concile !

Ils admettent que le Pape est le chef, la tête de l’Egens et voilà que, pendant le Concile du Vatican, ils

‘efusent à cette tête la mission spéciale que la tête a reçue de Dieu, celle de commander aux membres et cela sans

ice de , dans opporéchos résent,

, C’est CArHEs, iuis ne l'enfarlrltunilté, refoulé

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le l'Ean, ils reçue À Sans

qu'elle soit obligée de les consulter et de recevoir leur approbation. Messieurs les catholiques-libéraux ne veulent pas cela ; ils veulent que ce soit les membres qui commandent et que la tête obéisse ! :

Que veut-on ! voilà le bon sens tel que nous l'a fait 81!

Sans tomber dans les incohérences, Mr. le Grand-Vicaire Raymond n’est cependant pus exempt d’inconséquences étranges et énormes. en

Il reconnaît volontiers à la société le droit d'être exposée, défendue et tenue fermement par tous les catholiques, et, toutefois, il veut que pour être pratiquée à une manière rigoureuse, elle attende le temps opportun. S il n'est pas opportun de pratiquer la vérité, les bons principes, comment peut-il l’être de /es exposer, de les défendre, de Les tenir

{fermement ?

Comment expliquer ces inconséquences chez M. Raymond, si ce n’est en ayant recours à St. Paul et aux prophètes : “ Scriptum est enim : Perdam sapientiam sapienrium el prudentiam prudentium reprobabo. Je perdrai la sagesse des sages, et la prudence des prudents, je la réprouverai. ‘ Et je ferai mes délices de manifester les socrets de la véritable sagesse aux humbles et aux petits. Et cum simplicibus sermocinatio ejus.” At ceux qui se sont affirmés si sages, ils perdront jusqu’au bon sens: Z7 dicentes se esse sapientes, stulti facti sunt.” ns

Où est-il ce prudent ? Où est-il cet écrivain distingué ? Ubi sapientes ? Ubi scriba ? Où est-il ce diplomate, cet habile politique ? U#i conguisitor hujus sœculi ? Le Seiywneur les a tous afligés d’une égale folie, Monne stultam fecit Deus sapientiam hujus mundi ?

Proelamons-le done avec le plus haut bon sens catholique : ‘ Ce n’est pas la persécution qui est un danger pour l'Eglise, le seul danger pour l'Eglise c’est l'erreur et le vice, l'erreur qui égare les esprits. et le vice qui corrompt les cœurs. Les apôtres étaient joyeux en face de la persécution et ils pleuraient en face de l'erreur et du vice.’ Jésus-Christ savait bien qu’il soulèverait toutes sortes de persécutions contre lui et contre ses disciples en prêchant la vérité au monde ; fallait-il Pour cela priver le monde de la vérité ? Les apôtres savaient bien en sortant du Concile, qu’ils allaient irriter les gouver nements et les politiques du monde. On leur disait : Taisez-vous.—-Et ils disaient : Nous ne pouvons pas. Won

. dfossumus non oqui.--Mais nous allons vous immoler,—

Frappez, frappez, voilà notre tête, s'écriuient les apôtres : voilà nos quatre voines, ouvrez-les ; Jésus notre Dieu « fait ouvrir les siennes pour nous. Ah! qu'il nous turde de les laisser ouvrir pour lui ; il faut du sang pour arro ser la semence de vérité; vite, vite, frappes, fuites couler notre sang, afin qu'elle soit bien arrosée !

Voilà la prudence, voilà la sagesse, voilà l'esprit de conciliation de Jésus-Christ et desapôtres. L'Eglise n’en connait pas d'autres, et n’en peut connaître jamais d’uutres Pie IX et lu mujorité du Concile du Vatican n’en ont pas eu d’autres.

Que M. Raymond l'apprenne : l'Eglise n’a besoin que de trois libertés ; celle d'enseigner lu vérité, celle de pratiquer lu vérité et les bons principes, et celle de mou. rir plutôt que de manquer aux deux premières libertés. Ces deux premières libertés, les gouvernements peuvent bien les ruvir à l'Eglise, muis lu troisième lui demeure toujours, et avec celle-là elle x toujours reconquis les dex autres et immortalisé à lu fois la vérité, la vertu et la vie ! ”

Quand done M. le Grand-Vicaire Raymond parle de prudence, il est aux antipodes du vrai: il joue la purodie.

Sans doute, cette parodie n’est pas dans sa volonté, elle n’est que dans son esprit et dans ses paroles. Libéral-catholique, aimant l'Eglise, mais ne sachant pas l'aimer, il veut travailler à la pac/fication religieuse, comme a dit l'illustre Dupanloup, et la pacification religieuse qu'il prêche, est une paix impossible et qui ne profite qu'à l'erreur.

Le Libéralisme-catholique est à la vérité catholique ce que les orgres de Barbarie sont aux morceaux des grands maîtres. Ces orgues vous chantent les plus gran. des productions musicales ; seulement elles n’en donnent que les sons, et les sons, sans l'harmonie, sans le rhythme, suns le génie, sans la vie que l'auteur y ax mis. En les entendant, on est ‘"appé, on reconnait le thême du maître ; mais si or « le la musique l’idée et la science qu'il en faut avoir, on s'aperçoit bientôt que toute cette succession de notes et de sons est indigne de l'artiste et de son œuvre.

Les libéraux-catholiques parlent à l’aide de sons au semblant catholique. En les entendant, on est frappé de la tournure catholique de leur langage ; cependant pour qui

apôtres :

re Dieu « ous tarde DOUX arro iites cou-

esprit de wlise n’en

ais d’uuican n'en

esoin que celle de e de mouk libertés.

Ê] penen demeure nquis les vertu et

parle de 1e la pu-

volonté, 8. Libéhant pas e, comme religieuse 1e profite

atholique eaux des lus gran.

à, donnent rhythme,

En les hême du a science Jute cette artiste et

sons au ppé de lu ; pour qui

on — 0) —

ne s'arrête pas au vain squelette du langage, pour qui a le sens oh NO PS qui connuit les enscignements du Maître et ceux de son Vicaire Infuillible. il est f’.cile de reconnaître que tout ce vain étalage de catholicisme, que toutes ces protestations de respect, d'amour pour l'Eglise, que tous ces beaux préceptes de conciliation, de pacification ot de prudence chrétiennes n’est qu'une indigne parodie de lu vérité. L’harmonie, le rhythme, le génie, la vie du Maître n’y est pas et ces chanteurs ne sont que des joueurs J'orgucs de Barbarie. Pauvres gens, ils ont fuim, et ils tendent la main, ils ont fuim de la considération publique, de l’esiime des gouvernements et des politiques ; ne voulant pas se faire mendiunts des chemins, ils se font joueurs publics ; joueurs publics de la vérité qu'ils parodient, souvent suns le savoir et sans le vouloir.

Ii y a quelque chose d'étonnant dans les conseils de prudence de M. Raymond. Ilaffirme que ‘“ dans aucuneautre “ontrée, l'Eglise ne jouit d'une aussi entière liberté que dans la nôtre, et ne reçoit une telle protection de l’autorité civile. ’ [l affirme encore ‘ qu'aucun membre de notre parlement ne voudrait concourir à une loi contraire aux intérêts de l'Eglise. " Cependant il s’empresse d'ajouter que de cette disposition générale des esprits il ne s'en sui: pas que toute réforme doive être faite d'une manière précipitée, qu’il faut attendre le calme pour garder la prudence, etc., etc., etc.

Si le Canada est le pays ou l’Æglise jouit de la plus grande liberté; si nos législateurs sont si admirablement disposés envers l'Eglise, pourquoi attendre le calme ?

La prudence exige-t-elle qu’on attende, que les bonnes dispositions de nos politiques soient changées à l'égard de l'Eglise, pour réclamer la réforme de celles de nos lois qui ne sont pas en harmonie avec le Syllabus ? Il nous semble tout le contraire. Le temps d'agir, le temps opportun, comme dirait M. Raÿmond, nous semble être celui où notre Eglise jouit d'une entière liberté et reçoit une telle protection de l'autorité civile ; le temps où aueun membre de notre parlement ne voudrait concourir à une loi contraire aux intérêts del’Eqlise. Ne pas profiter d’un tel temps et de circonstances si favorables nous pa-

RC Le rait bien aventurier et bien confiant dans un avenir sur lequel il ne serait pas sage de trop se fier.

M. Raymond, il est vrui,a en vue l'élément protestant. Il craint de voir un jour nos frères séparés se formaliser de nos libertés catholiques et nous les faire expier par je ne sais quoi qui serait contraire à nos droits religieux.

Cependant les protestants sont en minorité chez nous, de plus, ils jouissent de toutes leurs franchises religieu- | ses. Tout ce qu’il veulent, ils l'ont. Jamais notre parlement ne s’est avisé de les peiner, de les blesser de les | heurter en quoi que ce soit. Que peuvent-ils désirer de ; | mieux? Veulentils nous gêner ? Ils ont tort et gran- , dement tort; et certes nous ne devons pas le leur per: | mettre pour trente-six raisons dont la première et la der- | nière sQnt concluantes. Cost qu'ils sont l'erreur et que nous sommes la vérité. Or, l'erreur n’a pas le droit de molester la vérité, et lu vérité n’a pas le droit de se laisser | molester par l'erreur. |

La vérité n’a pas le droit de se laisser molester par | l'erreur; nous proposons à M. Raymond de méditer cette proposition. En y réfléchissant sérieusement, il sentira la souveraine erreur de ceux qui demandent à la vérité de respecter les ombrages et les colères de l’erreur, soit en ne réclamant pas des droits sacrés, soit en négiigeant l'application rigoureuse des principes. Plus M. Raymond approfondira notre petite proposition, plus il la méditera loin de son libéralisme-catholique et de su fausse prudence, et plus il reconnaîtra que la vérité ne saurait attendre, ne saurait temporiser lorsqu'il s’agit du règne et du triomphe des éternels principes de la Foi : et plus il se convaincra que l’erreur n’a pas le droit de retarder, d’un seul jour, d’un seul moment, l'application rigoureuse des bons principes : et plus ilse persuadera que les catholiques commettent une indignité sans nom, . toutes les fais que, vivant dans une contrée où l'Eglise a plus de liberté que partout ailteurs et possédant des législateurs et des politiques les mieux disposés du monde, ils attendent, pour réformer les lois et les rendre conformes aux enseignemonts de l'Eglise, la non-susceptibilité des citoyens d'une autre croyance religieuse !

En écrivant ces lignes, nous ne pouvons nous défendre d'une profonde émotion. Comment sommes-nous amené à tenir un pareil langage et à rappeler des vérités aussi

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vulgaires, et co à un homme qui a blanchi au service des autels et dont la vie toute entière a été un long et beau dévouement à lu jeunesse de son pays ? Comment se fuitil qu'avec de l'esprit, du talent, de lu science, de la vertu, de la piété, de la sainteté même, on puisse laisser s’obscurcir le flambeau de la foi pure jusqu’au point de demaunder à la vérité de s’amoindrir, de se diminuer, de se paralyser, de s’effacer elle-même de peur qu'elle ne blesse, ne heurte et n'irrite l’erreur ? Qu'est donc devenu le courage chrétien et catholique ? Où est donc cette vieille liberté apostolique d’autrefois qui a tout. bravé, tout affronté dans le monde et quin’a jamais reculé, si ce n’est devant un acte de lâcheté et de poltronnerie ? Pour: quoi le catholique tremble-t-il aujourd’hui en face de son devoir ? Pourquoi craint-il de réclamer ses droits ? Que signitient les craintes que lui inspirent les ombrages de l'erreur et du mal ? Qu'a donc fait le protestantisme dans le monde pour qu'il oblige la vérité catholique à se cacher et à ne s'affirmer que dans le calme et avec une extrême opportunité ? Ah ! c’est que, désespéré de vaincre le symbole catholique par l’hérésie et le schisme, l’unge des ténèbres tente de l’anéantir par la peur, chevaleresquement déguisée sous l’armure de la fausse prudence.

Jet ange ténébreux croit faire assez pour sa cause, s’il parvient à persuader à la science, à la vertu, et même au sacerdoce chrétien de ménuger la susceptibilité ombrageuse de l'erreur.

Les craintes pusillanimes des catholiques, cette espèce de trève de la vérité qu'on nomme libéralisme-catholique et en vertu de laquelle la vérité, non-séulement ne réclame pas ses droits, mais n'ôse plus s'affirmer, si ce n’est avec des précautions infinies, voilà, en effet, ce qui fait de nos jours la fortune du démon. La vérité se tait, mais l'erreur purle ; la vérité se cache, mais l’erreur se montre ; la vérité se repose, muis l'erreur active ; la vérité est trahie mais l'erreur est servie ; lu vérité est depossédée, mais l’erreur prospère ; la vérité est détrônée, mais l'erreur règne ; la vérité est vaincue dans bien des âmes, mais l’erreur triomphe dansune foule d'esprits ; la vérité est chassée des nations et des gouvernements, mais l'erreur gouverne et commande cheztous les peuples et dans tous les Etats.

Et cette anomalie désespérante, ce cataclysme effrayant

de D due

qui verra périr le moude, si Dieu ne fait un miracle pour le sauver, c'est le libéralisme-catholique qui lu évoqué, comme l'a dit le Souverain Pontife, ce n’est joint la ('ommune avec ses hommes échappés de l’enfer qui tus la société, mais c’est le libéralisme-catholique ; c’est-àdire cette fausse prudence prêchée pur les Montalembert, les Dupanloup, los Gratry, les Falloux et qui devait trouver, en Canada, dans la bouche de M. le Grand-Vivaire Raymond, de si retentissants et de si séduisants échos.

Eh bien ! il y a dans tout cela quelque chose d’attristant et qui nous émeut profondément. En écrivant au service même de lu vérité, nous ne pouvons ne pas éprouver lès douceurs que procure l’aceomplissement d’un devoir accompli, muis en songeant à nos adversaires, à cette armée de laïques commandés pur des évêques et des prêtres de la respectabilité de M. Raymond, nous souffrons, nous gémissons plus que nous le pouvons dire. Si encore nous pouvions nous bercer de l'espérance de ramener à la vraie prudence nos pauvres et malheu:oux adversaires ! Hélas ! cette compensation ne nous est ju: même offerte ! Nos contradicteurs ne veulent pas seulement lire les écrits faits pour les échirer. En écrivain honnête, nous avons adressé à M. Raymond notre première attaque, et il nous l’a retournée par le même courrier. M. Raymond était-il d'avance convaincu de ses torts et alors jugexit-il inutiles les pièces justificatives de sa culpabilité? Dans ce cas, déjà sa conscience aurait dû lui inspirer le courage d’une rétractation franche et ouverte, loyule et sincère comme tous les grands caractères savent en faire. Ou bien M. Raymond était-il si sûr, si certain de sa doctrine, de son infaillibilité qu'il n’espé- “ait pas trouver dans nos écrits, malgré ieurs vices, quelque chose propre à moditier ou même à changer certaines de ses vues, certaines de ses opinions, certains de ses principes ? Dans ce cas, avouons qu’une pareille ligne «de conduite est &e nature à donner une idée peu favorable, nous ne dirons pas de son humilité, mais de sa prudence.

M. Raymond, il est vrai, croit avoir pour lui l'opinion

publique ; c'est au moins à ce tribunal que, dans une de ses récentes lettres, il en appelle en toute confiance.

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