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D'abord, l'expression de l'opinion publique donne un démenti formel au fond même de l’assertion de M Raymond. savoir : À n’y a pas ou presque pas de libéralisme en Canada. En effet, sil n’y a pas ou presque pas de libéralisme en Canada, pourquoi l'opinion publique, purmi les catholiques de cette province, est-elle partagée en deux camps très-distincts l’un de l’autre ? Cette division est profonde et elle se traduit par des polémiques, des discussions indiquant une divergence non ordinaire et qui existe non-seulement chez les laïques, mais chez les prêtres et dans l’Episcopat. Deux camps tranchés sont en présence l’un de l'autre; l’un réclamant les franchises. toutes les franchises de l’Eglise, l'autre préchant la fausse prudence, sollicitant l’ajournement de certaines questions à des temps plus opportuns et allant, l’archevêque de Québec en tête, jusqu'à s'opposer à ce que des mesures sollicitées pur un Evêque ne soient pas accordées telles que demandées. Certes, jamais scission ne fut plus profonde entre catholiques. Or cette, ligne de démarcation si prononcée, qu'indique-t-elle ? L'union ? Assurément non! Car jamais les divergences d'opinions, les polémiques ardentes ot les manières tout-à-fait différentes de voir, de penser, de parier et d'agir ne furent des signes, des éléments d’union et de concorde. Cette diver-gence, ces polémiques indiquent une division. Mais s’il ÿ a division parmi les catholiques du Canada, s’il y « chez eux deux camps parfaitements distinctà, quels noms donner à ces camps ? Nous le demandons à M. Raymond ? Quelle que soit sa réponse, elle révélera, elle accusera deux camps, deux écoles, deux drapeaux, et par cela même, elle témoignera contre M. Raymond. Elle confessera que M. le Grand-Vicaire a eu tort de donner à entendre dans sa lecture sur l’*‘ Action de Marie" que tous les catholiques du Canada vivent de la même vie, uirtagent les mêmes principes, les mêmes opinions, les uâmes idées ot qu'ils sont généralement unis.
æ'our nous, en face de ces deux camps, nous dirons : | un est ultramontain, l’autre est libéral-catholique. Celui-ci est libéral-catholique parce qu’il demande des ménagements et une temporisation que le St. Père lui-même à qualifiés du nom de libéralisme-catholique ; celui-là, au contraire, est ultramontain, parce qu'il proclame des ir toute une ligne de conduite que le Pape a quuitiés du nom d’ultramontanisme.
On commence à comprendre comment l'opinion publique, telle qu’elle est réellement en Canadu, avec ses divergences et ses divisions profondes, offre un démenti tormel à l’assertion principale de M. Raymond. Mais ce n’est pas tout.
A différentes reprises, Mgr. de Montréal, le doyen de l'Episcopat canadien, c’est-à-dire. celui de tous les Kvéques qui a été le plus à même de suivre la marche des choses et la conduite des hommes, a accusé formellement le libéralisme-catholique d’être une de nos plaies religieuses et sociales. Mgr. des Trois-Rivières, homme d’une vertu, d’une science et d’une sainteté peu communes, a aussi rendu le même verdict ; dans sa lettre d’ap-
* probation des conférences de M. l’Instituteur Villeneu-
ve, Sa Grandeur disait : ‘ Cette publication arrive dans ‘€ un moment bien opportun et met en lumière des princi- “ pes méconnus où mal compris par un TROP GRAND NOMBRE DE NOS COMPATRIOTES et repoussés “ et combattus par plusieurs catholiques, qui sont devenus les malheureuses victimes de l’Ecole rationaliste. ‘ Dans la huitième et la neuvième conférence surtout, ‘ vous combattez avec une sûreté de doctrine et un cou- “ rage tout-à-fait digne d’éloge les deux grandes erreurs “ de NOTRE TEMPS, le CATHOLICISME-LIBERA L, “etc. etc. etc. ”
Mgr. de, Birtha, tout le monde le sait, a plus d’une fois encouragé les écrivains catholiques, soit en les louant de leurs écrits, soit en mettant lui-même au service de la vérité et contre le libéralisme-catholique canadien, aveu su haute et noble intelligence, sa plume de polémiste et d'écrivain distingué. Avec de telles autorités, se présente les trois quarts du clergé canadien qui accusent assez haut Mgr. l’Archevêque de Québec, nos Seigneurs les Evêques de Rimouski. de St. Hyacinthe et d'Ottawa, les Séminaires de St. Sulpice et de Québec, l'Université-Laval et plusieurs journaux d’être imbus de l’erreur libérale-catholique. À cela s'ajoute des journaux et des écrivains encouragés de leurs Evêques et honorés des bénédictions de Pie IX, qui combattent le libéralisme-catholique canadien. M. Raymond dira-t-il maintenant que l’opinionipublique est pour lui? S'il affirme avoir pour lui tout un camp, nous lui concédons la véracité de son assertion et nous reconnaissons ce ‘amp pour celui du libéralisme-catholique, dout il nie