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trauail, et apres l’auoir mis à sa perfection, les pluyes recommencerent : de sorte qu’ils publierent par tout la grandeur de nostre Dieu.
le ne puis obmettre vn gentil debat qui arriua entr’eux, à raison de nostre bastiment, d’vn ieune garçon lequel n’y trauaillant pas de bonne volonté, se plaignoit aux autres de la peine et du soin qu'ils se donnoïent, de bastir vne Cabane à des gens qui ne leur estoient point parens, et eust volontiers desiré qu’on eust delaissé la chose imparfaite, et nous en peine de loger auec eux dans leurs Cabanes, ou d’estre exposez à l’iniure de l’air, et incommodité du temps : mais les autres Sauuages portez de meilleure volonté, ne luy voulurent point acquiescer, et le reprirent de sa paresse, et du peu d’amitié qu’il tesmoignoit à des personnes si recommandables, qu’ils deuoientcherir comme parents et amys, bien qu'’estrangers, puis qu'ils n’estoient venus que pour leur propre bien et profit.
Ces bons Sauuages ont cette loüable coustume en treux, que quand quelques-vns de leurs Concitoyens n’ont point de || Cabane à se loger, tous vnanimement prestent la main, et luy en font vne, et ne l’abandonnent point que la chose ne soit mise en la perfection, ou du moins que celuy ou ceux pour qui elle est destinée, ne la puissent aysement paracheuer : et pour obliger vn chacun à vn si pieux et charitable office, quand il est question d’y trauailler, la chose se decide tousiours en plein conseil, puis le cry s’en faict tous les iours par le Bourg, afin qu’vn chacun s’y trouue à l’heure ordonnée, ce qui est vn tres-bel ordre, et fort admirable pour des personnes
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sauuages que nous croyons, et sont en effect, moins policées que nous. Mais pour nous, qui leur estions estrangers, et arriuez de nouueau, c’estoit beaucoup, de se monstrer si humains que de nous en bastir auec vne si commune et vniuerselle affection, veu qu’ils ne donnent ordinairement rien pour rien aux estrangers, si ce n’est à des personnes qui le meritent, ou qui les ayent bien obligez, quoy qu’ils demandent tousiours, particulierement aux François, qu'ils appellent Agnonha, c’est à dire gens de fer, en leur langue, et les Canadiens et Montagnais nous sur-nomment Mistigoche, qui || signifie en leur langue Canot ou Basteau de bois : ils nous appellent ainsi, à cause que nos Nauires et Basteaux sont faicts de bois, et non d’escorces comme les leurs : mais pour le nom que nous donnent les Hurons, il vient de ce qu’auparauant nous, il ne sçauoient que c’estoit de fer, et n’en auoient aucun vsage, non plus que de tout autre metal ou mineral.
Pour reuenir au paracheuement de nostre Cabane, ils la dresserent enuiron à deux portées de flesche loin du Bourg, en vn lieu que nous-mesmes auions choisi pour le plus commode, sur le costeau d’vn fond, où passoit vn beau et agreable ruisseau, de l’eau duquel nous nous seruions à boire, et à faire nostre Sagamité, excepté pendant les grandes neiges de l’hyuer, que pour cause du fascheux chemin, nous prenions de la neige proche de nous pour faire nostre manger, et ne nous en trouuasmes point mal, Dieu mercy. Il est vray qu’on passe d’ordinaire les sepmaines et les mois entiers sans boire : car ne mangeant iamais rien de salé ny espicé, et son manger quotidien n’estant