INTRODUCTION
Beaucoup de directeurs d'Écoles de greffage nous ont demandé, pour leurs élèves, un résumé de l'enseignement théorique et pratique de la greffe de la vigne. De là cette brochure.
En nous rendant à leur désir, nous avons été amené à compléter cet opuscule par l'exposé des procédés de greffage et de plantation les plus usités dans le vignoble et aussi dans nos propres cultures.
Quelques méthodes, à peine décrites dans les ouvrages spéciaux, mais qui, dans certains cas, peuvent rendre aux vignerons d'utiles services, forment également plusieurs chapitres. Nous avons, avant tout, cherché à rester pratique.
Peut être trouvera-t-on que nous nous sommes trop étendu sur la greffe anglaise, bouture mise en pépinière avant plantation. Nous avouons franchement que ce système a toutes nos prédilections, et puis il nous réussit si bien chaque année, depuis 8 ans, que notre préférence nous semble excusable.
Du reste, nous ne sommes pas seul à le préconiser. Les viticulteurs du Midi, qui ne rêvaient que greffe en place, commencent à venir à la greffe en pépinière. C'est que ce mode de greffage permet de faire passer aux greffes une sorte de conseil de révision et de ne planter dans la vigne que des greffes bien soudées, bien constituées.
Nous adressant à un public spécial > tout converti au greffage, nous n'avons pas à insister sur le rôle qu'il est Rappelé à renaplir comme moyen de conserver nos vignes indigènes en les établissant sur des racines américaines résistant au phylloxéra.
Tous les jours on nous pose cette question : Croyez^ vous que la vigne américaine résistera au phylloxéra indéflniment ?
Chaque année qui s'écoule permet d'être plus affirmatif pour conclure à sa résistance, mais nous n'oserions dire d'avance ce qu'elle sera dans un siècle. Nous préférons affirmer nos convictions en plantant : nous avons planté^ nous plantons, et, s'il plaît à DieUj nous planterons encore. Pour cet hiver 1889- 1890j bien que notre vignoble soit petit, nous lui ajoutons encore 8 hectares de plantation en vignes greffées.
L'essai en grand des producteurs directs, ces dernières années, n'a pas réalisé tout ce qu'on attendait d'eux ; leur résistance parfois trop faible , leur moindre production ou le goût spécial de leurs fruits ont contribué à augmenter le nombre des viticiûteurs qui, se ralliant aux idées de notre excellent maître et ami M. Pulliaï^ voient, comme nous, dans le greffage Tavenir et le salut de la viticulture.