‹ Le greffage pratique de la vigneChapitre 5 sur 14 · THÉORIE DU GREFFAGE · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GREFFAGE

Ceux de nos lecteurs qui voudraient une étude plus complète de la greffe au point de vue botanique trouveront à la fin de ce petit travail quelques détails physiologiques qui pourront les intéresser. Nous tenons à ne point perdre de vue que nous nous adressons aux praticiens, et c'est pour eux que nous résumons ici les données indispensables à une pratique raisonnée.

La greffe est une cicatrisation en commun de deux plaies mises en parfait contact.

2 En examinant attentivement la section

horizontale d'un sarment de vigne, on remarque quatre parties fort distinctes : au centre, la moelle enveloppée de la partie ligneuse ou bois proprement dit ; puis, entre le bois et l'écorce, on remarque une couche génératrice formée de cellules microscopiques, ayant la faculté de se diviser à l'infini pour former chaque année , dans la partie extérieure, les diflérentes couches de Técorce et les zones annuelles du bois à l'intérieur, c'est la partie qui correspond à l'aubier dans la plupart des bois.

Figure 1. l^s cellules génératrices ou cambium

2^ Couche génératrice, out, cu outrc, la propriété dc s'ideutifier A, Moelle. avcc Ics cellulcs d'un végétal de même

nature , lorsque ces deux couches sont rapprochées intimement. C'est sur ce principe que repose la théorie et la pratique du greftage de la vigne. En conséquence, il devient évident que Tâge le plus favorable au succès est la première année qui suit la plantation, ou la seconde au plus tard, dans le cas d'un trop faible développement. C'est le moment de la plus grande épaisseur proportionnelle des anneaux ligneux annuels, comme aussi c'est celui de la plus faible étendue des lésions. C'est aussi pourquoi un habile greffeur'doit tenir compte de l'épaisseur de Técorce des deux bois qu'il réunit et s'efforcer de laisser un diamètre légèrement plus gros au plant qui a la plus grosse écorce.

La grefle naturelle par approche est fréquente dans la nature. Chez les hêtres, les tilleuls, les sapins et les charmes, surtout quand ces derniers sont cultivés en charmille, on l'observe souvent, soit entre branches du même arbre, soit entre arbres différents de même espèce, plus rarement entre arbres d'espèces et même de genres différents. Amenées par le fait de leur croissance à se presser Tune contre l'autre, deux branches se sont usées, blessées au point de contact, puis la cicatrisation s'est faite en commun et la greffe a eu lieu.

Ce contact, cette blessure et cette greffe consécutive peuvent s'opérer aussi dans le sol entre les racines enchevêtrées de plantes voisines ; la chose est plus fréquenté qu'on le croit. Une fois la greffe réalisée, on peut couper l'une des branches au dessous du point d'union, elle demeurera nourrie par l'autre ; elle sera devenue par là un greffon et l'autre un sujet. Dans ce dernier cas, la greffe ressemble au marcottage.

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