‹ Le grenier du poète, vaudeville en un acteChapitre 12 sur 18 · SCÈNE ÏX · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏX

Les Mêmes, ROCH.

RCCJI.

Parole d'honneur, on n'en fait plus d'autres à présent, toujours renvoyer de Jean à Guillaume.

IIAIMOND.

Eh ! c'est l'aimable monsieur Roch , soutien journalier à vingt- cinq pour cent des artistes et des enfans de famille.

ROCH

Ah! monsieur Raimond, enchanté, de vous voir, je ne savais pas que c'était vous ( à part. ) Me voilà bien tombé . ( // examine le local et a^eint son lorgnon* ) RAtMOND riant.

Enchanté! vous n'en avez pas l'air; eh bien , que dit-on, que vous voulez offrir un logement à Sainte-Pélagie à mon ami Delorme?

ROCH

%Te lui laisse le choix de loger ou de payer.

RAIMOND

Ouï, vous y mettez de la grâce. Ça, voyons, sans déroger aux principes et sans paralyser vos honnêtes spéculations , il est bien avec vous des accommodemens ? ROCH, toujours examinant.

Sans doute. ( // lorgne la tahlette aux livres, ) Eh mais , je n^avais pas vu là, des livres magnifiques, (^il revient ). Je ne demande pas mieux que de m'arranger. BABET à part, Seraît-ii vrai.'^

ROCH

Les belles éditions de Didot !

KAIMOND.

Dans un grenier c'est surprenant, pas vrai ? mais

cela ne m'a rien coûté.

ROCH regardant toujours.

Diable! ( // s'approche de Raimond,) Pour revenir, qu'est-ce que je demande, ( en jouant avec la chaîne de son lorgnon) mille francs comptans , un effet de trois cents francs à courte échéance pour les frais de protêt , signification de jugement , sommation , prise de corps , choses de forme , enfin. . . tout en regrettant d'avoir été obligé...

BABET à part.

Oui des regrets !

RAIMOND le raillant.

C'est pas mal , j'aime la sensibilité en affaire , mais là prison...., nous savons ce que c'est , ça ne fait les affaires de personne. Ecoutez, je voudrais être utile à mon ami , et acquitter votre créance. .

ROCH

Vous ?

RAIMOND

Oui, si vous voulez de ma caution jusqu'à demain seulement.

ROCH voyant un liore sur la table.

Quoi , vous avez ce magnifique Racine in-quarto? votre caution sans doute esttrès-recevable. . . . voilà des livres.. .

RAIMOND

Que vous aimeriez mieux. . . heia !

ROCH

Cette superbe collection classique latine, si rare aujourd'hui.

EAIM^OND.

J'y tiens plus qu'à ma vie , c'est un présent de mon vieux professeur .... 11 n'existe plus .... enfin à tous ces livres se rattachent de vieux souvenirs et mes triomphes de collège.

Air : de la Robe et des Bottes.

J'y vois inscrits des témoignages Qui font ma gloire et mon bonheur ; Enfin ces immortels ouvrages Sont mes premiçr^ titres d'honneur.

Quelqu'un m'offrit , daiis doS jaurs un peu rudes , De les échanger pour du pain ^ Mais sur le prix de nos études , Je serais plutôt mort de faim.

ifOCH pirouettant.

Ça n'a pourtant rien de bien g^J, mais cela prouve

. ,....,:. u< , : ' vRAiMQND. ,: ' .-

^ Cela prouve que vous ne les aurez pas ; cependant; comme je' vois que vous offrir ma caution, c'est vous parler grec , un effet' de la sqmme. sur la: maison Tarva vous convieist-il ?

ROCH

Ce rîjçlijç ISbraire !

RAIMOND

JTaî quelque droU de penser qu'il me servira dans cette occasion.

ROCH

J'accepte, je veux vous prouver que j'ai le plus grand désir de vous être agréable.

RAIMOND

Ah ! vous nommez cela?. . . il m^importe , partons, c'est à deux pas,

ROCH

Et vous répondez du remboursement des avances faites par l'huissier ?

RAIMOND

Eh! cui, (à Babet) Toi , ma Babet , reste ici jusqu'à mon retour. . . et puisque tu es assez bonne pour cela, veille à ce que tout soit prêt pour le moment où viendront mes convives

( Baîmond prend ses gants et son chapeau, )

Air : Doux moment, (Maison de plaisance.)

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