‹ Le grondeur, comédie en trois actesChapitre 15 sur 51 · CATAU , HORTENSE · texte numérisé non relu

CATAU , HORTENSE

HORTENSE

Mon oucle et mon frère sont allés avertir Clarice de se rendre ici.

G ATAU.

Fort bien. Vous, si votre père vous propose de vous marier avec monsieur Fadel , faites semblant d'être soumise à sa volonté j et ne l'irritez point par un refus,

HORTENSE

Mais si une fois j'ai dit oui ?

G ATAU.

Eh bien 5 vous direz non.

HORTENSE

Ne te fàcbe point , ma pauvre Catau.

G ATAU.

I^aissez-vous donc conduiie.

HORTENSE

Mais si ce que tu entreprends ne réussit point?

CATAU

Oh ! faites donc à votre tête.

HORTENSE

Mon Dieu ! que tu es prompte ! Je crains de me voir mariée au plus imbécile et au plus mal fait de tous les hommes.

GATAU.

Vous ne seriez pas la seule. Je connais de belles personnes comme vous, qui ont pour époux de petits magots d'hommes: mais aussi , en revanche , je connais de beaux et grands jeunes hommes qui ont pour épouses de petites guenuches de femmes. Cela est assez bien compensé dans le monde 3 et l'avarice fait tous les jours ces assortimens bizarres,

HORTENSE

Le malheur des autres est une faible consolation *

CATAU

Oh , çà ! puisque vous voulez tant raisonner, que prétendriez-vous faire, si , malgré ce que j'entreprends , votre père s opiniàtrait à vous donner à monsieur Fadel ?

HORTE>'SE.

Je ne sais.... mourir.

CATAU

Mourir ?

HORTENSE

Oui , te dis-je , mourir.

CATAU

Et si vous ne pouviez pas mourir ?

HORTENSE

Obéir.

Obéir?

HORTENSE

Oui , Catau , obéir. Une fille qui a de la vertu n'a point d'autre parti à prendre.

CATAU

Je ne suis pas, moi, tout-à-fait de cet avis-là. Il est vrai qne la vertu détend à une fille d'épouser contre la volonté de ses par m s un homme qui lui plaît *, mais la vertu ne lui défend pas de s'opposer à leur volonté , quand ils veulent lui donner pour époux un homme qui ne lui plaît point.

HORTENSE

Mon père n'est pas fait comme les autres ; et si j'ai une fois consenti, te dis-je..»

CATAU

Bon! consenti. Allez, mademoiselle, en fait de mariage, une fille a son dit et son dédit : mais nous n'en viendrons pas là. Laissez seulement agir Clarice , et faites ce que je vous dis.

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