SCÈNE IL
TÉRIGNAN, CATAU, HORTENSE.
HORTENSE
Voici déjà Catau.
TÉRIGNAN.
Eh bien , qu'as-tu appris chez Clarice ?
CATAU
Monsieur de Sainl-Alvar son père était sorti , et Claiice u'étaii pas encore levée. Mais...
Quoi î mais?
CATAU
Ne connaissez-vous pas à mon air que je vous apporte de bonnes nouvelles ?
HORTENSE
El quelles ?
CATAU
Vous serez mariés ce soir, l'un et l'autre. La maison de monsieur de Samt-Alvar est toujours remplie de préparatifs qu on y fait pour vos noces.
HORTENSE
Je vous le disais bien , mon frère.
TÉRIGNAN.
Je ne serai point en repos que je ne sache la raison du retardement d'hier au soir, de la propre bouche de mon père.
HORTENSE, à Catau.
Va donc voir s'il est revenu.
CATAU
Bon ! revenu; eh! ne l'entendrions-nous pas, s il était au logis ? Cesse-t-il de crier, de gronder, de tempêter, tant qu'il y est? et les voisins eux-mêmes ne s'aperçoivenl-ils pas quand il entre , ou quand il sort ?
HORTENSE
Au moins, seconde-nous bien aujourd'hui : quoi qu'il fasse, nous avons résolu de le contenter.
CATAU
De le contenter? ma foi ! il faudrait être bien fin. Avouez que c'est un terrible mortel que monsieur votre père ?
HORTENSE
Nous sommes obligés de le souffrir tel qu'il est.
CATAU
Les valets et les servantes qui entrent céans n'y demeurent, tout au plus , que cinq ou six jours. Quand nous avons besoin d'un domestique , il ne faut pas songer à le trouver dans le quartier, ni même dans la ville \ il faut l'envoyer quérir en un pays où l'on n'ait point entendu parler de monsieur Grichard, le médecin. Le petit Brillon , votre frère , qu'il aime à la rage , a changé de précepteur trois fois dans ce mois-ci , parce qu'il ne le châtiait pas à sa fantaisie. Moi-même, je serais déjà bien loin , si l'affection que j'ai pour vous...