‹ Le grondeur, comédie en trois actesChapitre 38 sur 51 · M. G RICHARD · texte numérisé non relu

M. G RICHARD

L'ordre est tout donné.

ARISTE

Comment donc ?

M. GRICHARD,

Je n'en veux plus entendre parler.

ARISTE

Je vous admire, mon frère. Hier vous vouliez donner Térignan à Clarice , et Hortense à Mondor^ ce matin vous vouliez épouser Clarice , et donner votre fille à M. Fade) ; et ce soir vous ne voulez faire ni l'un ni l'autre.'^

M. GRICHARD.

Non , non , non^ de par tous les diables ! non.

ARISTE

Voilà cependant trois fois , de bon compte , que vous changez de sentiment dans un jour.

M. GRICHARD.

J'en veux changer trente, s'il me plaît; et afin qu'on ne m'en vienne plus rompre la tête, je suis bien aise de m'être engagé , en votre présence , à partir demain matin , pour aller voir à la campagne ce seigneur malade qui m'a fait l'honneur de m'envoyer son aumônier.

ARISTE

Mais au moins , avant que de partir , vous devriez prendre quelque ajustement avec monsieur de Saint-Alvar.

Je n'en ferai rien.

ARISTE

Il a de puissans amis.

m. GRICHARD,

Je m'en moque.

ARISTE

Vous lui avez donné votre parole.

M. GRICHARD.

Qu'il la garde.

ARISTE

Il vient de vous dire à vous-même qu'il savait le moyen de vous la faire tenir.

M. GRICHARD.

Je l'en défie.

ARISTE

Il s'est mis en frais pour ces mariages.

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