SCÈNE XVI
ARISTE, M. GRICHARD, TÉRIGNAN.
TÉRIGKAN.
Mon père , je sais ïe tour qu'on vous a joué \ j'ai découvert d'où cela vient-, et je viens vous dire qu'il ne tiendra qu'à vons
de ne point aller à Madagascar, et de ravoir mon frère sans
qu'il vous en coûte rieu.
M. GRIGHARD.
Comment ?
TÉRIGNAN.
Monsieur de Saint-Alvar est cause de tout.
ARISTE
Monsieur de Saint-Alvar ?
TÉRIGNAN.
Lui-même. Par malheur, il est proche parent de ce capitaine....
M. GRIGHARD.
Je sais qu'il est son oncle : achève. ,
TÉRIGNAN.
Eh bien , il s'est allé plaindre à son neveu que vous lui avez manqué de parole , et que c'est le plus sensible affront que Ton puisse faire à un gentilhomme.
M. GRIGHARD.
Le maudit vieillard !
ARISTE
Il avait bien dit qu'il savait le moyen de se venger.
TÉRIGNAN.
Ce capitaine a juré qu'il vous emmènerait , vous et mon frère , si vous n'épousiez Clarice.
M. GRIGHARD.
Moi, que j'épouse cette baiadine ? J'aimerais autant épouser l'opéra.
TÉRIGNAN.
Je vais donc lui dire qu'il n'y a rien à faire ?
(i) ARISTE.
Attendez , mon neveu. Prenons ici un expédient pour contenter tout le monde. Il doit leur être indifférent qui de vous deux épouse Clarice ?
TÉRIGNAN.
Ah ! mon oncle , je vous entends ; n'en dites pas davantage. Vous savez bien que je suis engagé à Nérine ?
M. GRIGHARD.
Nérine , pendard! la fille d'un médecin qui n'est jamais de
mon avis.^
(i) M. Gricliarcl, Ariste, ïe'rignan.
TÊRIGNAN, à Ariste.
Mon oncle, je vous supplie.... {A M, Gricliard,) Mon père, je vous conjure...
M. GRICHARD.
Tais-toi , maraut. Dusses-tu enrager, tu épouseras Clarice, s'il ne faut que cela pour nous tirer d'affaire.
TÊRIGNAN.
Oh ! j'aime mieux aller aussi à Madagascar.
M. GRICHARD.
Tu n'iras point à Madagascar, et tu l'épouseras.