SCÈNE XVII
CATAU, M. GRICHARD , ARISTE , TÊRIGNAN.
CATAU, àM. Gricliard.
Monsieur, je vous prie de me donner mon congé.
M. GRICHARD.
Pourquoi ton congé?
CATAU
Je ne veux plus servir une extravagante.
M. GRICHARD.
Que t'a-t-elle fait "?
CATAU, montrant Ariste.
Est-ce que monsieur ne vous en a rien dit.^
Ma nièce m'a prié de n'en point parler.
CATAU
Refuser un parti si avantageux , et qui nous mettrait tous hors d'embarras !
M. GRICHARD.
Quel parti ?
CATAU
Comment, monsieur.^ Ce neveu de monsieur de Saini- Alvar, ce marquis de vingt mille livres de rente ^ ce gouverneur de Madagascar, a chargé (^Montrant Ariste.) monsieur de vous demander Hortense en mariage.
ARISTE, à M. Grichard.
Il est vrai , mon frère : mais elle a quelque secrète aversion pour lui.
CATAU, à M. Gricliard.
Aversion pour un homme de vingt mille livres de rente , et qui est fait à peindre! Vous l'avez vu, monsieur.
^o LE GRONDEUR,
M. GRICHARD.
Qui 5 moi ? et quand?
C AT AU
Tout à riieure. C'est cet homme de condition qui est venu "VOUS consulter...
Qui ? ce grand flandrin? Il est encore plus sot que Fadeî : mais il n'est que trop bon pour Hortense.
ARISTE
C'est un homme , après tout , que nous ne connaissons pas bien^ et je trouve que ma nièce a raison.
M. GRICHARD.
Et moi^ je trouve que votre nièce est une sotte.
c AT AU.
Assurément, monsieur. Je sais bien d'où vient son aversion ; elle est affolée de son Mondor qui ne viendra peut-être jamais.
M. GRICHARD.
La coquine ! Je vois ce que c'est : ils sont tous d'intelligence contre moi et Brillon -, ils voudraient déjà nous savoir bien loin. Ahl parbleu, je ne serai pas leur dupe. Allons, allons, Catau.
CATAU
Que vous plait-il , monsieur ?
M. GRICHARD.
Fais venir Hortense , et va dire à monsieur de Saint- Alvar, à Clarice, et à ce marquis, de se rendre ici tout à l'heure.
CATAU
J'y cours : vous les aurez dans un moment.