BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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i LES ORIGINES DU GROUPE
C'est maintenant la rue Ballu, c'était alors la rue de Boulogne, une de ces rues tranquilles, sans boutiques, bordéç en grande partie d'hôtels particuliers et où passent peu de voitures. En 1880, les jardins étaient un peu moins morcelés qu'aujourd'hui, il y avait peut-être quelques beaux arbres de plus, mais l'aspect d'ensemble n'a pas dû changer beaucoup.
L'immeuble qui porte le n° 23 n'a pas été modifié extérieurement depuis le jour où Zola vint l'habiter en 1877.
Trois étages sur la rue ; une entrée composée d'un double porche fait de deux grands arcs plein cintre supportés et séparés par une colonne haute d'un étage. Ce porche de circulation et d'entrée permet aux voitures d'accéder aux pavillons qui sont en retrait dans le jardin.
Les fenêtres de l'appartement de Zola prenaient jour au deuxième étage, les unes sur la rue de Bou-
logne, les autres sur le jardin'. L'auteur de Thérèse Raqtàn résidait là quatre mois de Tannée, en hiver ; 1= ««.M ju temps, il s'installait à Médan^ où il avait ■s des maçons à surveiller, li ses rares familiers, le petit groupe d'écrivains :ait constitué autour de lui alors qu'il habitait Saint-Georges, aujourd'hui rue des Apennins, tignoUes, se retrouvait dans son cabinet de tous les jeudis soirs.
passant, Huysmans, Céard, Hennique et Alexis, nenant l'autre, dînaient ensemble, soit rue u, à l'angle de la rue Puget, soit dans un n situé 5 1 rue Condorcet ; après quoi ils finir la soirée chez Zola où ils échangeaient rojets, leurs espoirs. Et l'on peut dire, qu'en le son titre, le recueil intitulé Les Soirées de fut conçu et mis au point rue de Boulogne*.
ment les six amis s'étaient-ils connus ?
jI Alexis décrit ainsi cet appartement : « Dans l'ameude notre naturaliste d'aujourd'hui le romantique des s années persiste. C'est surtout dans son appartement : de Boulogne, où il habite depuis 1877, que Zola a pu ; d'andens rêves. Ce ne sont que vitraux, lits Henri II, italiens ou hollandais, antiques Aubussons, étains bosilles casseroles de 1830.,. « (Emile Zola, Noies d'un ami,
dan est situé entre Poissy et Triel. Zola y acheta 9000 n 1878, la propriété qu'il ne cessa d'agrandir. Une moe du village de Médan a été écrite par le baron Jérôme ans le Bulletin du Bibliophile ta 1849. Lapropriétéacquise a été offerte par sa veuve à l'Assistance Publique en 190Î. ir Notes à la tin du volume. Anicle d'Edmond Lepeller«n/ir, 8 juillet 189^).
Alexis, de sept ans plus jeune que Zola, avait entendu parler de celui-ci à Aix-en-Provence, au collège Bourbon, en 1857 ; sa première visite à Paris, en 1&69, avait été tout naturellement pour « le fils de celui qui avait fait le canard'Aix », pour ce Zola qui commençait à s'imposer par les premiers volumes de la série des Rougon...
Chez Flaubert, faubourg Saint-Honoré, Zola avait rencontré Maupassant, alors employé au ministère de la Marine.
Céard s'était présenté de lui-même un dimanche d'avril 1876 et il nous a conté ^ que la présentation ne se fit pas sans quelque comique. Sa carte indiquait qu'il demeurait, 36, rue Gallois, à Bercy. A la lecture du domicile imprimé sur le carton, Zola crut qu'un placier de l'Entrepôt des vins venait lui oflfrir des échantillons. Bien qu'il n'eût pas besoin de liquides pour sa table, il vint trouver le visiteur. Le quiproquo dissipé, Céard exposa les raisons littéraires de sa visite. Zola invita Céard à venir le voir de nouveau, et il ajouta :
— « Vos amis aussi seront les bienvenus. »
Ainsi la maison, d'abord ouverte à Céard, reçut Huysmans, amené par son ami et qui venait de faire paraître Marthe.
Enfin Hennique, ayant fait la connaissance de Paul Alexis à la République des Lettres^ n'avait pas tardé à compléter le petit groupe, qui le dimanche se retrouvait