I. Cf. En regardant passer la vte, p
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J.-K. HUYSMANS, CONVERTI UTTÉRAKE
Ces relonrs A la aoyaact, ces ippréheoûcnu
Les mjnïqucs sont d
L'exceptionnelle curiosité qui s'est exercée, depuis vingt ans, sur l'œuvre de J.-K. Huysmans, la description de son cas dans les moindres particularités, se sont traduites par une prodigieuse quantité de brochures, d'essais, voire de gros livres aux allures de thèses médicales, théologiques, ésotériques et, quelquefois, littéraires.
Parmi les auteurs de ces études, les uns lui furent indulgents jusqu'à le mettre en parallèle avec les Pères de l'Eglise ou à le rapprocher de Biaise Pascal', les autres se montrèrent rigoureux jusqu'à déclarer son œuvre désormais indéchiffrable et s'étonnèrent de ne plus même retrouver, « dans les livres qu'il a laissés, leur ancien pouvoir d'ennuyer'. »
I, Cf. F. Sttowski et Heari Bkndîn.
z. Sur la tombe dt Huysmans, par Léon Bloy ; Huysmans et Bloy communièrent dans un même dégoût de leur époque jusqu'en 1884. A cette date Huysmans envoyait A Rebours avec Dbffoux kt Zatis. g
, en passant, que quelques-uns des apoloels de J.-K. Huysmans furent naguère aussi ns le dénigrement qu'ils le sont aujourd'hui lange. Enfin, parmi ses détracteurs, certains lèrent par leur violence et ce sont tels écripiété ancienne qui, pourtant, vers 1880, pas assez de louanges pour saluer l'auteur 'Dos.
r côté, les lecteurs bénévoles, les simples : crises morales ne se sont jamais passionnés lent pour le savoureux écrivain du Drageoîr le Marthe, des Saurs Vatard ou de En s demandaient un ragoût plus relevé encore :
ion de ce même écrivain.
e des éditions en témoigne ; le dernier livre ns. Les Foules de Lourdes, atteint le 40* mille ; '. même pour La Cathédrale, pour £« Route; ivres qui parurent avant 1890 — A Rebours - ont eu péniblement 9 ou 10 éditions, i converti littéraire est de meilleure vente nans exclusivement naturaliste.
iversion ! ce mot pour le public est toujours nonyme de scandale. Toutes les curiosités édiatement en éveil autour du néophyte.
>rusque dans une voie qui semblait choisie ecte direction nouvelle dans un sens opposé Ktes à informations indiscrètes, à indiscré- Tiieux informées. L'intérêt est poné à son le converti, venu de loin et tout meurtri
uivante 1 l'auteur du Pal: A M. Léo» Bloy, A Rebours i siick. J.-K. Huysmans. Par U suite, Léon Bloy îrières de J.-K. Huysmans à « des fleurs artificielles > un pot de chambre... »
par les rades incidents du voyage, veut bien conter, devant tous, ses aventures et proclamer son exemple.
Ainsi agit ingénument Joris-Karl Huysmans. Le bruit qu'il provoqua le surprit peut-être au début, mais l'incita bientôt à multiplier les actes de contrition auxquels nous devons tant de belles pages.
Comme les gens qui, autrefois, se confessaient sur la place publique, il n'eut pas notion que l'aveu' dés &utes d'un homme de lettres pouvait se passer de témoins aussi nombreux.
En se rappelant tout à coup les prières de son enfance, en retrouvant son âme mystique sans perdre les habitudes de documentation littéraire qui, avec . son style, constituent son originalité, Huysmans venait, comme il le souhaitait, de renouveler sa manière littéraire et de découvrir des sujets qui n'avaient pas été trop traités avant lui '. Nul écrivain ne saurait rester insensible à cette considération.
Aussi bien, n'est~iJ pas amusant d'apprendre, dans un roman, l'existence du plain-chant, de pénétrer la littérature latine de la décadence, de s'initier à la symbolique liturgique, sculpturale, architectonique des cathédrales et à tant d'autres belles choses dont le lecteur ni l'auteur n'avaient jusque-là aucune idée!
N'est-il pas piquant de constater, « avec une pointe d'humour noir » que les hosties, le pain de l'Eucharistie, ce pain qui devrait être de pur froment est, depuis deux siècles, febriqué avec de la farine de haricots, de la potasse, de la terre de pipe ou de la fécule de pommes de terre ! — On se rappelle la &meuse page à' A Rebours :
I, Notes. Déclarations de J.-K. Huysmans à Jules Huret.
« Or^ Dieu se refusait à descendre dans la fécule, c'est un fait indéniable, sûr, etc.,, »
Les indifférents mêmes, ceux qui observent une attitude sceptique, sinon hostile, vis-à-vis delà religion, et qui ne croient guère à l'efficacité de son idéal, s'intéressent volontiers aux circonstances extérieures d'une conversion, particulièrement lorsqu'il s'agit d'un écrivain dont maintes pages ne témoignent pas d'une déférence excessive pour l'Église et pour son clergé ; écrivain hî^bile, par surcroît, à exposer les impressions contradictoires ressenties au cours de retraites à Igny, à Ligugé ou, plus simplement, à l'audition des Impropères du Vendredi-Saint, dans l'étroite chapelle des Bénédictines de Saint-Louis-dù-Temple et du Saint- Sacrement.
L'inquiétude mystique n'étant pas, autant qu'il paraît, bannie des intelligences modernes, il arrive que tel « libre-penseur » n'est pas éloigné de rapporter à soi les ferventes angoisses du romander, ses doutes, ses combats d'âme, son supplice moral... Tel incrédule farouche qui mépriserait cette confession dans un manuel religieux l'accepte et s'en réjouit lorsqu'il la lit dans un in- 18 fadlement trouvé aux bibliothèques des gares...
Par suite, qui sait s'il ne sera pas tenté, un instant au moins, cet incrédule, de se « pouiller l'âme », à l'exemple de l'artiste qui met au service d'une conviction certaine son étrange éloquence faite des mille contrastes bien humains de la satire et de la crainte du péché, de la raillerie profane et du recueillement, de la crudité de l'écriture et du besoin de sérénité, sérénité conquise enfin définitivement, après tant de passionnantes luttes! Heureuse vulgarisation d'une
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foi pleine d'imprévu, de pittoresque et qui, selon l'abbé Mugnier, détermine chaque jour des retours à Dieu et feit éclore des vocations.
On conçoit que l'Église se montre jalouse d'une recrue si précieuse dont le talent lui fit gagner, en propagande, ce qu'elle perd peut-être en dogmatisme.
Mais, il est des catholiques qui affectent plus de réserve que le mondain ami de M"* la comtesse Greffulhe et de M, Anatole France. Ce sont gens trop épris sans doute de pure orthodoxie et qui oublient cette forte parole pourtant si souvent citée : a Prenez garde à l'Absolu... Le Modus est le grand dogme de la raison! »
Comme certain missionnaire apostolique, fort de l'approbation du Saint-Siège, ils accusent Huysmans « de donner des armes aux ennemis de la religion >> (ceci, à propos des Foules de Lourdes'). Ou, comme un prêtre du diocèse de Bourges, l'abbé F- Belleville', ils lui reprochent « de s'être attaqué, aussitôt que converti, à tout ce qui, dans l'Église> ne répondait pas à son naturalisme mystique ».
« Le naturalisme est laraison d'être de M. Huysmans dans l'Église, écrivait cet ecclésiastique au lendemain de La Cathédrale; le naturalisme est le ressort de sa conversion, la grande idée de sa vie. C'est Durtal qui paraît au confessionnal, mais, ne savons-nous pas que la conversion de Durtal n'est autre que la conversion de M. Huysmans ? La conièssion de même. Or, je vois bien qu'il avoue discrètement à son confesseur les péchés qu'il a détaillés à ses lecteurs avec
de Huysmans, par l'abbé F. Belleville, chez
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copieuse indiscrétion tout au long de deux ;; mais, je suis bien obligé d'ajouter que cette an, soit oubli, soit insincérité, n'est pas comy cherche en vain le péché littéraire ; et j'en
que M. Huysmans est entré dans l'Église in subterfuge et, qu'en tout cas, sa confession rien. li a réussi à sauver à la douane des proi ne passent jamais. C'est une conversion de inde. »
ise comparée à une douane ! M. l'abbé e est-il bien sûr de ne pas parler comme l'écriil réprouve ? — Quoi qu'il en soit, cette dure avait, paraît-il, beaucoup peiné le pauvre ins. Dans les livres qui suivirent, il s'eflforça
moins d'atténuer tant qu'il put le « péché : ». Il accentua le côté inventaire-comptable agiographîes en y multipliant les expressions : e, récapitulons, car enfin, en résumé, etc., qui nt son, embarras.
la an de sa vie, il était même parvenu, tout « les bedeaux et la clique des pécores pieuses » icrait jadis, à ne plus dire Dieu, la Vierge, mais yieu, la Bonne Vierge. Littérairement, il n'ofrs plus grand danger pour les bonnes âmes. Ses , ses relations spirituelles ne cachaient plus liège pour ceux qui venaient y chercher sujet ition.
rave homme, tenacement, il condnua de se 1er l'âme » et de frissonner d'horreur en se ant de ce qu'il jugeait être « ses péchés ». U lui-même : a Ce nettoyage exécuté, d'autres reviennent. C'est toujours à recommencer ! »
croirait entendre une réflexion de ménagère
dans un roman naturaliste : n Ici, plus on nettoie, plus c'est sale ! »
En dépit de cette bonne volonté évidente, jointe à la crainte d'être mis à l'Index, Huysmans n'inspire encore qu'une demi-confiance à son dernier éditeur qui, sur le catalogue, ne fait précéder aucun de ses livres de l'astérisque * indiquant que touvrage peut être mis dam toutes les mains !
La littérature qui reflète cet état d'esprit est forcément bornée. Après avoir touché au « mur du fond a avec le naturalisme, Huysmans touchait au mur d'en haut avec la religion '.
Sa fin fiit pleine de noble amertune, de dignité dans la souffrance et son ami, l'abbé Fontaine, put dire, en toute justice, le soir du 12 mai 1907 :
— Sâgneur, vous lui avie:( donné beaueotfp de talent, il Va fait servir pour votre gloire ; vous lui ave^ donné beaucoup de douleur, il l'a acceptée pour votre bénédiction!
Huysmans s'ingénia à combattre longuement les répugnances de son caractère pour les dogmes catholiques et les pratiques de soumission qu'ils entraînent. Pour deux ou trois intimes seulement, de condamnables laïcs, il garda, comme chose défendue, cette verdeur de langage dont il sentait bien qu'il lui était impossible de se dépanir complètement. Il resta fidèle aussi à certaine tournure de duplicité railleuse qui, dans le même temps, lui fit adresser, à de vieux camarades, des lettres sans indulgence pour les
I, Notes. Article de M, HearyCéard dans leMofin sur Huysmans et la religion. Extrait de la préfece de M. Lucien Desc.ives pour les Paga choisies.
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pieuses personnes (Févêque de Poitiers, notamment), intéressées à sa conversion et, à ces pieuses personnes, d'édifiants billets par quoi il célèbre, dans un style bien diflFérent, « la douce affection que lui porte la Bonne Vierge ». •
Pas un jour, de 1893 à 1906, où il n'écrivit au moins une lettre de ce genre ; beaucoup furent brûlées, mais il en reste assez pour constituer un énorme volume qui ne «serait pas le moins suggestif de son œuvre, qui l'expliquerait, la suivrait et montrerait un Joris-Karl bien diflFérent de celui de la légende !
La Correspondance de J.-K. Huysmans, avec la date des lettres, quelques aperçus sur les correspondants, quelques notes de biographies en marge, mais voilà le bréviaire obligé de tout fervent du grand naturaliste catholique !
Hélas ! cette correspondance ne sera pas publiée de si tôt !... Longtemps encore, selon toute apparence, il ne sera pas même possible d'en donner le moindre aperçu... Il convient d'observer, sur ce point, la sage réserve que commande la crainte du papier timbré...
Les raisons qui motivent pareille rigueur n'ont pas encore été bien définies jusqu'ici. Il paraît que, dans cette af&ire, les intérêts de la littérature et ceux de la religion sont également engagés de telle sorte qu'il est impossible de les dissocier. On le fit bien voir à André du Fresnois qui dut retirer du commerce en 19 12 les exemplaires de son intéressante brochure:
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Une étape de la conversion de J.-K. Huysmans ^ ; la Revue hebdomadaire, elle aussi, avait été mise en demeure, vers 1908, d'interrompre la publication d'une série d'articles d'Henry Céard et Jean de Caldain sur Huysmans intime.
Résultat : les numéros de la revue font prime chez les libraires et la brochure d'André du Fresnois se vend aussi cher que les œuvres complètes de J.-K. Huysmans.
Ne cherchons pas trop à comprendre. Ainsi, devant les mystères sacrés, Durtal s'inclinait sans finasser, et respectait ce conseil du prêtre soucieux de son salut : « Vous n'avez qu'à prier, lé reste me regarde. »
C'est avec cette volonté de ne pas comprendre que l'on doit lire les catalogues d'autographes aux pages réservées à J.-K. Huysmans. D'ailleurs, si l'auteur de La Cathédrale a écrit beaucoup de lettres, les astucieux marchands ne les font sortir qu'une par une et avec tant d'habileté que, le plus souvent, on ne peut en découvrir ni la provenance, ni le sens ; — citons, comme exemple topique, cette lettre adressée par Huysmans à un ami le 18 octobre 1897 et que la notice du catalogue désigne ainsi : L. a. s. 2 pages 1/2. // (Huysmans) se plaint des mauvais bruits que Von fait courir sur son compte à propos du testament de Concourt.
Jufete de quoi piquer la curiosité de l'amateur . — De quelle nature étaient ces mauvais btuits ? En quoi étaient-ils fondés ? Quels incidents se produisirent un an plus tard ? Vous pouvez chercher ; vous
I. Étude publiée tout d'abord dans la Grande Revue (15 mai 1911).
Ht^rrinvrirez probablement des choses intéressantes, : les publiez pas si vous préférez votre tranlux indiscrétions de la petite histoire littéraire. pourtant un texte qui, par hasard, n'est danpour personne et qui offre cet intérêt de nous — mieux peut-être que le livre De tout — ; opinions de Huysmans sur l'Allemagne et Allemands.
une lenre datée de Hambourg, le 1 6 août 1888, ;sée à M. Moutrosier, directeur du Musée des 'ondes, belle publication d'art qui avait accueilli s pièces du Drageoir à épices et des Croquis
fite d'un temps délicieux de brumes et de pluies, ysmans. Ici le soleil est à peu prés inconnu et je e dans un clément milieu de gens muets et de ciels t chiens mêmes sont silencieux, ne jappent point, sse longuement devant un port immense en fumant nés et en buvant des vins blancs du Rhin.
mans goûte d'autant plus le charme de ce ]u'il doit partir le lendemain. Jusque-là il iécouven que « la flore des terrains vagues » un certain maquereau » qui était venu poser des photographies obscènes et senties.
'.er à des distances pareilles pour trouver des
l'ensemble, il se montre satis&it. Il rapporte œes de notes et travaille tous les jours trois à rassembler les éléments d'un volume de sur Hambourg.
1 loin de noire vie, s'exclame-t-il, si admirablement
organisé partout qu'on songe avec stupeur qu'on a vécu jusqu'ici dans un pays barbare. La vie plantureuse est moitié moins chère qu'à Paris : tout est organisé pour le confortable même des plus pauvres, c'est bien étrange dans un pays où la bourgeoisie est non moins ignoble que la nôtre, où la noblesse est moins abêtie mais plus féroce. Ah! mon ami! Je rabporte la dernière photographie de Mollke, ça dépasse tout la tête de cet homme !
Cette longue lettre contient aussi de savoureuses réflexions sur Lubeck ; là encore, Huysmans est tout heureux de trouver une ville morte, muette, délicieuse pour les flâneries, vive en suggestions. II a dîné dans les andennes caves de l'Hôtel-de-Ville. C'était vide et
On a allumé une lanterne, nous sommes restés là, seuls, dans un silence effrayant, pendant une heure. Un garçon muet et disparu avait mis devant nous un poisson de la Baltique et du vin du Shin. C était d'un effet sinistre et charmant. Du coup, je me suis senti bien loin de Paris, bien loin de mon siècle sous ces voûtes en ogive, énormes, culottées par l'âge comme des pipes ' .
Mais c'est à Hambourg, ville moins allemande qu'hanséatique qu'il revient avec le plus de joie, c'est à Hambourg qu'il consacrera tout un chapitre dans Detout; et lorsqu'en 1901 il publiera 5ai>i(e Lydvnne de Schiedam, il fera tirer la première édition à Hambourg par l'imprimerie J. F. Richter, avec des caractères dessinés par le graveur Georges Schiller,
Cet enthousiasme de J.-K. Huysmans pour certains aspects de l'Allemagne semblerait, à première vue, justiâer les sévérités de M. René Boylesve, lequel