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Maupassant et les médecins

y Charles Ladame a publié en 1919 dans ?ue Romande » une étude de psychohologique sur Guy de Maupassant, dans . se donne pour tâche de « réhabiliter cet . Non que le grand romancier ait été déchu i de quelque condamnation judiciaire; le eut dire seulement que plusieurs critiques

littéraires, et même des aliénistes, ont accepté trop îùsément comme démontrée la répercussion des troubles mentaux dont fut atteint l'auteur de Boule- , de-Suif sui les héros qu'il fait vivre et agir devant nos yeux.

Que des aliénistes aient soutenu cette théorie, il ne Élut point s'en étonner. Nul écrivain plus que Maupassant n'a été, de son vivant comme après sa mort, la victime des médecins. Sans insister sur ceux qui, pour soigner sa migraine, le soumettaient aux douches glacées et au bromure (D' Dejerine) tandis que d'autres lui refusaient impitoyablement ce bromure et ces douches (D' Glatz) et le soignaient « par la persuasion a (D' Grubly), on peut dire, d'accord avec François Tassart, le mystérieux valet de chambre, que Maupassant n'a pas été heureux avec ses médecins.

Une lettre de M. Cougnard au baron Lumbroso donne des détails significatif — mais que je préfère ne pas produire ici — sur les manies de Maupassant alors qu'il se trouvait à Champel, en 1891. Or, au dire du D' Gilbert-Ballet, ces manies constituent un des symptômes les plus probants de la paralysie générale progressive.

Néanmoins, on se contenta de doucher, pendant plusieurs mois, le malheureux qu'on prenait pour un simple neurasthénique jusqu'au jour où il fallut l'enfermer dans la maison de santé du D"" Blanche,

Les médecins ne désarmèrent pas pour cela ; Maupassant fut étudié /wi/ morleiH ; son cas fit l'objet de grosses thèses où apparaissent les mots : « épilepsie larvée, encéphalite interstitielle, psychose systématisée progressive », etc ,, etc.

au malheureux écrivain la « psycho-analyse » qui, ient directement de Vienne, comme on sait tte méthode, il nous l'explique longuement ; rechercher ce qu'il appelle les éléments lats de l'affectivité, de la moralité, de la du caractère de Maupassant à la fumeuse 1 Freudisme dont le point nodal, dit-il, est, t (jkt), la sexualité, la pansexualité, la sexuabide et pathologique, sexualité directe, dissît refoulée et sublimée ou symbolisée, etc.

ceia pour arriver à nous dire, en langage ; : « Le créateur de V Angélus fut terrassé par lose avant que son génie littéraire en fut

du renseignement ! Ainsi, pour lire Maupase comprendre, il faut s'en référer d'abord au ne ? Que peut bien déceler un pareil goût ; termes abstraits, pour cette curiosité pathoixuelle ? Un savant russe mâtiné d'allemand, ;ki, dans son pensum sur a les phénomènes s de l'instinct sexuel « (Berlin r886), n'en ; pas davantage pour vous classer un homme s malades définitifs.

tout cela n'est pas inutile — le dérangement 1 et de sa méthode — puisqu'il nous permet r à ce jeu : un médecin de bonne foi, dans :i de réhabiliter Maupassant, est amené à 1er nombre de ces confrères ?

oi il ne doit pas se tromper, car de mémoire de, les médecins ne sont point faits pour mais pour condamner soit leurs collègues, :s clients. [Henry-Gauthier-Viltars (Willy), ")%i«, décembre 1919].

Page 66. — La vraie Boule-de-SmJ.

Boule-de-Suif était le surnom que des adorateurs déçus avaient donné à une femme de mœurs galantes, Adrienne Legay.

Née vers 1848, à Életot, une commune de 850 habitants du canton de Valmont, à 8 kilomètres de Fécamp, elle était venue à Rouen tenter la fortune. A vingt ans, on la voit maîtresse d'un officier de cavalerie qu'elle quitte bientôt pour un négociant...

Lorsque fut déclarée la guerre franco-allemande, le négociant appelé parmi les mobilisés dut se rendre au Havre. Adrienne resta à Rouen. Cependant on ne s'était pas dit adieu et, puisqu'il était interdit au soldat de revenir au chef-lieu, Adrienne allait le voir fréquemment. Cela lui fournissait même l'occasion de servir les camarades du mobilisé, en se chargeant de rapporter de vive voix à leurs femilles les nouvelles qu'ils lui conh aient.

C'est au cours de l'un de ces voyages que se placerait l'épisode inséré dans Les Soirées de Médati... Devons-nous l'accepter sans restriction ? L'héroine, Adri«ine Legay, ne cessa de protester contre le dénouement : o C'est faux, disait-elle, c'est une vengeance de M. Guy, parce que j'ai refusé de l'écouter. Il ne me plaisait pas, et puis... est-ce que je savais qu'il deviendrait un homme célèbre ? » Où est la vérité ? (Edouard Perrée, Le Temps, 6 octobre 1902).

'. — Maupassant et Huysmans.

nnu de Maupassant par Alexis qui l'amena, un dloer où figuraient également Hennique et lUis nous nous revîmes chez Flaubert et chez liaient beaucoup ce jeune homme si franc d'aln garçon et si gai. Puis vinrent Les Soirées de 1 donna la perle du volume, son petit chefoule-de-Suif; nos relations se serrèrent. Nous usions tous, Alexis, Céard, Hennique, Maupas- ]ne fois par semaine dans une affreuse gargote rtre',oùron dépeçait des cames eKOrbitamet où on buvait un reginglat terrible... Maut l'âme de ces fêtes. Il y apportait ta bonne ses histoires cocasses, la bonne flanquette (sic) ; et, ce qui valait mieux, sous une apparence outisme, une très cordiale et très sûre affection, smans, Revue encyclopédique, i" août 1893).

. — Paralysie générak progressive...

y Céard nous a raconté que, dînant avec Mauseptembre i888,àBougival, il avait été témoin d'épilepsie qui abattit son ami et le laissa une

nuit sans connaissance, sur le plancher, ayant putrouverde médecin, n'eut d'autre res-

de faire respirer de l'éther au malade.

le forme d'épilepsie sans mousse aux lèvres,

un marchand de vins, à l'angle de la rue Coustou Puget.

et procédant par longs soubresauts suivis d'une sorte d'évanouissement prolongé.

Au matin, Maupassant n'avait gardé aucun souvenir de ce qui s'était passé.

Page 68. — La première pièce de Maupassant.

La première pièce de Maupassant était une comédie (ia maison turque à lafeuilkde rose) beaucoup moins psychologique que physiologique; elle fut jouée, en petit comité, dans un atelier parisien, chez le peintre Lenoir. Le sujet de la pièce ? L'histoire d'une mariée qu'au sortir de la mdrie on conduit au temple dont les héros de L'Éducation Sentimentale gardaient si bon souvenir- Les scènes qui se déroulaient en ce heu laissaient bien loin derrière elles les plus risquées d'Aristophane et les tréteaux de Tabarin n'entendirent jamais plus libres propos. C'était quelque chose comme le Kama-Soûtra porté à la scène.

Flaubert assistait â la représentation. Chaque fois que le ton des plaisanteries montait d'un degré, chaque fois qu'il dégustait quelque nouveau piment servi par son disciple, l'auteur de Salamhô se pâmait :

a Ah ! c'est rafraîchissant ! », s'écriait-il. (L'Aurore, 24 octobre 1897).

Page 70. — Maupassant et t Académie.

N'est-ce point Alexandre Dumas fils qui se £t, à l'Académie, le champion le plus chaleureux de ce pauvre Maupassant ? Il ne dépendit pas de lui que le romancier du Horla ne fit partie des Quarante : il eût suffit qu'il s'y prêtât de bonne grâce ; mais on se rappelle que Maupassant, qui avait déjà refusé la croix de chevalier de la Légion

GUY DE MAUPASSANT. NOTES )ria ses amis de ne point penser à lui pour

lorsque la Comédie française eut l'heureuse isenter les deux actes laissés inachevés par ce fut Alexandre Dumas qui se chargea de re incomplète, qui la remania de fond en li surveilla jusqu'au bout la mise en scÈne et is de La Paix du Ménage. (Revue Encyclopé- , tome V, novembre 1895).

— La fin du yacht Bel- Ami.

s après la mort de Guy de Maupassant, ublia dans son numéro du 14 juillet 1893 iuivant :

La fin du yacht Bel-Ami.

■ 1 juillet >39j.

Monsieur le Rédacteur en chef, ris trop tardivement la mort de mon ancien laitre, M. Guy de Maupassant, nous n'avons d et moi, ses matelots, vous faire parvenir à :ouronne, très humble souvenir de notre attale notre reconnaissance envers lui.

ons donc la liberté de venir vous prier, Monicteur en chef, en faisant transporter cette r sa tombe, d'exprimer à sa famille les plus timents de condoléances de ses fidèles et elots.

Bertrand et Raymond.

vifs et sincères remerciements, daignez agréer.

Monsieur le Rédacteur en chef, l'assurance de ma profonde considération,

Bernard,

Ex-patron du Bel-Ami ; patron

du Lynx, à Antibes.

Page 73. — Lettre inédite (non datée) de Maupas-

sant à la princesse Matbilde.

Madame,

Merci pour la lettre si gracieuse que je viens de recevoir de Votre Akesse Impériale que j'irai remercier de vive voix dans quelques jours, car je compte rentrer à Paris mercredi ou jeudi de la semaine qui commence.

Je serais demeuré peut-être assez longtemps dans le Midi tant le soleil et la lumière sont nécessaires ii tout mon être, à mon esprit autant qu'à mon corps ; mais, depuis un mois, le vent qui nous vient des Alpes nous apporte des courants d'air des glaciers et des neiges tellement froids et subits que i'influenza reprend tout le monde ici ; et il faut fuir. Et puis après une absence un peu longue je sens des gens et des choses aussi (sic) ; des souvenirs, des habitudes de causerie, de visages, d'amitié semblent des vois qui m'appellent à Paris. Si mes pensées et beaucoup de mon cœur ne s'y trouvaient fixés, je n'y reviendrais peut-être jamais, tant je sens de plus en plus que je suis un paysan et un vagabond fait pour les côtes et pour les bois, et non pour les mes.

Mais quand je suis loin je songe à ceux qui ont bien voulu me donner un peu de sympathie et qui ont pris la mienne. Je les regrette. J'ai envie de les revoir, et quand je reçois une lettre comme celle de Votre Altesse Impériale c'est un vrai remords qui s'éveille en moi.

If DE MAUPASSANT. NOTES

pieds, Madame, avec tous mes r

;e de mon 1res respectueux et très pro-

GOY DE MaUPASSANT.

'iertt à M. Raymond Hast qui l'a adxtie vrrs tit du quai Conti. Elle Hait dfcMr/e in quatre

Actes de naissance et de décès de Guy COMMUNE

DE

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