‹ Le groupe de Médan:Chapitre 41 sur 57 · Zola et Huysmans · texte numérisé non relu

Zola et Huysmans

la préfece qu'il écrivit pour une réédition ours, en 1903, J.-K, Huysmans a raconté la ation qu'il avait eue avec Zola au lendemain iblication de ce livre (1884).

î rappelle que j'allai passer, après l'apparition 'Ours, quelques jours à Médan. Un après-midi que as promenions tous les deux dans la campagne, il brusquement et, i'œil devenu «oir, il me reprocha disant que je portais un coup terrible au naturaue je faisais dévier l'école, que je brûlais mes vais- 'ec un pareil roman, car aucun genre de littéraait possible dans ce genre épuisé en seul tome et, nent — car il était très brave homme — il m'inntrer dans la route frayée et à m'atteier à un roman

44, — Zola et Claude Bernard.

une lettre à M. Maurice- Verne- (Information, et 1918) M, Henry Céard expliquait que ce qui signala à Zola l'IntroducHon à l'étude de la ', expérimentale, de Claude Bernard, î les principaux passages de cette lettre.

d j'ai prêté à Emile Zola, Vlnlroàudion à la méde- 'rimentale de Claude Bernard, j'espérais lut montrer

Émile'zola. notes 239

de quelle façon procédaient Us savants et, par là, h mettre en garde contre l'inconvénient, sinon l'erreur, que commettrait un romancier si, en littérature, il prétendait employer le mime système.

En eiFet, le chimiste dans son laboratoire travaille sur des éléments connus, dosés dans une température égale. Au gré de son imagination, il les met en présence, les modifie par t'échange de leurs qualités et note de quelle manière, par perte ou adjonction, dans des conditions dont il reste maître, un corps nouveau sort ou ne sort pas du creuset, car toutes les expériences ne se terminent pas par un succès.

Or, le romancier ne se trouve pas dans la position du chimiste opérant sur des substances inanimées. Il ne peut rien provoquer en fait d'expérience. Ce qu'il observe, ce n'est plus le contrôle de la logique de ses hypothèses, mais les effets des causes intellectuelles et vivantes dont il lui faut rechercher, physiologiquement et pathologiquement, le» origines.

Le chimiste transforme, le romancier reconstitue ; et vous voyez la différence capitale entre les deux opérations. Un mot entendu, une situation constatée, révèlent un caractère. Le souci est alors de rechercher quel est ce caractère, comment il a été conduit à dire ce mot, à provoquer cette situation. .

Dans ce cas, il est de l'écrivain comme du médecin, lequel n'invente pas la maladie, mais par l'étude des phénomènes qu'elle présente retrouve le point de départ de la lésion et fixe les stades chimiques de sa proposition. Le roman m'apparaît ainsi comme une sorte de radiographie des âmes nécessitant moins d'imagination que de science des rapports. L'art, ensuite, consiste i. mettre en action dans les phrases les intérieurs, les paysages, tous les mouvements décomposés des passions et de leurs secrets symptômes. Vaille que vaille, voilà l'idée que j'ai tou-

EMILE ZOLA. NOTES îçue du naturalisme. Quoique admirant fort les

éiecrives » de Goethe où les personnes sOnt si lent traitées ainsi que des quantités chimiques, je is dupe des qualités mêmes de ce roman. Il est ent que les rigueurs de la méthode et de la ation y sont arbitraires, toutes d'apparence et i ce livre, les individus s'aiment ou se haïssent, ochent ou s'éloignent, non pas parce qu'ils

à des formules et à des lois strictein,;nt scieniiais parce que l'écrivain a voulu qu'il en soit

{RY CËARD.

^7. — Les enfanls d'Emile Zola.

jour le grand producteur, le créateur qu'était ffrit de n'avoir point créé de l'humanité hors de ses livres. Et, sans que fussent en niés ses sentiments de profonde tendresse et tel (jic) attachement à son foyer, îl éprou\'a . du gynécée, de la nursery, ou s'affirmerait lément de ses facultés créatrices. D'où la use liaison, longtemps ignorée de tous, et que îreyfus révéla. » {Le Matin, 6 décembre 1906). re des enlants. M"' Jeanne Rozerat,est morte, i 1914. Les obsèques ont eu lieu à Rouvresilly (Côte d'Or).

Page 58, — M. Georges Dubosc parlant des ancêtres de Maupassant

Parmi les illustrations des intéressantes études documentaires sur Corneille, Flaubert et Maupassant, qu'a publiées, en 1917, M. Georges Dubosc, il est une planche hors texte particulièrement précieuse. C'est la reproduction d'une photographie représentant une réunion de ia famille Maupassant i La Neuville- Champ-d'Oisel, en 1867, le jour du mariage de Louis Le Poittevin, « peintre paysagiste », avec M"" Lucie Emoult.

Louis Le Poittevin, fils d'Alfi-ed Le Poittevin — l'ami de Flaubert, qui lui a dédié la Tentation de saint Antoine — était né à La Neuville-Champ-d'Oisel, « séjour campagnard d'artistes et de lettrés »; il est photographié devant sa maison natale, près de sa femme et au milieu du groupe de ses invités.

Dans ce groupe, au second plan, à gauche, on aperçoit Guy de Maupassant. Petit et d'aspect massif, Maupassant, interne à l'institution ecclésiastique d'Yvetot, est alors âgé de dix-sept ans. Il s'appuie du bras gauche sur le dossier de -la chaise de M"" Adèle Cordhomme, sœur de M. Charles Cordhomme, second mari de M"° Louise de Maupassant. Son

DeFPOUX et ZilVIE. 16

pantalon fait des plis; sa jaquette paraît trop étroite; son feux-col, aux coins largement cassés, est sans élégance ; une grosse masse de cheveux bruns lui barre le front.

Puis voici, de gauche à droite :

M. Robert Pinchon, ami de Louis Le Poittevin et qui est aujourd'hui bibliothécaire de la ville de Rouen. M. Robert Pinchon apparaît sous le nom de la Toque dans Mouche, la nouvelle de Maupassani ;

M. Jules de Maupassant, grand-père de Guy; des fiivoris et un chapeau haut de forme quelque peu hérissé ;

M"" Louise Le Poittevin, née Lucie Ernoult, la mariée ; sa large robe blanche à paniers tient tout le milieu de la photographie ;

M. Louis Le Poittevin, le marié; barbu, blond et rieur ;

M. Charles Cordhomme, beau-père de Louis Le Poittevin et qui servit de type pour le personnage de Cornudet dans Boute-de-Suif ;

M. A. Hain, cousin de M"" Louise Le Poittevin ; le petit collégien indispensable à ce genre de photographie ; s'est sagement assis parterre, les bras croisés ; Gustave de Maupassant, née Laure de Maupassant, mère de Guy ; figure énigmatique coiffée en bandeaux ; se tient un peu à l'écart, rêveuse, les yeux au loin...

L'ensemble de ces personnages dégage le charme un peu guindé particulier à toutes les « représentations » de femille ; nous sommes devant une noce qui ressemble à toutes les autres noces, mais celle-ci retient l'attention en raison de la qualité des personnages qui y figurent.

Fermons le livre de l'érudit normand et ouvrons le catalogue des livres et autographes provenant de la bibliothèque de M. Jules Le Petit, le célèbre bibliophile, auteur d'un livre sur Les Editions originales.

Aux cotes 2142 et 2143 de ces sensationnelles vacations qui, commencées en février, se prolongèrent jusqu'en avril 1918, nous lisons:

2142. A mon ami Louis Le Poitevin sut son mnriage, poésie autographe, signée de Guy de Maupassant, 4 pages in-8.

2143. Correspondance de Guy de Maupassant avec M. et M'°' Louis Le Poitevin, réunion de trente-trois lettres et billets autographes signés de Guy de Maupassant.

Correspondance amicale renfermant de nombreux renseignements intéressants sur Guy de Maupassant, sur son frère, la succession de son père et de sa mère, ses divers déplacements à Elretat, dans le midi de la France et en Italie.

On y a joint une intéressante lettre de Louis Le Poitevin li Maupassant.

G)mbien mélancoliques ces ventes d'autographes

lorsqu'il s'agit d'un écrivain qui, comme Maupassant, refusait de se prêter à aucune révélation sur sa vie ou sur sa personne. Passe encore pour L'épithalame... Mais les trente-trois lettres et leurs « renseignements intéressants »...

On sait que l'auteur de Notre cœur alla jusqu'à refuser de fournir de simples renseignements biographiques au rédacteur d'un annuaire : « Je ne veux pas que le public entre dans ma vie », écrivaît-ÎI (1888). Et, plus tard, à la suite d'un différend avec l'éditeur Charpentier, il précisait : « Mes livres seuls appartiennent au public et au journalisme; ma demeure, mes habitudes et ma figure sont à moi et je tiens tout à &it à n'en rien laisser dire » (189c). Enfin, un

imes, M. Albert Cahen, a, dans une lettre,

de la réprobation qu'avait toujours manîiipassant « contre les publications posthumes il et, en particulier, contre la publication spondances privées 8.

1 qu'il ne s'agissait pas de publier les lettres t enchères publiques, le vendredi i*^ mars

l'hôtel Drouot. Certes ! il ne s'agissait s publier sur l'heure ! mais nous savons que e vente qui la touchait de plus près le celle-ci, la famille de Maupassant décida n racheter.

ivait qu'elle observât de nouveau cette atti-

faudrait point s'étonner que des divulgations, : à la littérature ne vinssent — à propos

personnages du groupe de La Neuvîlle- 'Oisel — justifier, un jour ou l'autre, les lions de Maupassant devant les curiosités :age ou de la critiquese rappelle les incidents de la vente Robert plus près de nous, de la vente Chéramy...

fFouii, Le Carnet critique, mai 1918),

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